/news/society
Navigation

Une femme sur cinq agressée

Une femme victime d'agression sexuelle / 10 Février 2011
Photo Agence QMI, Joël Lemay Les femmes montréalaises, non francophones, pauvres et divorcées, ont été particulièrement nombreuses à se dire victimes d’agression sexuelle. Photo

Coup d'oeil sur cet article

Une Québécoise sur cinq affirme avoir été agressée sexuellement dans sa vie, un chiffre sous-estimé selon plusieurs intervenants qui considèrent que trop de gestes déplacés sont encore banalisés.

Une Québécoise sur cinq affirme avoir été agressée sexuellement dans sa vie, un chiffre sous-estimé selon plusieurs intervenants qui considèrent que trop de gestes déplacés sont encore banalisés.

«C’est déjà bien trop, mais ça m’apparaît un peu bas», s’exclame Deborah A. Trent, directrice du Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal.

À la question «avez-vous déjà été agressé sexuellement?», 21 % des femmes et 11 % des hommes interrogés ont répondu oui dans le sondage La Vraie Question TVA-Journal de Montréal effectué par Léger.

«Le chiffre pourrait être encore plus élevé», croit Lorraine Leblanc, une ex-policière aux crimes sexuels de la police de Montréal. Selon des statistiques du ministère de la Sécurité publique datant de 2004, une femme sur trois aurait été victime d’au moins une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans.

Définition

Pour les intervenants interrogés par Le Journal, cet écart s’explique par le fait que trop de gens croient encore que le terme «agression sexuelle» ne s’applique qu’aux viols.

Le sondage étant basé sur l’autoperception, la définition qu’on donne aux agressions sexuelles jouera donc sur la réponse.

Pourtant, la définition officielle des autorités, elle, est claire. «Une agression sexuelle, ça comprend l’ensemble des gestes sexuels inappropriés», incluant par exemple les attouchements sans consentement. «Et ces gestes-là, il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup», déclare Mme Leblanc.

Silence

Mais même après la vague de dénonciation engendrée par le mouvement #AgressionNonDénoncée, le sujet demeure tabou, déplore Catherine Gendreau du collectif Je suis Indestructible, qui publie les témoignages de victimes.

D’ailleurs, 10 % des femmes ont préféré ne pas répondre à la question concernant les agressions sexuelles, remarque M. Léger. «C’est extrêmement important. Ça montre qu’il y a une ambiguïté. Beaucoup de gens ne veulent pas en parler.»


Le sondage a été réalisé sur internet auprès d’un échantillon de 970 Québécoises et Québécois les 23 et 24 mars 2015. Les données ont été pondérées selon le sexe, l’âge, la région et la langue d’usage.


 

 

Brèves

Quelques résultats du sondage

• 21 % des femmesdisent avoir déjà été agressés sexuellement.

• 11 % des hommesdisent avoir déjà été agressés sexuellement.

• 10 % des femmes n’ont pas répondu à la question.

• Environ 50 % des agressions sexuelles auraient eu lieu à la maison.

• 53 % des répondants disent avoir déjà été victimes d’intimidation.

• 50 % des répondants disent avoir déjà été victimes de harcèlement psychologique.

• 26 % des femmesdisent avoir déjà été victimes de harcèlement sexuel

• 8 % des hommesdisent avoir déjà été victimes de harcèlement sexuel

 
 
 
 

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.