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IBM et les relations publiques

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Les contribuables québécois ont bien beau avoir versé des centaines millions de dollars à la firme informatique IBM depuis quelques années, quand un des leurs est accusé de fraude par l’UPAC, la multinationale n’a rien dire.

Désolé de les déranger... Un peu dommage comme réaction pour une entreprise qui vient encore d’être classée parmi les meilleurs citoyens corporatifs au pays.

La semaine dernière, l’UPAC a arrêté un employé actuel et deux ex-employés d’IBM. Ils auraient participé à un stratagème de fraude dans l’octroi d’un contrat informatique de 24 M$ à Revenu Québec.

Ce n’était pas n’importe qui. Un a été architecte principal, un autre a été l’un des directeurs des ventes au Canada et le dernier spécialiste en vente.

L’UPAC a confirmé que la fraude aurait impliqué uniquement des individus et non les firmes qui n’ont donc rien à se reprocher. Ainsi, raison de plus pour s’attendre à une réaction des firmes. Ce n’est pas rien. Des gens qui ont travaillé pour leur firme sont soupçonnés d’être des criminels.

On comprend qu’ils ne vont pas en dire beaucoup, car le dossier est entre les mains de la justice. Mais, on s’attend tout de même à savoir ce qui se passera avec les employés, quelles mesures ont été prises ou seront prises... quelques lignes faciles et rapides.  

Tout le monde répond sauf IBM

La firme EBR avait un employé arrêté. Elle a répondu.

La firme Loran Technologies avait un employé arrêté. Elle a répondu.

La firme américaine Workiva, qui avait un employé arrêté, nous a répondu de son bureau d’Iowa.  

Mais IBM n’a pas retourné notre appel. Nous avions téléphoné à la directrice des communications le jour de la frappe de l’UPAC.

Elle était peut-être inondée d’appels. Si c’est le cas, retourner un message quand un de leurs employés hauts placés est accusé de fraude, pourquoi ça ne serait pas une priorité ?

Mais l’anecdote ne s’arrête pas là.

Lundi, j’ai écrit que Daniel Létourneau, un employé d’IBM, avait été formellement arrêté. Il ne l’a pas été la semaine dernière, car il n’était pas au Canada quand les mandats d’arrestations ont été lancés.

Le titre de M. Létourneau est en anglais: «Quebec software sales executive. Auparavant, il a été «National sales executive».

La traduction, c’est directeur des ventes de logiciels au Québec et directeur des ventes au Canada. Bref, des postes de cadres supérieurs. Pas des pions.

En anglais, pas de coordonnées

Et voilà, IBM veut soudainement communiquer avec nous. J’ai rapidement reçu un courriel de Leslie Plant du service des communications d’IBM. Dans un courriel en anglais, elle m’explique que mon texte contient des inexactitudes.

Elle nous fait savoir que notre traduction est mauvaise et qu’en fait, Daniel Létourneau n’est pas un «director of sales» mais que ça veut plutôt dire qu’il a le rôle de vendre des logiciels au Québec. Et il n’était pas «director of nationales sales» mais que ça veut dire qu’il avait un rôle national de ventes.

Donc IBM n’était pas intéressée à me donner leur réaction sur la frappe de l’UPAC, mais l’entreprise jugeait très important de me contacter rapidement sur ce point... Ah bon.

Premièrement, le terme «sales executive», en français, ça veut dire directeur des ventes et non rôle de vendeur. Deuxièmement, c’est un peu ironique de nous écrire en anglais...pour mentionner que nous avons mal traduit l’anglais. IBM est assez majeur au Québec pour qu’un porte-parole puisse nous écrire en français.

Ce n’est pas très grave, mais si les grandes firmes informatiques sont assez importantes pour qu’on leur remette notre argent et le développement de nos systèmes informatiques, elles peuvent bien nous répondre quand une situation comme celle-là se produit.


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