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Une vision pour une nouvelle génération

Une vision pour une nouvelle génération
Photo AFP

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À sa sortie cette semaine, le nouvel album de Kendrick Lamar comptait près de 10 millions d’écoutes en continu. Une réaction phénoménale.

Kendrick Lamar est originaire de Compton, banlieue mythique de la culture rap de la côte Ouest américaine, immortalisée par le groupe N.W.A., la guerre des gangs (Bloods, Crips, Surenos), les tares sociales des ghettos décrites dans des films comme Boyz n the Hood.

Il a débuté tôt, à 16 ans, lorsqu’il a diffusé ses premiers mixtapes. En 2011, il a été proclamé à 25 ans le New King of the West Coast par des rappers consacrés, tels que Snoop Dogg.

Son premier CD, Good Kid, M.A.A.D. City, a remporté un succès critique et commercial instantané. Trois titres se sont classés rapidement en tête du Billboard, Swimming Pools, Bitch Don’t Kill My Vibe et Poetic Justice.

La raison en est toute simple: des rimes et une trame narrative cinématographique décrivant Compton comme personne ne l’avait fait en deux décennies, un respect sincère et authentique pour la génération des pionniers, dont 2Pac, et une enveloppe sonore invitant à rêver Compton.

To Pimp a Butterfly pousse encore plus loin la représentation poétique et sociale de cette nouvelle culture afro-américaine, désormais essentiellement urbaine, toujours aux prises avec l’intégration.

Tout l’album exhale un sentiment de confiance, de lucidité et de vision pour toute la nouvelle génération.

Dense et intense méditation sur des musiques de jazz (Sun RA, Sanders Last Poets, Gill Scott Heron) arrangées et dirigées par Robert Glasper et funk (George Clinton), avec une couche subtile de dreampop pour envelopper au final une esthétique West Coast classique.

Plusieurs titres ont été reformatés pour la radio et I a tout du succès accrocheur. The Blacker the Berry, et surtout Mortal Man, un long monologue qui se termine par une entrevue avec 2Pac, et l’explication du titre de l’album sont passionnants et incontournables. Parmi les meilleures parutions de l’année, ex æquo avec Black Messiah, de D’Angelo.

 

Kendrick Lamar ★★★★½

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To Pimp a Butterfly, Interscope

 


Van Morrison ★★★★

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Duets — Reworking the Catalogue, Sony

Sans tambour ni trompette, ce nouveau CD propose des chansons plus ou moins connues de son vaste catalogue, qui s’étend sur 50 ans, avec une série d’interprètes ou de collaborateurs notoires, tels que Bobby Womack, Mavis Staples, Taj Mahal, Natalie Cole, George Benson, Mark Knopfler, Joss Stone, sa fille Shana et une surprise, Michael Bublé (Real Real Gone, un duel amical genre «try me»). Son dernier CD le proclamait haut et fort : No Plan B., donc du Van The Man 100 %, des orchestrations luxuriantes en big band, ses inimitables solos à la guitare, au saxophone alto et au B3 et surtout son chant «hurleur» soul (illustration exceptionnelle avec Chris Farlowe dans Born to Sing) sans pareil ici. Rien de nouveau cependant. L’ensemble sonne comme Avalon Sunset (1989), son plus grand succès commercial.

 


James Bay ★★★½

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Chaos and Calm, Universal

Pour les fans de nu rock acoustique, britannique, aux accents de contre-ténor, signe distinctif de Marcus Mumford (Incomplete) et de Tom Odell, James Bay est la dernière bonne nouvelle venant du front. Déjà Hold Back the River se hisse sur les palmarès et le reste de l’album fonde les espoirs qu’on peut se permettre. Let It Go et If You Ever Want to Be In Love sont probablement les prochaines à se faire valoir. Étrangement, on insiste sur sa modernité, mais certains arrangements ou certains moments rappelleront les Stones ou Rod Stewart. Il faut dire qu’il a étudié, ce qui paraît. Il chante avec empathie les difficultés relationnelles et dégage la sincérité nécessaire pour qu’on y croit. Un hic: les ballades demeurent convenues (Need the Sun to Break, Scars). Il vient d’être nommé choix des critiques de l’année aux Brits Awards, et ce CD justifie ces espoirs.

 


Jérôme Minière ★★★★

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Une île, La tribu

Huitième CD et constance dans la démarche. Des vignettes musicales, joliment tournées, dans une veine pop à la française, voire parfois britannique (L’amour, ça ne s’apprend pas par cœur), exécutées avec beaucoup de finesse, et ce, à tous égards (mélodies, rythmes et instrumentation). Secondaire, certes, mais qui donne un fil conducteur et un sentiment qui définit tout l’album (Bric à brac). Jouant toujours la carte de la sensibilité, de la douceur et de la nuance, il raconte ou décrit des faits divers ou anodins qui peuvent parfois prendre une dimension surréaliste et épique (Le tatouage sur le dos de tes pensées) ou bien des allégories comme Ressources minières, la dénonciation de la cupidité ordinaire, une allusion à peine voilée sur le débat de l’exploitation pétrolière à l’île d’Anticosti, sur une magnifique bossa-nova. Un CD généreux de chansons et de prose, sur la vie d’aujourd’hui. Splendide.

 

En magasin ou en ligne mardi

Sufjan Stevens, Carrie & Lowell

The Prodigy, The Day Is My Enemy

Ludacris, Ludaversal

Godspeed You Black Emperor, Asunder, Sweet and Other Distress

Hollywood Undead, Day of the Dead

Death Cab for Cutie, Kintsugi

Nightwish, Endless Forms Most Beautiful

Ringo Star, Postcards From Paradise

Boz Scaggs, A Fool To Care

Buena Vista Social Club, Lost and Found

Hommage à Ferrat, Des airs de liberté

Alain Lefèvre, Rive gauche

Patrick Bruel, Live