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États-Unis et Cuba réunis mardi à Washington, pour parler des droits de l’homme

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Les Etats-Unis et Cuba tiendront mardi prochain à Washington des pourparlers portant spécifiquement sur le thème des droits de l’homme dans le cadre de leur rapprochement historique, a annoncé jeudi la diplomatie cubaine.

Proposé par Cuba et accepté par les Etats-Unis, ce «dialogue bilatéral sur les droits de l’homme (...) démontre la disposition de Cuba à aborder n’importe quel thème en dépit de nos différences», a annoncé à la presse Luis Pedroso, directeur adjoint du ministère cubain des Affaires étrangères.

«Cuba souhaite que ce dialogue se déroule dans une ambiance constructive, sur des bases réciproques, sans contraintes ni traitements discriminatoires et dans le respect de la volonté souveraine, de l’indépendance et de la non-ingérence dans les affaires internes des pays», a ajouté M. Pedroso.

Dans la foulée de l’annonce le 17 décembre du dégel entre Cuba et les Etats-Unis après 53 ans d’affrontement, gouvernements cubain et américain ont tenu deux sessions de pourparlers, en janvier à La Havane et en février à Washington, en vue du rétablissement de leurs relations diplomatiques.

Lors de ces discussions bilatérales, les droits de l’homme avaient fait l’objet d’échanges empreints de fermeté entre les deux parties.

En janvier, la délégation américaine s’était inquiétée de la situation à Cuba, mentionnant le manque de «liberté d’expression et de réunion». La partie cubaine avait répondu en dénonçant les détentions illégales et tortures de la prison de Guantanamo, la brutalité policière et les inégalités aux États-Unis.

M. Pedroso a d’ailleurs annoncé que mardi prochain, Cuba exposerait de nouveau «les préoccupations» de l’île au sujet des droits de l’homme aux Etats-Unis.

Sur les droits civiques et politiques à Cuba, Washington tente de faire bonne figure face aux critiques d’élus républicains et de certains dissidents qui reprochent à l’administration Obama d’avoir opéré un vitrage politique envers l’île sans obtenir d’engagements de Cuba sur ce terrain.

De son côté, le pays communiste réclame régulièrement le respect de sa souveraineté.

«Nous sommes conscients que nous avons de profondes différences sur le champ des systèmes politiques, de la démocratie, des droits de l’homme et du droit international» mais Cuba veut «que les deux pays puissent interagir civilement», a expliqué M. Pedroso.

Le président américain Barack Obama souhaite la réouverture d’ambassades dans les deux capitales avant le Sommet des Amériques, prévu à Panama les 10 et 11 avril.

Mais les nouvelles sanctions récemment annoncées par Washington contre le Venezuela et les propos de Barack Obama qualifiant la situation dans ce pays allié de Cuba de «menace (...) contre la sécurité» des Etats-Unis pourraient contrarier ce projet.

Avec d’autres pays latino-américains de gauche, Cuba est vent debout contre ces déclarations.

Autre obstacle à l’ouverture rapide d’ambassades, l’île a posé comme préalable son retrait de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme, un processus qui pour Washington ne doit pas être lié aux négociations.

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