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Bordel informatique : le SPGQ n’est pas le problème

SPGQ, Richard Perron
Photo les archives Simon Clark

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 M. Cyrille Béraud, président de Savoir-faire Linux, affirme dans un texte d’opinion que le Syndicat de professionnelles et de professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) est, en grande partie, responsable du fiasco entourant le secteur informatique au sein du gouvernement.

Selon lui, le SPGQ est réfractaire aux changements. Il soutient que les syndicats sont contre la mise en place de logiciels libres au sein de l’administration publique. Clairement M. Béraud parle à travers son chapeau.

Oui, le SPGQ demande la tenue d’une enquête publique dans le secteur des technologies de l’information. Appuyé par les autres grands syndicats québécois, le SPGQ estime que les retards, les échecs, les nombreux dépassements de coûts à la suite de l’attribution de contrats à des firmes externes par le gouvernement doivent cesser. Ces contrats doivent être rendus publics afin que l’argent des contribuables cesse d’être dépensé de façon honteuse.

Affirmer que les syndiqués sont réfractaires aux changements, que ce bordel informatique est en partie de leur faute et que l’utilisation du logiciel libre leur fait craindre le pire relève de la pure fabulation.

La preuve : en 2010 et 2013, des professionnels du gouvernement, membres du SPGQ, ont mis sur pieds des logiciels efficaces qui ont permis l’intégration de différentes banques de données pour ainsi faciliter le travail des employés du ministère de la Sécurité publique. Comment ces professionnels ont-ils réussi leur coup?

En utilisant des logiciels libres. Nombreux sont les défenseurs du logiciel libre au sein du gouvernement. Des syndiqués réfractaires aux changements vous disiez M. Béraud?

De plus, les membres du SPGQ réclament davantage de formation pour pouvoir utiliser ces fameux logiciels libres. Formations qui, faut-il le rappeler, sont appelées à être de moins en moins nombreuses avec les différentes coupes effectuées par le gouvernement en place. Alors, d’affirmer que nos membres craignent d’être dépassés par les technologies est complètement faux. Le SPGQ est tout à fait d’accord pour que les logiciels libres soient considérés lors d’appels d’offres.

Rappelons cependant que les apôtres du logiciel libre et ses pourfendeurs sont partout, tant dans la fonction publique que dans le secteur privé. L’argent des contribuables doit être dépensé de façon responsable. Le logiciel libre est-il la seule et unique solution? Peut-être, qui sait? Mais qui peut affirmer que le logiciel libre est LA SEULE solution au dépassement de coût? Qui peut affirmer qu’avec le logiciel libre disparaîtront la collusion et la corruption? Pour l’instant, personne ne fournit ces réponses. Clairement, avec sa sortie, Cyrille Béraud semble vouloir se positionner afin de  décrocher d’alléchants contrats du gouvernement.

Avant de prendre position dans ce dossier, le gouvernement se doit, selon nous, de mieux connaître la situation réelle dans laquelle se trouvent les technologies de l’information au sein de son organisation. Pour ce faire, il faut poser des questions, comprendre l’état de la situation. Quoi de mieux qu’une enquête en la matière? 

M. Béraud affirme que le SPGQ et les membres du collectif réclamant une enquête croient qu’une telle enquête dans le bordel informatique sera la mère de tous les maux. Jamais le collectif n’a affirmé une telle chose. Cependant, si le SPGQ demande une commission d’enquête, c’est justement pour faire la lumière sur des pratiques qui, disons-le, mériteraient d’être dévoilées au grand jour. L’arrestation d’un des dirigeants de la firme EBR, d’employés d’IBM et de fonctionnaires ces dernières semaines en sont la preuve!

La sous-traitance à outrance mène à la corruption et la collusion. Voilà ce que les syndicats veulent voir disparaître. La commission d’enquête sur l’informatique serait donc le point de départ de ces changements majeurs qui sont essentiels dans le domaine des technologies de l’information au sein de l’appareil public.

M. Béraud affirme aussi que l’industrie des TI du Québec a besoin d’un véritable électrochoc. Le SPGQ pense exactement la même chose. Mais pour se faire, tous doivent travailler en ce sens. Cela implique le gouvernement, les employés syndiqués et l’entreprise privée. Bref, il faut travailler en équipe. Visiblement, l’esprit d’équipe n’est pas l’affaire de tous.

Richard Perron
Président
Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec
 


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