/homepage
Navigation

(VIDÉO) La police intervient à l'Université Laval en cette première journée de grève étudiante

Coup d'oeil sur cet article

Ce n’était pas l’anti-émeute comme à Montréal, mais les policiers sont tout même intervenus à travers les bousculades, les insultes, les slogans et les pancartes pour calmer les esprits, lundi à l’Université Laval, lors de cette première grande journée mobilisation étudiante.

Très tôt, les manifestants ont installé leur quartier général à la cafétéria du pavillon De Koninck et ont pris la direction des salles de classes selon un horaire bien précis pour bloquer l’accès aux cours des départements et facultés en grève.
 


Un peu avant 8h30, les grévistes se sont butés à la ferme opposition de quelques étudiants bien déterminés participer à un séminaire de droit de deuxième cycle, en dépit d’un vote de grève de leur association. La ligne de piquetage n’a cessé de grossir. Les participants ont bloqué l’accès au cours aux étudiants, mais aussi aux agents de sécurité. «Ce n’est qu’un début, continuons le combat», ont crié les manifestants en tapant sur les murs. Une étudiante est arrivée armée d’une mise en demeure... qui a été déchirée

Quelques minutes plus tard, deux agents de la police de Québec se sont présentés. «Pas d’police sur mon campus», ont crié les manifestants. Les patrouilleurs ont pu entrer dans la classe. Il y a eu plusieurs envolées verbales entre les agents et les étudiants, mais aussi entre les étudiants.

Finalement, au pavillon De Koninck, le mot s’est passé à l’effet que la professeure était malade et ne donnerait pas son cours. Une étudiante a traversé le groupe de manifestants avec son capuchon sur la tête en brandissant un doigt d’honneur.

Dans la foulée, le journaliste du 93,3 Jean-Simon Bui affirme s’être fait plaquer au mur, avoir reçu un coup de coude dans les côtes et un coup de pancarte. Son collègue Patrick Bégin aurait eu droit à un bon café tiède... lancé en pleine figure.

Lundi matin, la question de légitimité des grèves étudiantes n’était plus théorique et le débat faisait rage plus que jamais. Dans le coin gauche, les manifestants qui bloquent l’accès au cours pour ne pas pénaliser ceux qui respectent le vote de grève. «Quand on prend une décision démocratique, ça se doit d’être respecté», dit Kate Blais, qui arbore le fameux carré rouge. Ceux qui ne sont pas d’accord n’avaient qu’à s’exprimer lors des assemblées, ajoute la manifestante.

Et dans le coin droit, ceux qui ne veulent qu’étudier et qui ont dû rebrousser chemin. «Je trouve ça plate, c’est une minorité qui décide, et c’est dommage qu’on soit privé d’aller aux cours», déplore Catherine Castonguay. «Ils pourraient choisir de faire la grève de leur bord et laisser les autres tranquilles», ajoute Anne Caron.

Au centre de la mêlée, l’Université, les profs et les agents de sécurité. Ces derniers tentaient lundi de faire respecter le droit d’aller au cours. Mais paradoxalement, à plusieurs reprises, ils ont enjoint les étudiants qui faisaient partie des associations en grève à respecter les décisions de leurs assemblées. «Est-ce que votre association est en grève? Oui? Malheureusement, vous êtes en grève», a expliqué l’un d’eux à un étudiant qui voulait entrer dans la classe. Cette façon de faire semble contraire à la position de l’Université Laval qui stipule que «les étudiants choisissant de ne pas se rendre à leurs cours sont invités à respecter le choix de ceux préférant y assister».

Les enseignants ont l’obligation de se présenter à leurs cours et de les donner, si les «conditions sont acceptables».

En début d’après-midi, un autre a demandé l’aide des agents de sécurité pour libérer sa salle de cours occupée par des manifestants. Mais voyant que seulement une trentaine d’étudiants sur 200 s’étaient présentés, il a expliqué qu’il aurait été injuste de donner son cours. «S’il y a des tensions en classe, c’est pas d’avance», a justifié Simon Drouin, professeur à l’école de psychologie.

«Scabs!»

Un étage plus haut, des étudiants criaient «scabs! Scabs! Scabs!» à une file d’étudiants qui quittaient un local. Ces derniers voulaient assister à un cours d’une faculté en grève, alors que leurs associations ne le sont pas. L’un d’eux s’est bousculé avec les manifestants avant d’être escorté plus loin par les policiers.

Quelques milliers d’étudiants de l’Université Laval ont joint le mouvement québécois Printemps 2015 pour lutter contre les politiques d’austérité du gouvernement libéral. Les facultés de philosophie, de sciences sociales et de lettres, de même que les étudiants des deuxième et troisième cycles sont en grève, lundi, avec des mandats variant d’une journée à deux semaines reconductibles.

Pancartes à la main, des petits groupes d’étudiants ont aussi manifesté sur le campus, lundi, pour cette première journée de mobilisation qui devrait être suivie par plusieurs autres, ce printemps.