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Les sans-abri comptés un par un

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Photo Le Journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins Un itinérant (à droite) répond aux questions des bénévoles qui avaient pour mission de dénombrer les sans-abri de Montréal la nuit dernière.

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Les bénévoles ayant pour tâche de dénombrer les sans-abri de Montréal hier soir sont parvenus à leurs fins, malgré un départ en retard et une manifestation étudiante.

«Ça s’est bien passé, les bénévoles rentrent avec le sourire», a assuré la porte-parole de Je compte Montréal, Stéphanie Laffonde. Selon elle, la manifestation n’a pas empêché la soirée de bien se dérouler.

Ce sont 800 bénévoles, aidés de quelques dizaines de travailleurs de rue, qui avaient pour mission de parcourir les rues de la métropole la nuit dernière, pour dresser un portrait plus récent du visage de l’itinérance.

«Il n'y a pas beaucoup de sans-abri, mais ils sont ouverts», a tempéré Florence Meney, relationniste de l’Institut Douglas qui organisait l’événement.

Certains bénévoles ont néanmoins dû faire face à plusieurs obstacles. C’est le cas de l’équipe du Journal.

«Je m’attendais à ce qu’il y ait des problèmes, mais pas à ce qui s’est passé. Mais sont des choses pour lesquelles nous n’avons pas le contrôle. Je suis très contente dans l’ensemble», a résumé en fin de soirée Christiane Beaudet, chef d’équipe bénévole.

En effet, l’équipe à laquelle s’est joint Le Journal a quitté le point de ralliement des bénévoles plus d’une heure après le moment prévu.

Une fois sur le terrain, plusieurs itinérants ont été croisés. Toutefois, ceux-ci dormaient. Les équipes avaient donc comme directive de ne pas les réveiller. Ceux-ci ont été comptés dans le recensement, mais n’ont toutefois pas pu répondre au questionnaire des bénévoles.

Peu d’itinérants

En une heure, à peine trois itinérants avaient été interrogés devant les représentants du Journal. En tout, l’équipe dont faisait partie notre journaliste qui comptait sept bénévoles a rencontré une douzaine d’itinérants.

Ensuite, ils ont été interrompus dans leurs décomptes par la manifestation nocturne. Le dénombrement devait se poursuivre jusqu’à minuit.

Le dénombrement des itinérants avait été annoncé par le maire Denis Coderre à l’automne dernier, lors du dévoilement de son Plan d’action montréalais en itinérance.

En plus du décompte d’hier soir, un peu plus de 200 autres bénévoles sillonneront aujourd’hui et demain les centres de jour, les soupes populaires et plusieurs autres institutions où pourraient se trouver des personnes en situation d’itinérance «cachée».

– Avec la collaboration de Baptiste Zapirain

 


Le premier décompte depuis 1995

La bénévole et chef d’équipe Christiane Beaudet parcourait les rues de Montréal hier.
Photo Le Journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins
La bénévole et chef d’équipe Christiane Beaudet parcourait les rues de Montréal hier.

Les derniers portraits du nombre de sans-abri dans la métropole, faits il y a vingt ans, sont plutôt discordants sur le nombre de personnes itinérantes.

Une étude faite en 1995 faisait état de près de 30 000 sans-abri, mais regroupait toutes les personnes qui avaient fréquenté une soupe populaire ou un centre de jour.

Dans une autre étude faite un an plus tard, les chercheurs avaient comptabilisé toutes les personnes ayant fréquenté ces ressources et qui mentionnaient s’être retrouvées en situation d’itinérance.

Ils sont plutôt arrivés à un nombre de 12 600. Les directeurs du nouveau projet de dénombrement, Eric Latimer et James McGregor, de l’Institut Douglas, s’attendent à un résultat quelque part entre les deux, puisque le dénombrement tiendra aussi compte des personnes en situation d’itinérance «cachée».

Critiques

Quant aux méthodes utilisées hier soir, le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes (RAPSIM) a déjà exprimé des réserves face à cette façon de faire, qui exclurait de nombreuses personnes, dont les femmes, selon l’organisme.

Selon le coordonnateur Pierre Gaudreau, il s’agira d’un «polaroid» bien partiel de la situation de l’itinérance à Montréal.

N’empêche que cette mesure de recensement a été utilisée dans plusieurs grandes métropoles canadiennes, dont Toronto, Vancouver, Calgary et Ottawa.

 

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