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La piquette et la transparence de la SAQ

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Photo d'archives

La Société des alcools du Québec (SAQ) manque-t-elle de transparence en n’indiquant pas sur les étiquettes des bouteilles de vins importés en vrac qu’ils ont été embouteillés au Québec?

Notre enquête sur les vins en vrac importés et vendus à gros prix à la SAQ publiée en début de semaine continue de faire jaser. Beaucoup de clients de la SAQ (ils sont nombreux) sont tombés de leur chaise en apprenant qu’ils payaient très cher des vins pourtant importés en vrac et dont la qualité est largement discutable, voire très semblable à des vins de dépanneurs. C’était le but de notre enquête.

Car lorsque l’on va à la SAQ, on s’attend à retrouver des vins qui ont été embouteillés au vignoble. On s’attend à des standards de qualité et de transparence.

Or, si ce n’est pas le cas, la SAQ ne remplit pas sa mission. Dans ce cas, à quoi sert-elle? Certainement pas à tromper ses clients et à les remplir comme des cruches.

Dans ce contexte, il ne faut pas se surprendre que les vins importés en vrac aient très mauvaise presse ces temps-ci alors que la transparence et la traçabilité des produits n’ont jamais été aussi à la mode.

Il n’y a donc aucun sens à ce que la SAQ refuse de fournir à ses clients (sur les étiquettes des bouteilles de vins importés en vrac) le nom d’origine du producteur, le type de cépage ou d’assemblage, le lieu de l’embouteillage et les taux de sulfite et d’allergènes, par exemple.

Une industrie opaque

Dans le monde du vin, les producteurs de vrac n’offrent malheureusement pas la même qualité de «jus» qu’un producteur, metteur en bouteille, qui appose son nom sur l’étiquette et qui met sa réputation en jeu.

Les producteurs de vins en vrac visent le volume et c’est avec ce volume qu’ils font de l’argent. Ces producteurs fabriquent en utilisant des levures industrielles, beaucoup de sulfites, de l’acidité tartrique, du colorant, du sucre et une foule d’autres produits chimiques très discutables.

Que des distributeurs québécois achètent des tonnes de vins en vrac importés pour les embouteiller au Québec demeure une chose.

Mais que la SAQ laisse passer et vende en toute connaissance sur ses tablettes des piquettes mises en marché comme de grandes révélations à des prix de 14 $, 16 $ et 18 $, là, il faut se poser des questions.

Et c’est ce qui a, de toute évidence, choqué beaucoup de Québécois cette semaine. Ils se sont sentis floués et trahis par la SAQ et ses standards de mise en marché et de marketing à «géométrie très variable».

Ironie

Alors, pourquoi expliquer qu’une majorité de vins importés en vrac, embouteillés au Québec, soit vendus aussi cher que des vins embouteillés aux vignobles?

C’est là toute l’ironie de l’existence du monopole de la SAQ. Le gouvernement a tellement poussé ces dernières années pour que la SAQ génère davantage de juteux profits que l’on a peut-être atteint un point de non-retour.

La SAQ, si elle veut conserver sa crédibilité, devra donc bouger rapidement pour rétablir et conserver la confiance de ses clients qui ne demandent que de faire des achats éclairés en toute connaissance de cause.


En bref

Photo courtoisie

Encore de l’énergie dont on n’a pas besoin

Y’a-t-il un pilote dans l’avion? Hydro-Québec continue de signer des contrats avec des producteurs d’énergie éolienne comme si de rien n’était. Or, les surplus énergétiques s’accumulent à un rythme gênant. Trois nouveaux parcs éoliens seront construits en Gaspésie, dans le Bas-Saint-Laurent et en Beauce. Coût de la facture: 4 milliards $ sur 25 ans. Le prix moyen payé sera de 11,2 cents du kilowattheure. Or, Hydro-Québec peine à obtenir 5 cents du kWh sur le marché de l’exportation.

La météo fait encore des siennes

La mauvaise température a fait mal ces derniers mois aux grands détaillants. Au Canada et au Québec, plusieurs détaillants et restaurateurs soutiennent que les affaires ont tourné au ralenti. Avec le froid et la neige, les consommateurs ont préféré demeurer à la maison. Les analystes s’attendent toutefois à un fort rebond des ventes dans le commerce au détail au cours des prochains mois.

Une Coupe de monde payante

La dernière Coupe du monde de soccer tenue au Brésil l’an dernier a été très rentable pour la FIFA. Les profits ont atteint 140,7 millions $US. La fédération mondiale de soccer, dont le siège social est à Zurich, en Suisse, se trouve dans une position financière très confortable avec des réserves financières de 1,5 milliard $. Entre 2011 et 2014, la FIFA dit avoir encaissé des revenus de 5,7 milliards $. Durant cette période, la FIFA a versé 40 millions $ de primes à ses dirigeants.

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