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Rester de glace

<b>Michel Lacroix</b>
Photo courtoisie Michel Lacroix

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Des moments euphorisants, Michel Lacroix en a vécu. Difficile de battre l’annonce d’une coupe Stanley à domicile ou de médailles d’or olympiques.

Mais il y en a de plus tristes, comme l’hommage récent à Jean Béliveau, quelques jours après sa mort.

Même s’il connaissait bien M. Béliveau et côtoie sa famille depuis des années, M. Lacroix ne pouvait se permettre de se laisser emporter par les émotions, contrairement à tous les autres témoins de la scène, autant sur place qu’à la télévision.

«Ç’a été un moment très difficile. De mon côté, il y avait beaucoup d’émotions à gérer, avec la lumière sur son siège et tout. Mais c’est justement ça qui est important dans le cadre de cette soirée-là. C’est de faire fi de mes propres émotions et de le présenter à la foule pour qu’elle ressente une émotion. Tout ça par respect pour la famille Béliveau et l’organisation du CH. Ce n’était pas évident de faire abstraction de mes propres sentiments, mais il le fallait, car il n’était pas question de verser une larme», a-t-il admis.

Michel Lacroix a trouvé très difficile la cérémonie en l’honneur de Jean Béliveau, quelques jours après sa mort, parce qu’il ne pouvait pas se permettre de se laisser emporter par les émotions, même s’il connaissait bien M. Béliveau et côtoie sa ­famille depuis des années.
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin
Michel Lacroix a trouvé très difficile la cérémonie en l’honneur de Jean Béliveau, quelques jours après sa mort, parce qu’il ne pouvait pas se permettre de se laisser emporter par les émotions, même s’il connaissait bien M. Béliveau et côtoie sa ­famille depuis des années.

Afin de trouver la bonne manière de présenter son texte, M. Lacroix s’est préparé en «entendant le son» qu’il voulait lui donner.

Il espère maintenant retourner à des expériences plus heureuses, comme une coupe Stanley.

«J’aimerais en présenter une ou deux dans les prochaines années. Je suis dû après 22 ans! J’ai confiance en notre groupe», a-t-il conclu.

 

La fameuse prononciation

<b>Michel Lacroix</b>
Photomontage

Même les noms les plus difficiles à prononcer n’ont plus de secret pour celui qui a annoncé une quinzaine de Jeux olympiques. Mais en cas de doute, il va toujours à la source, en demandant directement au joueur.

Chez le Canadien, on préfère prononcer les noms à la manière internationale, contrairement à plusieurs autres endroits où on anglicise les noms.

Ça dépend également du désir du joueur. Par exemple, Alexeï Kovalev ne voulait pas être présenté à la Russe.

«Ça se prononce dans sa langue Alexeï Kovaliov, mais il préférait une consonance nord-américaine. Sauf qu’aux Jeux olympiques, je l’annonçais en russe», a précisé Michel Lacroix.

Même chose pour Peter Forsberg. Lors des Jeux de Salt Lake City, en 2002, M. Lacroix était accompagné de l’annonceur de l’Avalanche et ils ont dû prononcer «Peter Forsbre» durant tout le tournoi.

«Mon collègue de l’Avalanche avait été un peu surpris. Il avait dit: “OK pour aujourd’hui, mais à Denver il redeviendra Forsberg!”»

Les noms qu’il aime le plus prononcer? «Ceux à consonance italienne comme Cammalleri ou Pacioretty, ou ceux avec des consonnes dures dans lesquelles on peut mordre, car tu peux t’amuser.»

 

Oups !

Mauvaise traduction

<b>Guy Lafleur</b>
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean
Guy Lafleur

À son micro, l’annonceur maison du Canadien, Michel Lacroix, n’a pas droit à l’erreur lui non plus.

«On peut faire plein de faux pas, mais on ne peut pas se le permettre», admet-il. Dans sa longue carrière, une seule erreur majeure lui vient en tête. Et elle date de l’époque du Forum et des belles années de Guy Lafleur.

