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Quand le cancer ronge le portefeuille

Josianne veut interpeller les élus pour que les malades puissent bénéficier d’un meilleur filet social. « Pourquoi ne pas utiliser une partie de nos rentes de vieillesse?» lance-t-elle en guise de suggestion.
Photo courtoisie, Nathalie Deraspe Josianne veut interpeller les élus pour que les malades puissent bénéficier d’un meilleur filet social. « Pourquoi ne pas utiliser une partie de nos rentes de vieillesse?» lance-t-elle en guise de suggestion.

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SAINT-JÉRÔME | Une mère de famille monoparentale aux prises avec le cancer dénonce le sort financier des victimes de maladies graves.

Certains diront que Josianne Monette n’était pas prévoyante. Cette mère monoparentale originaire de Saint-Donat n’avait pas d’assurances invalidité. Du jour au lendemain, le cancer a frappé cette gestionnaire de projet. À cause d’un gène rare, la maladie risque d’atteindre plusieurs organes. Son fils a 50 % de chance de subir le même destin.

Après une ablation des seins, Josianne attend de se faire enlever l’utérus et les ovaires. «Je n’avais déjà plus de revenus quand j’ai commencé ma chimio », explique-t-elle. « C’est sûr que j’aurais dû prendre des assurances mais en même temps, je finissais mes fins de mois avec ma carte de crédit. »

« J’ai eu des milliers de témoignages de gens dans son cas », confie Marie-Hélène Dubé. Cette survivante de trois cancers a défrayé les manchettes en 2009 après avoir lancé une pétition réclamant une révision des normes de l’assurance-emploi. Cette criminologue de formation a dû hypothéquer sa maison à trois reprises pour s’en sortir. « Ça fait depuis 1971 qu’on donne 15 semaines de chômage aux gens qui tombent malades. On est le seul pays du G8 à part les États-Unis à donner moins d’un an de prestations. Il faut que la loi soit amendée!» Malgré plus de 600 000 signatures d’appui et plusieurs projets de loi, son dossier est toujours au point mort.

Un débat nécessaire

« Les gens sont mal protégés, c’est clair», souligne l’avocat spécialiste en santé Jean-Pierre Ménard. « On a décidé d’assurer certains risques avec la CSST, l’assurance-automobile, l’assurance-hospitalisation. Mais il y a beaucoup de milieux de travail qui n’ont pas d’assurances invalidité. Est-ce qu’on devrait les forcer à en avoir ? C’est un beau débat de société mais je pense que la volonté politique n’y est pas. »