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Qui était le copilote Andreas Lubitz?

Andreas Lubitz
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MONTABAUR - Sportif, «très compétent», «rêvant de voler»: l’entourage du copilote allemand de l’A320 de Germanwings, soupçonné d’avoir volontairement précipité l’avion au sol mardi avec 149 autres personnes à son bord, décrivait un homme de 27 ans apparemment sans histoires.

«Un jeune plutôt normal, bien dans sa vie, qui ne se faisait remarquer ni dans un sens ni dans un autre. Très compétent, aussi», raconte à l’AFP Klaus Radke, 66 ans, président de l’aéroclub LSC Westerwald de Montabaur, petite ville de l’ouest de l’Allemagne.

Andreas Lubitz, soupçonné par la justice française d’avoir provoqué la perte de l’avion qu’il pilotait en l’envoyant s’écraser mardi dans le sud des Alpes françaises, vivait encore en partie dans le pavillon de ses parents, dans le sud de cette bourgade de 12 500 habitants.

Les voisins de cette grande maison coiffée d’une toiture sombre, protégée jeudi par un cordon policier, brossaient le portrait d’un jeune homme sportif, avec un frère cadet et une petite amie qui partageait son goût de la course à pied, attesté par ses classements dans plusieurs compétitions locales.

Andreas Lubitz
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«Je ne peux pas et ne veux pas y croire. Je suis très choqué. Je le croisais rarement mais il était toujours poli et amical (...) Je ne sais pas s’il était en dépression ou s’il était malade, mais je n’ai jamais entendu parler de problèmes particuliers de sa part ou de sa famille», explique Johannes Rossbach, 23 ans.

Perquisitions

Les enquêteurs allemands perquisitionnaient ce soir dans l’ouest de l’Allemagne les deux domiciles du copilote de l’avion de Germanwings, Andreas Lubitz.

«Les perquisitions concernent aussi bien l’appartement du copilote à Düsseldorf que son logement à Montabaur"» où il vivait une partie du temps chez ses parents, a indiqué à l’AFP le procureur Ralf Herrenbrück, précisant un communiqué de ses services évoquant «plusieurs perquisitions» dans le pays.

Apte au pilotage

Selon la direction de Lufthansa, maison mère de Germanwings, Andreas Lubitz avait intégré en 2008 la formation de pilote dispensée par le groupe aérien allemand à Brême (nord-ouest) et en était sorti diplômé en 2012, avant d’être embauché en septembre 2013 par Germanwings.

Quand il n’était pas à Montabaur, il résidait dans son deuxième domicile à Düsseldorf (ouest), base importante pour cette compagnie aérienne et destination du vol en provenance de Barcelone dans lequel il a péri mardi, avec 5 autres membres d’équipages et 144 passagers.

Andreas Lubitz comptait 630 heures de vol, selon Germanwings, et avait décroché en 2013 la certification de la prestigieuse Agence fédérale américaine de l’aviation civile (FAA), d’après le site spécialisé Aviation business gazette.

Selon Lufthansa, Andreas Lubitz avait subi les tests psychologiques prévus par sa formation et avait interrompu son cursus «pendant quelques mois». Interrogée sur un éventuel congé médical, la direction du groupe a répondu qu’elle ne pouvait en communiquer la raison.

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«Il était à 100 % apte au pilotage, ses performances étaient irréprochables, sans qu’on ne relève d’anomalies», a insisté Carsten Spohr, le patron de Lufthansa, précisant n’avoir «pas le moindre indice sur ce qui a pu pousser le copilote à commettre cet acte horrible».

Le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière, a de son côté assuré qu’il n’y avait «pas d’indice d’un contexte terroriste» chez ce jeune homme, après des recherches «dans les fichiers des systèmes de renseignement et systèmes d’information de la police».

Dans un communiqué de condoléances diffusé après l’accident, mais avant que les soupçons ne se portent sur Andreas Lubitz, l’aéroclub local décrivait une passion pour le vol remontant à ses premières expériences en planeur.

En devenant pilote professionnel, «il pouvait accomplir son rêve, un rêve qu’il a payé si cher - de sa vie», écrivait le LSC Westerwald sur son site avant que les raisons de l’accident ne soient éclaircies. Le site était inaccessible depuis les révélations faites par les enquêteurs français.

Selon le patron du club, Andreas Lubitz avait commencé à voler «il y a 14 ou 15 ans» et l’année dernière encore, il avait effectué les heures nécessaires pour conserver son brevet de pilote de planeur. «J’ai toujours connu un garçon très gentil, drôle et poli», a confié Klaus Radke.

Motivations inconnues

Il n’y a pas «le moindre indice» sur les raisons qui ont poussé le copilote de l’Airbus A320 à précipiter l’avion contre le sol, a déclaré Carsten Spohr, le patron de la Lufthansa.

«Même dans nos pires cauchemars, nous n’aurions pas pu imaginer qu’une telle tragédie puisse arriver» dans notre entreprise, a confié le patron, la voix étranglée de sanglots, lors d’une conférence de presse à Cologne (ouest de l’Allemagne).

«Nous sommes abasourdis ici à la Lufthansa et chez Germanwings», a souligné le président du directoire.

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«Nous n’avons pas le moindre indice sur ce qui a pu poussé le copilote à commettre cet acte horrible», a souligné M. Spohr, deux heures après que la justice française a révélé que le copilote, Andreas Lubitz, 28 ans, a sans doute provoqué intentionnellement la chute de l’avion qui s’est écrasé mardi dans les Alpes françaises, avec 150 personnes à bord.

«Aucun système au monde ne pourrait empêcher» l’acte du copilote, a-t-il souligné. «Quelles que soient les mesures de sécurité que vous pouvez avoir dans une société, quelle que soit la rigueur des procédures, rien ne pourrait empêcher un tel acte isolé», a-t-il insisté.

Le patron de la Lufthansa, lui même ancien pilote, a longuement insisté sur la formation qu’avait suivie le jeune homme.

Andreas Lubitz, qui avait entamé sa formation en 2008 avant toutefois une interruption «de plusieurs mois» il y a six ans dont il n’a pas donné les raisons, était «à 100% capable de piloter» un avion, a-t-il martelé.

«Ceux qui nous connaissent savent que nous sélectionnons avec beaucoup, beaucoup d’attention» nos pilotes, a-t-il expliqué, ajoutant que la procédure de recrutement des pilotes laissait une large place aux examens psychologiques, en plus des tests sur les capacités techniques et cognitives.

Il a néanmoins ajouté qu’une fois devenus pilotes, ils ne subissaient plus de tests psychologiques mais seulement des examens destinés à tester leurs aptitudes au commandement, s’ils souhaitent devenir commandant de bord.