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Renseignements personnels : prétexte pour ne pas répondre

Renseignements personnels : prétexte pour ne pas répondre

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La semaine dernière, l’émission La Facture faisait état de citoyens qui ont eu à se démêler durant des années à propos de leur numéro d’assurance sociale.

Pour des raisons demeurées à ce jour  inconnues, ils se sont fait dire par des préposés de différents ministères qu’il leur fallait « changer » leur numéro d’assurance sociale. 

La confusion s’est accentuée lorsqu’un citoyen a reçu des correspondances qui étaient relatives à la situation d’un autre citoyen  ayant le même nom, vivant dans la même région et ayant le même âge.

Un tel imbroglio constitue une faille majeure dans la protection des renseignements personnels.  Un ministère ou un organisme public qui ne parvient pas à associer la bonne personne avec le bon numéro d’assurance social est à risque de transmettre des renseignements personnels d’un citoyen à une autre personne. 

C’est une transgression à l’obligation fondamentale d’assurer la protection et la sécurité des renseignements personnels.

Mais lorsqu’on leur demande des explications, les ministères concernés poussent le cynisme jusqu’à répondre qu’ils sont tenus de protéger la confidentialité des renseignements personnels et que par conséquent, ils ne peuvent commenter !

En clair on laisse subsister des pratiques bureaucratiques qui mettent en danger la confidentialité et lorsque vient le temps de s’expliquer, on se cache derrière de vertueux discours sur la protection de la vie privée !

Au-delà du caractère inadmissible de pareille situation,  il est vraiment pathétique d’entendre dans le reportage que deux ministères concernés par l’imbroglio ont refusé de fournir des explications à l’équipe de journalistes au motif qu’ils ont l’obligation de protéger les renseignements personnels et que la loi ne leur permet pas de publiciser des renseignements personnels d’un citoyen !

S’il n’était pas éculé,  un tel propos serait digne d’un gala Juste pour rire !

Il s’agit ici de citoyens qui n’ont eu d’autres choix que d’alerter un média pour que l’on finisse par régler l’imbroglio, les citoyens font justement état de pratiques ou de négligences qui constituent des failles à l’obligation de protéger la confidentialité de leurs renseignements personnels. 

Et lorsque la journaliste demande des explications aux ministères concernés, ils répondent qu’ils ne peuvent commenter car la loi leur interdit de divulguer des renseignements personnels !

Cette réponse, les médias se la font souvent servir.  Elle témoigne des recoins les plus décourageants des réflexes bureaucratiques. 

Elle illustre le caractère souvent symbolique du droit à la protection des renseignements personnels : un droit  souvent utilisé pour camoufler mais qui est trop souvent bafoué là ou cela compte.

Pour certains organismes, le droit à la protection des renseignements personnels est surtout un alibi pour éviter de répondre aux questions embarrassantes.

Peu pressés d'agir afin d'assurer une réelle protection, laissant pourrir des situations très dangereuses pour la vie privée de citoyens, la vie privée n'est apparamment pas le souci majeur dans certains organismes publics.

Ce droit ne semble pas peser lourd lorsqu’ils sont interpellés par des citoyens qui, comme dans le reportage, se débattent pendant des années avec la confusion de numéros d’assurance sociale et surtout de leurs renseignements personnels qui sont transmis à des tiers. 

Mais lorsque des citoyens en sont rendus à devoir appeler les médias à l’aide pour résoudre les verrous bureaucratiques, il devrait être clair pour tout le monde qu’ils ne demandent pas mieux que  les responsables fournissent des explications.

Plutôt que de livrer au public les explications au cafoulllis, on préfère invoquer l’alibi de la protection des renseignements personnels.  Et après on se plaindra que les citoyens sont devenus cyniques ....

Il faut avoir du culot pour invoquer l’obligation de respecter la confidentialité des renseignements personnels alors que la journaliste vient justement les interroger sur ce qui a fait en sorte que pendant des années, des citoyens ont vu complètement ignorée cette obligation de confidentialité.

Souvent on entend dire que les citoyens ont peu confiance en l’appareil gouvernemental.  Ce genre de situation de cauchemar est de celles qui contribuent à ruiner la confiance dans nos institutions.

Au-delà de ce cynisme démontré ici par les ministères concernés, il faut relever le caractère "gadget" de la protection des renseignements personnels: ce n'est pas une vraie priorité... sauf lorsqu'il s'agit de camoufler l'incurie.


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