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Tyler Johnson: un autre qui était trop petit

L’Américain de 24 ans mène le Lightning avec 65 points cette saison

Tampa Bay Lightning v Boston Bruins
Photo d'archives

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Il n’a jamais eu le bonheur d’entendre son nom au repêchage de la LNH et il était un très lointain choix de 11e tour dans la Ligue junior de l’Ouest. Tyler Johnson incarne encore une fois le classique récit du joueur qu’on décrivait comme trop petit et trop frêle pour atteindre la grande ligue.

Aujourd’hui, l’Américain de 5 pi 9 po et 182 lb occupe une place parmi le top 10 des meilleurs pointeurs de la LNH. Johnson devance de grands noms comme Ryan Getzlaf, Claude Giroux et son coéquipier à Tampa Bay, Steven Stamkos.

Assis à son casier dans le vestiaire après un revers de 2 à 1 contre les Jets de Winnipeg, Johnson a reculé dans le temps pour expliquer son cheminement.

« Le plus grand facteur est ma grandeur, c’est pour cette raison que je n’ai jamais été repêché dans la LNH, a-t-il affirmé en entrevue au Journal de Montréal. Plusieurs entraîneurs et directeurs généraux n’ont pas osé courir un risque avec moi. »

« Je peux aussi te donner comme exemple le repêchage de 2005 dans la WHL, a-t-il poursuivi. J’ai été réclamé, mais au 11e tour (201e choix au total). Quand les Chiefs de Spokane m’ont choisi, plusieurs équipes passaient déjà leur tour. J’étais uniquement un choix symbolique puisque je suis originaire de Spokane.»

Quelques mois après son repêchage, Johnson a subi une fracture à la clavicule. Les Chiefs l’avaient retiré de la liste maximum des 50 joueurs. Ce n’était pas assez pour le forcer à abandonner.

« J’ai fait l’équipe l’année suivante en recevant une invitation pour le camp, a-t-il rappelé. À ma première saison à Spokane en 2007-2008, nous avons gagné la Coupe Memorial. À mon année de repêchage, j’ai connu une saison correcte, mais ce n’était pas spectaculaire. Quand tu es petit, tu dois connaître une formidable saison pour te faire repêcher.»

Une course pour ses services

La saison formidable, Johnson l’a connue à l’âge de 20 ans avec les Chiefs de Spokane en 2010-2011. Il a terminé au deuxième rang des meilleurs marqueurs de la WHL avec 115 points (53 buts, 62 passes). Il se retrouvait devant les Ryan Nugent-Hopkins (106), Ryan Johansen (92) et Brendan Gallagher (91).

À ce moment, Johnson a réussi à sortir de l’ombre pour attirer les regards de plusieurs équipes de la LNH. Il a signé son premier contrat professionnel au mois de mars 2011 avec le Lightning.

« Il y avait six équipes qui m’offraient exactement le même contrat et quatre autres formations m’avaient fait une proposition un peu moins intéressante, a-t-il expliqué. À la fin, je jonglais entre les Blackhawks et le Lightning. J’avais regardé la profondeur des deux formations et j’estimais que j’avais plus de chances de réussir à Tampa. Je faisais aussi confiance à Steve Yzerman.»

« Heureusement, il y a des gens qui ont fini par croire en moi et en mon potentiel, a-t-il enchaîné. J’ai eu besoin de beaucoup de patience et de détermination. En théorie, je n’avais pas le physique pour jouer dans la LNH. »

Le Canadien ne faisait pas partie des dix équipes qui le courtisaient.

Une saison remarquable

Après deux saisons à Norfolk et Syracuse dans la Ligue américaine, Johnson s’est établi pour de bon à Tampa l’an dernier. Il a rapidement fait sa place avec 50 points (24 buts, 26 passes) en 82 matchs. À sa deuxième saison complète avec le Lightning, il produit à un rythme encore plus impressionnant.

Il est au sommet des marqueurs du Lightning avec 65 points (25 buts, 40 passes) en 68 matchs. Depuis le début de la saison, il forme l’un des meilleurs trios du circuit avec Nikita Kucherov et Ondrej Palat. S’il reste les deux pieds sur terre, il réalise parfois difficilement tout le chemin qu’il a parcouru.

« Je voulais seulement jouer un match dans la LNH, c’était ça, mon plus grand rêve. Je ne pensais pas aux points. Si on m’avait dit, il y a trois ans que j’étais pour avoir pratiquement un point par match dans la LNH après une soixantaine de matchs, j’aurais répliqué à cette personne qu’elle souffrait d’un peu de folie ! »

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L’influence de Cooper

À sa première saison avec les Admirals de Norfolk dans la Ligue américaine en 2011-2012, Tyler Johnson a fait la connaissance du parfait professeur en Jon Cooper. En plus de graver son nom sur la Coupe Calder, il a appris les rudiments du jeu défensif.

« Jon a eu une immense influence sur mon développement, a immédiatement répondu Johnson. À mon arrivée dans la Ligue américaine, j’avais une mentalité strictement offensive. Je regardais surtout le nombre de buts que je pouvais produire et je ne me souciais pas du nombre de fois où je me retrouvais sur la glace pour un but de l’équipe adverse. »

« Après cinq ou six matchs à Norfolk, j’avais déjà de bonnes statistiques, mais pas pour les plus et moins, a-t-il poursuivi. Je ne jouais pas de la bonne façon et Cooper m’a fait venir dans son bureau pour corriger plusieurs de mes lacunes. Je partais d’assez loin. Si je n’avais pas changé mon attitude, je n’aurais possiblement jamais atteint la LNH. Je devais apprendre à bien jouer dans les deux territoires. »

Johnson et Cooper ont fait le saut à Tampa pratiquement en même temps. Cooper a remplacé Guy Boucher derrière le banc de l’équipe le 24 mars 2013. Dix jours plus tôt, Johnson avait été rappelé du Crunch de Syracuse.

« Tyler a compris assez rapidement que la glace a 200 pieds, s’est rappelé Cooper. Si ma mémoire est bonne, Tyler avait une fiche de -9 au mois de février. Pour notre période de 28 victoires d’affilée, il avait un dossier de près de +40 (+28 en réalité) ! »

À sa deuxième saison complète à Tampa, Johnson n’est pas juste une menace sur le plan offensif avec ses 65 points. Il est aussi au troisième rang de la LNH avec un différentiel de +32.

Un bon ami de Tokarski

Parmi les joueurs du Canadien, Johnson connaît très bien Dustin Tokarski. Ils ont remporté la Coupe Memorial en 2008 avec les Chiefs de Spokane et la Coupe Calder trois ans plus tard à Norfolk.

« Je ne peux pas dire qu’on se texte très souvent, mais nous garderons toujours un lien très spécial. Nous avons gagné deux championnats ensemble. Je n’oublierai jamais ces deux conquêtes. Tu gardes toujours un lien particulier avec un ancien coéquipier, mais quand tu as remporté un championnat avec un joueur, ce lien devient encore plus fort. »