«Il était en quête du record pour le nombre de matchs consécutifs avec un point. À l’époque, on disait tout en français et on répétait en anglais. En français, j’annonce son but et je pensais que le toit du Forum allait exploser. Mais en anglais... j’ai annoncé qu’il avait eu une pénalité! Tout le monde s’est mis à rire. Disons que depuis ce temps-là, je fais bien attention!» raconte M. Lacroix en riant.

Témoin d’engueulades

<b>Lars Eller</b>
Photo d'archives
Lars Eller

Dans les années 1970, il n’y avait pas de baie vitrée autour du banc des pénalités du Forum de Montréal. Ni devant ni derrière et pas non plus entre les bancs des deux équipes. Qui se trouvait entre deux joueurs qui étaient chassés en même temps? Michel Lacroix. Nul besoin de dire qu’il en a entendu «des vertes et des pas mûres»!

Ce n’est plus le cas aujourd’hui, alors que les baies vitrées servent d’obstacles aux bâtons et aux injures qui pourraient être lancées. Mais dans «le bon vieux temps», l’animosité s’invitait elle aussi sur le banc des pénalités.

«Les engueulades pouvaient durer les cinq minutes de la pénalité. Ça brassait beaucoup plus! Les bâtons revolaient, ça se bousculait. Aujourd’hui, les gars sont souvent des amis et se demandent plutôt quand ils iront souper ensemble! Ou après une bagarre, ils se demandent s’ils seront dans le top-5 de la semaine», raconte l’annonceur maison.

Le « bon vieux temps »

<b>Erik Karlsson</b>
Photo d'archives
Erik Karlsson

Il y a une quarantaine d’années, le banc de l’annonceur et ceux des pénalités étaient beaucoup plus petits, ce qui n’aidait pas.

«On a vu des gants et des bâtons nous passer par la tête, c’est certain! Il n’y avait pas de baie vitrée entre les joueurs et les spectateurs non plus, et ces derniers ne se gênaient pas pour crier leur façon de penser. Disons que les joueurs n’avaient pas besoin de traducteur. Ils comprenaient, même s’ils ne parlaient pas français!» se remémore-t-il, admettant avoir entendu à peu près tous les sacres possibles dans toutes les langues.

«Parfois, les arbitres devaient dire aux joueurs de leur parler en anglais. Ils leur disaient: “Si tu veux m’engueuler, tu le fais en anglais pour que je comprenne, sinon je t’ajoute une pénalité!”»

Récemment, il croyait bien assister à une reprise des belles années, alors qu’Erik Karlsson, un Suédois des Sénateurs, et Lars Eller, un

Danois du Canadien, se sont parlé intensément pendant plus d’une minute.

«Ça devait être en suédois.

On pensait qu’ils étaient sur le point de s’engueuler jusqu’à ce qu’ils éclatent de rire. Bref, nos cours de suédois ne nous ont pas du tout permis de déchiffrer leur conversation!»

 


Il y a foule !

<b>Michel Lacroix</b>
Photo courtoisie

Michel Lacroix est bien entouré au banc des pénalités. Lors de chaque match, un total de six employés y sont, chacun ayant un rôle bien déterminé. Si M. Lacroix est presque toujours en poste, ceux qui l’accompagnent y sont en alternance, car ce sont des employés de la LNH.

 

Brèves

Heure par heure

17 h

Arrivée au Centre Bell, vérification des formations, lecture de la présentation pour s’assurer que tout est correct.

18 h 45

Le décompte de 45 minutes s’affiche au tableau indicateur.

19 h

Michel Lacroix se rend à son banc, afin de vérifier si tout fonctionne, techniquement.

Pendant le match

Il est en communication constante avec son «chef d’orchestre», le producteur de match, Carl Abran. C’est lui qui décide quand on entend la musique, une publicité, une intervention de l’annonceur ou autre. Pendant les entractes, il quitte son banc pour aller visiter le Salon des anciens ou jaser avec les amateurs.

Fin du match

On lui communique les trois étoiles, qu’il annonce, avant de céder la parole à Marc Denis (RDS) ou Renaud Lavoie (TVA Sports) si la première étoile est un joueur du Canadien, pour l’entrevue d’après-match. Dernière intervention, on annonce le match suivant et on souhaite bon retour à la maison aux amateurs.
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