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Des chauffeurs d’autobus de la STM lui refuseraient les rampes d’accès

Aimée Louw
Photo le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain Aimée Louw attend l’autobus devant chez elle, sur la rue Sherbrooke. Elle aimerait que les chauffeurs de la STM reçoivent une formation appropriée, «car même quand les rampes fonctionnent, ils hésitent, ils ne connaissent pas nos besoins.»

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Une femme handicapée se sent «humiliée» par des chauffeurs de la STM qui refuseraient de déployer la rampe d’accès de leur véhicule, ce qui l’empêche de monter avec sa marchette.

Une femme handicapée se sent «humiliée» par des chauffeurs de la STM qui refuseraient de déployer la rampe d’accès de leur véhicule, ce qui l’empêche de monter avec sa marchette.

«C’est de la discrimination. Je paie mon abonnement au même prix que tout le monde. Mais quand je vais au travail ou chez des amis, je suis stressée, car je ne sais pas si je vais pouvoir monter dans l’autobus», se plaint Aimée Louw.

La dernière mésaventure de la Montréalaise de 27 ans remonte au 25 février. Sur la ligne 24 Est, à l’arrêt Sherbrooke/Décarie, la chauffeuse de la Société de transport de Montréal (STM) aurait refusé de déplier la rampe d’accès. Elle n’aurait même pas voulu vérifier si le dispositif fonctionnait, selon la jeune femme.

Mais Mme Louw, qui n’a pas souhaité préciser la nature de son handicap, se déplace avec une marchette. Elle ne peut pas embarquer sans une rampe.

«La chauffeuse a refusé de la déplier parce que je n’étais pas en fauteuil roulant», se désole la jeune femme.

Douleurs

Pourtant, un chauffeur peut déployer une rampe d’accès «si le client le demande, qu’il soit en fauteuil roulant ou non, et si la rampe peut être déployée de façon sécuritaire», selon la porte-parole de la STM Amélie Régis.

Un passager de l’autobus l’aurait finalement aidée à monter. Quand Mme Louw a voulu descendre, la chauffeuse aurait également refusé de déployer la rampe, avant d’appeler un chef opérateur de la STM.

Ce dernier aurait essayé de déployer la rampe d’accès... et constaté qu’elle ne fonctionnait même pas, une information confirmée par la STM au Journal.

«Il m’a dit “tu vois, c’est brisé”», au lieu de s’excuser, s’indigne Mme Louw, qui s’est sentie «humiliée».

Elle s’est plainte auprès de la STM, qui dit étudier la situation. Mme Louw finalise aussi une plainte auprès de la Commission des droits de la personne.

Pas surprise

Il y a un vrai problème d’accès aux autobus de la STM, insiste le Regroupement d’activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ).

«Les rampes en panne, c’est très fréquent, surtout l’hiver. On reçoit beaucoup de plaintes», souligne la présidente Linda Gauthier.

Selon un test mené par le RAPLIQ en 2011, les rampes avant et arrière ne fonctionnent que sur un bus sur trois. La STM affirme pourtant faire «des entretiens préventifs de façon constante».

Quant au refus de certains chauffeurs de déplier la rampe d’accès de l’autobus, Mme Gauthier n’est même pas surprise.

«Il y a des gens qui détestent les personnes handicapées», s’énerve-t-elle.

 

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