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Du panache, mais rien de remarquable

Du panache, mais rien de remarquable
Photo Reuters

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On lui donne le crédit d’imposer sa vision. N’empêche que Rebel Heart mange à tous les râteliers et couche à toutes les enseignes.

Une foule de réalisateurs, dont Diplo, Kanye West, Avicii et Ryan Tedder, et des collaborateurs, dont Nicki Minaj, Chance The Rapper et Nas, contribuent à une promiscuité dérangeante.

Mais, finalement, une cohésion toute à son honneur: EDM hardcore (Bitch, I’m Madonna, avec une Nicki Minaj déchaînée), folktronica (Devil Pray), Hold Tight, du pur Avicii avec de l’autotune totalement énervant, puis une pop typique de sa période Like a Prayer ou Ray of Light (Joan of Arc, Hearbreak City) et, pour clore le tout, un simili rock d’aréna (Rebel Heart).

On ne peut nier que c’est accrocheur, qu’elle a toujours la vibe (Living for Love, avec le même message qu’une France Castel sur la vie!), que le propos touche des millions de fans qui l’ont suivie depuis des décennies, qu’il y a de l’humour sans complaisance ni apitoiement sur les vicissitudes de sa propre condition.

Ceci dit, elle prêche un peu, avec ce faux reel (Devil Pray) antidrogue joliment tourné. À 56 ans, elle brave le déclin; ainsi soit-il! Elle doute, mais cela ne l’empêche pas de faire face.

Ce qui est surprenant, c’est la détermination de ne pas céder sa place à de plus jeunes (Unapologetic Bitch, servie reggae). Y compris pour la provocation (Holy Water), dont elle se dit dénuée de toute intention. On ne la croira pas.

L’ambition, blonde ou non, l’habite toujours, démesurément (Illuminati).

Dix-neuf chansons, plus de 75 minutes, pratiquement un CD double. C’est long, surtout passé la première écoute intégrale. Honnête, du panache, mais rien de remarquable. Ce sera selon.

Madonna ★★★

Du panache, mais rien de remarquable
Photo courtoisie

Rebel Heart, Universal

 

Mark Knopfler ★★★★½

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Tracker, Universal

Le titre illustre bien l’émotion qui transpire de tout l’album. Une douce mélancolie, baignant dans des atmosphères celtiques (Laughs and Jokes and Drinks and Smokes, Mighty Man), folkie (My Heart Is Never Changed) ou carrément roots-rock (River Towns à la van Morrison, solo de ténor compris). Il a fait une tournée avec Dylan récemment, et l’influence est notable dans au moins trois chansons, dont la magnifique The Lights of Taormina, dont la tournure des refrains évoque Desolation Row. On sent aussi l’influence de Ry Cooder et, côté irlandais, de Christy Moore, voire des Beatles (Skydiver). Les fans de ces derniers et les autres de longue date, vendus à sa sensibilité musicale et à sa technique impeccable, vont adopter sans hésitation. Son meilleur album solo en carrière.

 


Sheppard ★★★½

Du panache, mais rien de remarquable
Photo courtoisie

Bombs Away, Empire of Song

Une curiosité, au sommet du palmarès en Australie. Un nouveau venu, un jeune groupe de Brisbane qui fait dans l’indie pop. Refrains accrocheurs, mélodies toutes simples et ensoleillées (Smile), deux solistes, un frère et une sœur qui se passent la rondelle, des arrangements qui savent mélanger adroitement les voix et les claviers pour des effets grandioses (A Grande Playa). Rythmé, on n’en compte plus les syncopes, et réalisé pour passer à la radio. C’est ce qui est arrivé à Geronimo, la chanson en ouverture, qui a détrôné Happy à la tête des palmarès. Ils sont six, des têtes sympathiques, embrassant la vie avec hédonisme tout en restant fidèles aux idéaux de la jeunesse australienne, sur la protection de l’environnement et la justice sociale. La réalisation est faite avec les moyens du bord. Pour fuir le spleen hivernal.

 


Kate Moore/Saskia Lankhoorn ★★★★½

Du panache, mais rien de remarquable
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Dances and Canons, ECM

«Working with Manfred Eicher, I never had such freedom with no technical boundaries, so that the music sounds so pure and free.» C’est sur cette affirmation que cette collaboration entre une compositrice et une pianiste de concert réputée porte ses fruits. Entre Debussy (Spin Bird) et Michael Nyman (The Body Is an Ear), entre impressionnisme et minimalisme, Kate Moore apporte une touche personnelle, jouant sur les registres de la passion ardente, mais refoulée, de la mélancolie accablante, mais résignée, sublimée dans un ton pastoral qui évoque des paysages bucoliques. Canon, qui dure près de 16 minutes, donne une bonne idée de l’ensemble. C’est une expérience sonore ambiante pour les amateurs de piano. Pour les fans de Keith Jarrett, Bobo Stenson, Brad Mehldau et Lyle Mays.

 

En magasin ou en ligne mardi

Van Morrison, Duets: Reworking the Catalogue

Kendrick Lamar, To Pimp a Butterfly

Laura Marling, Short Movies

Strung Out, Transmission. Alpha.Delta

Action Bronson, Mr Wonderful

The Cribs, For all My Sisters

The Go ! Team, The Scene Between

The Jon Spencer Blues Explosion, Freedom Tower No Wave Dance Party 2015

Vetiver, Complete Strangers