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J'ai besoin d'argent grand-maman, vite !

Suspect recherché par le SPAL
Service de police de l'agglomération de Longueuil SPAL

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J’ai besoin d’argent grand-maman, vite !

Florence a 86 ans bien sonnés. Elle habite un appartement confortable dans une résidence pour personnes autonomes. Elle a des enfants et des petits-enfants dont elle est tellement fière. Ils lui rendent visite ou ils lui téléphonent pour prendre de ses nouvelles. Elle vit seule et ces moments avec sa famille constituent des moments importants de sa vie qui achève.

Cet après-midi là, quand elle répond au téléphone, la voix au bout du fil lui semble familière. Il ne s’est pas nommé, a marmonné tout au plus quelques mots mais elle l’a reconnu. Elle dira plus tard qu’elle était convaincue de parler à son petit-fils

- Charles-André, c’est toi ?

- Oui c’est moi grand-maman. J’ai un problème, un sérieux problème et j’ai besoin d’aide.

- Qu’est-ce qui se passe ?

La fibre maternelle de Florence est maintenant en état d’alerte. Elle veut aider, c’est normal.

- Je suis en Angleterre grand-maman. J’ai eu un accident avec une voiture et j’ai besoin d’argent rapidement pour payer les frais médicaux. Ne le dis pas à mon père, il serait fâché. Ils ne veulent pas me soigner tant que je n’ai pas payé 3000 $. Mais n’en parle surtout pas à mon père ni à personne d’autre. Il faut que tu m’aides grand-maman ça presse, je suis blessé.

Le travail de Charles-André à l’époque le faisait voyager de par le monde. Il était tout à fait normal qu’il se trouve à cet endroit, de penser la grand-mère qui devenait l’unique solution pour aider son petit-fils. Ce n’est rien un peu d’argent pour assurer la sécurité d’un membre de sa famille, la matriarche venait de passer en mode « sauveur ».

- Va à la banque pour retirer l’argent et envoie le moi par Western Union. Je vais te donner les coordonnées grand-maman. S’il te plait, fais le maintenant, j’ai besoin de soins.

N’écoutant que son cœur, Florence est allée à la banque pour retirer l’argent. Mais elle n’a pas écouté les instructions pourtant bien précises de son interlocuteur. Elle a appelé son fils Pierre, le père de Charles-André pour qu’il l’accompagne jusqu’au bureau où elle devait envoyer de façon urgente, le 3000 $ en question.

Chemin faisant, elle a révélé à son fils la raison de ce retrait et lui a fait part de l’appel qu’elle avait reçu plus tôt. Plus inquiet que fâché, Pierre doutait de la véracité de l’histoire et a décidé d’en parler à son frère, policier à la retraite. S’il y avait quelqu’un qui pouvait éclaircir la situation, c’était peut être lui.

C’est moi que Pierre a appelé. Inutile de vous dire qu’ils ne se sont jamais rendus chez Western Union et que l’argent est retourné rapidement à la banque. Le faux Charles-André s’est même permis de rappeler pour demander comment il se faisait que l’argent n’était pas parti. C’est Pierre qui a pris l’appel et qui a expliqué à l’arnaqueur les mystères de la vie. Je n’ai pas besoin de vous dire que l’histoire s’est arrêtée là. Je me suis rendu chez ma mère où mon frère s’y trouvait toujours. Le flic que j’ai été en a profité pour livrer son message de prévention.

Cette arnaque dure depuis des années. Les criminels réussissent tant bien que mal à arracher des millions de dollars par année à des personnes vulnérables que sont nos aînés. Ils jouent avec les sentiments et extorquent aux grands-parents qui tombent dans leurs pièges une petite fortune qu’ils ne reverront jamais. Et la pratique évolue.

Longueuil 2015

Une fois de plus un appel téléphonique est logé chez une personne du troisième âge. Une fois de plus, un faux fils a prétendu avoir besoin d’argent pour régler des frais à la suite d’un prétendu accident. Il avait un urgent besoin de 6000 $.

Là où l’histoire change un peu, c’est la façon dont l’argent devait être transmis. Non pas par une compagnie légitime à une adresse bidon, mais c’est en personne que la somme devait être donnée.

Le criminel jouant le faux fils a dit à la personne qu’il envoyait un ami de confiance à l’adresse même de la victime ! C’est un pur inconnu qui s’est rendu chez la victime et qui s’est vu remettre l’argent. Le tout s’est fait assez rapidement même, il y avait une urgence après tout. Le fraudeur a eu l’audace de rappeler plus tard pour dire qu’il avait besoin de 8000 $ supplémentaires pour couvrir d’autres frais.

C’est à ce moment que le Service de police de l’agglomération de Longueuil, le SPAL, a été informé. L’enquête a permis de comprendre que cette victime n’était probablement pas la seule a avoir été contactée. Les enquêteurs ont réussi à mettre la main sur une photographie du courrier venu récupérer l’argent. Ils l’ont diffusé et demandé l’aide du public pour pouvoir l’identifier et éventuellement l’arrêter, souhaitons-le ! Ce ne sont plus quelques policiers qui sont à la recherche du suspect maintenant. La population est invitée à participer à une enquête qui cible ceux qui veulent s’en prendre à nos grands-parents !

Les bandits ont le culot d’aller cogner à la porte de votre père et de votre mère maintenant. Si la victime a alors un doute et ne veut pas donner l’argent, qu’est-ce qui empêche le suspect d’abuser physiquement d’un octogénaire pour le voler. Est-ce que la prochaine étape entre quelques milliers de dollars et un voleur insistant inclura de la violence ?

Que faire ?

Voici ce que l’Association des banquiers canadiens (ABC) suggère :

• N’offrez jamais de l’information à votre interlocuteur. S’il vous demande « m’as-tu reconnu? », dites simplement « non ».
• Demandez des détails à votre interlocuteur et demandez-lui de répéter son histoire.
• Posez des questions auxquelles seuls vos petits-enfants pourront répondre et non un imposteur.
• Après que vous aurez raccroché, vérifiez l’histoire en appelant les parents du présumé petit-fils.
• Ne faites jamais un virement d’argent, peu importe les circonstances. Il est pratiquement impossible d’en garder trace.
• Ne fournissez jamais votre numéro de carte de crédit par téléphone ou sur Internet à moins d’être sûr que la demande est fondée.

Si vous pensez être victime d’une arnaque, appelez votre service de police.

En fait, le premier appel à faire devrait être celui logé à votre service de police. C’est l’appel le plus urgent qu’il faut faire pour éviter d’être victime de criminels qui sont prêts à tout ou presque pour mettre la main sur l’argent des autres. Et dans ce cas, c’est surtout celui de nos aînés qui est visé...

 


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