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Mi-figue, mi-raisin

Mi-figue, mi-raisin
photo courtoisie

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Un réalisateur doué peut s’emparer d’un scénario banal et en faire un film qui tient la route. Comme le fait Rafaël Ouellet dans Gurov et Anna.

Présenté en première mondiale dans un festival en Corée du Sud, l’automne dernier, Gurov et Anna est le premier film que tourne Ouellet (Camion) sans en avoir signé le scénario, qui est l’œuvre de Céleste Parr.

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Ce drame sur une obsession amoureuse, campé dans un Montréal anglophone, emprunte des sillons mille fois creusés au cinéma et dans la littérature: un professeur d’université dont le couple bat de l’aile tombe en amour avec une étudiante ingénue et mystérieuse, et en vient à tout détruire autour de lui au nom de cette passion dont la longévité apparaît pourtant compromise dès le départ.

Dans le cas présent, Ben (joué par le peu connu montréalais Andreas Apergie) est un maniaque de La dame au petit chien, d’Anton Tcheckov, et il croit avoir trouvé en Mercedes (Sophie Desmarais) la Anna de cette nouvelle publiée il y a un siècle.

Efficace

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Grâce à une réalisation efficace, rythmée et visuellement aguichante qui met en valeur le Mile-End, et grâce aussi au jeu convaincant de ses acteurs principaux, la première partie de Gurov et Anna tient fort bien la route. Même si on ne comprend pas ce que Mercedes peut bien trouver d’attirant chez le taciturne Ben, Ouellet arrive à bien nous faire sentir la tension sexuelle entre les amants en devenir. Le crescendo sensuel, qui culmine sur des scènes de sexe mettant en valeur Sophie Desmarais, s’avère habilement construit.

C’est quand leur idylle déraille, dans la deuxième heure, que le film perd son élan. Le scénario sombre dans les clichés et une scène de sexe qui prend une tournure étonnement violente en fin de parcours laisse un goût amer.

  • Gurov et Anna (3/5)
Un film de Rafaël Ouellet.
Avec Sophie Desmarais, Andreas Apergis, Éric Bruneau et Marie Fugain.