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Gros contrat pour la firme de son frère

Le Fédéral forcé de s’expliquer quant à l’octroi d’un mandat de 8,5 M$ pour le pont Jacques-Cartier

Pont Jacques Cartier
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier Des barrières automatisées ont récemment été mises en place pour mieux gérer et sécuriser la circulation sur la voie centrale du pont Jacques Cartier. Depuis le 5 mars, un nouveau consortium de firmes de génie est en charge de surveiller les travaux qui seront effectués sur la structure au cours des trois prochaines années.

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La société fédérale qui gère le pont Jacques-Cartier vient d’octroyer un contrat de plus de 8 M$ à une firme dont l’un des dirigeants n’est autre que le frère d’une haut placée au sein de cet organisme public.

Le contrat en question – qui vise la surveillance des travaux sur le pont Jacques-Cartier au cours des trois prochaines années – a été octroyé au consortium WSP/Stantec/CIMA+, même si la soumission de ce dernier était près de 700 000 $ plus élevée que celle de son concurrent (Groupe SM/exp), d’après les informations fournies par la Société les Ponts Jacques Cartier et Champlain incorporée (PJCCI).

Les firmes Groupe SM et exp qui effectuaient ce mandat depuis trois ans n’ont pas été retenues pour le poursuivre.

Et du côté du consortium gagnant, le vice-président Québec de WSP (anciennement Génivar), Marc Tremblay, en poste depuis novembre 2013, n’est autre que le frère de Catherine Tremblay, directrice construction et opérations aux PJCCI, depuis septembre 2012.

Qualité plutôt que prix

<b>Catherine Tremblay</b><br />
Soeur
Photo courtoisie
Catherine Tremblay
Soeur

Si la situation fait sourciller plusieurs personnes proches du dossier à qui Le Journal a parlé et qui ont requis l’anonymat, elle ne présente aucun conflit d’intérêts pour PJCCI.

Le critère principal pour déterminer le gagnant était la qualité de la soumission, plutôt que son prix: la première comptait pour 90 % de la note globale tandis que le second pour seulement 10 %, a tout d’abord tenu à clarifier la porte-parole de la société d’État, Anne-Marie Braconnier.

«Ce sont des ponts qu’on gère. On ne veut pas couper dans la qualité, et s’assurer que le travail soit bien fait», a-t-elle rappelé.

De plus, Catherine Tremblay a déclaré son lien de filiation comme le veut le règlement, a confirmé la porte-parole.

«Mme Tremblay n’a rien a voir de près ou de loin avec le comité d’évaluation (en charge de noter les consortiums)», a-t-elle également ajouté, précisant qu’une personne de l’externe s’assure toujours que le processus soit conforme et équitable.

Revoir les critères

<b>Marc Tremblay</b><br /> 
Frère
Photo courtoisie
Marc Tremblay
Frère

Enfin, si la société d’État a lancé un nouvel appel d’offres, ce n’est pas parce qu’elle avait relevé des problèmes dans le travail précédemment accompli par Groupe SM/exp.

«Ce genre de contrat n’est pas renouvelé automatiquement. On peut vouloir revoir nos critères techniques et revenir sur le marché pour faire jouer la compétition», a terminé Anne-Marie Braconnier.

Loin du processus

Du côté de WSP, la responsable des communications, Isabelle Adjahi, a indiqué être tout à fait au courant du lien de filiation entre M. et Mme Tremblay, mais que ce dernier n’avait pas du tout été impliqué dans le processus de soumission.

«Il est très loin du rôle opérationnel. C’est un gestionnaire (...). Il supervise quelqu’un qui supervise une équipe qui travaille sur ce contrat», a-t-elle résumé.

 


Résultats des soumissions

Consortium gagnant : WSP, Stantec, CIMA+
Prix : 8,54 M$
Pointage final : 77.25 %
 
Consortium perdant : SMi, exp
Prix : 7,87 M$
Pointage final : 75.43 %
 
► Une évaluation qualitative a compté pour 90 % de la note finale des participants.

 

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