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Une voix, cinq décennies

La voix de Michel Lacroix est bien connue de tous les amateurs de hockey de la province

Une voix, cinq décennies
Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier

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Il le dit lui-même, il a un des meilleurs sièges de l’amphithéâtre. Mais il y tient aussi un rôle très important, celui d’être le «trait d’union, la courroie de transmission» entre ce qui se passe sur la glace et les partisans dans les estrades.

Et malgré toutes ces années d’expérience et les centaines de matchs auxquels il a assisté, il ressent encore et toujours de la fébrilité lorsqu’il entend le décompte dans ses écouteurs avant sa première intervention.

«Parler devant les gens, c’est ce qui est le fun. On a un niveau de stress et j’ai encore des papillons. Après, l’habitude prend le dessus. J’aime ça chaque fois. Je ne m’en lasse pas», a-t-il confié au Journal.

Avoir le bon ton

Qu’il annonce un but, une punition ou qu’il présente une cérémonie d’avant-match, Michel Lacroix fait face au même défi chaque fois: avoir le bon ton.

«C’est une préoccupation à laquelle je fais de plus en plus attention. La préparation et la perspective dans laquelle je me présente pour annoncer sont totalement différentes selon l’événement, que ce soit de bonnes ou de tristes nouvelles. Il faut choisir le ton juste, s’assurer que ces petits détails-là soient corrects», a-t-il expliqué.

M. Lacroix croit que c’est ce qui fait en sorte que Montréal se démarque à ce chapitre.

«On a toujours été un exemple cité dans toute la Ligue. Les gens viennent me voir pour des conseils. Ils demandent que ce qu’on fait soit imité ailleurs. Des commentateurs de la télé­vision provenant d’ailleurs me demandent parfois: “Tu es certain de ne pas vouloir venir travailler chez nous?” a-t-il raconté, ajoutant qu’il déclinait bien évidemment les offres.

« On a un niveau de stress et j’ai encore des papillons. Après, l’habitude prend le dessus. J’aime ça chaque fois. Je ne m’en lasse pas »

«Il y a bien sûr des standards. On peut mettre un peu de moutarde, mais il y a une classe à respecter et ici, on l’a.»

Parmi ces standards, il y a la neutralité lorsqu’on annonce des pénalités contre l’équipe adverse, par exemple. Mais lorsque vient le temps de fêter et de mettre de l’ambiance, il se permet de se gâter!

«J’aime bien annoncer le premier but dans la LNH d’un de nos joueurs, par exemple. Je mets l’accent pour que la foule embarque, qu’elle montre son appréciation et partage la joie de l’athlète. C’est le temps de célébrer? Célébrons, a-t-il dit.

«Il faut aussi respecter les athlètes. Les buts, je ne les compte pas, mais je dois mettre en relief ceux qui les comptent, c’est ça mon rôle. L’annonceur ne doit pas oublier que ce n’est pas lui la vedette. Ce n’est pas son visage qui est sur les billets», a-t-il ajouté.

De grands souliers à chausser

C’est le célèbre Claude Mouton lui-même qui avait recruté M. Lacroix dans les années 1970. Il avait alors fait ses classes au niveau junior, mais il agissait également à titre de journaliste sportif.

Il a officiellement pris sa relève quelque temps avant la conquête de la dernière coupe Stanley du CH, en 1993, alors que M. Mouton a succombé à un cancer au mois de mars.

Il garde un souvenir très précis de son premier match derrière le micro.

« Il faut aussi respecter les athlètes. Les buts, je ne les compte pas, mais je dois mettre en relief ceux qui les comptent, c’est ça mon rôle »

«C’était en 1977, contre les Maple Leafs de Toronto. Il y avait eu une bagarre générale en première période, alors j’ai rapidement eu mon baptême!» s’est-il souvenu.

Si M. Mouton a été la voix du Tricolore pendant près de 20 ans, son successeur y est depuis encore plus longtemps, ayant annoncé des matchs dans cinq décennies. Et la retraite n’est pas encore une option.

«Au début de l’année, au camp d’entraînement, il y a des dizaines de joueurs avec le chandail du CH. Mais il n’y a pas 25 annonceurs. Je n’ai pas l’intention d’arrêter et tant mieux si ça dure encore longtemps!» a confirmé celui qui agit aussi comme descripteur du golf à RDS.

Lorsqu’il doit s’absenter, M. Lacroix est remplacé par Sébastien Goulet ou Frédéric Abaji.

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