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Après les succès, la manne

Geoff Molson
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier À l’inverse de notre gouvernement, Geoff Molson et sa famille continuent d’investir dans la santé et l’éducation.

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Au moment où notre gouvernement sabre dans la santé et l’éducation, la famille Molson et sa brasserie poursuivent leur œuvre philanthropique dans les deux domaines. Voilà que leur générosité va maintenant servir la cause des athlètes et des étudiants de l’Université de Montréal.

La Fondation familiale Molson, qui inclut notamment les frères Geoff et Andrew, copropriétaires du Canadien, et la Brasserie Molson Coors verseront 3,5 millions à l’université durant une période de cinq ans.

De cette somme, deux millions iront au programme de sport d’excellence des Carabins. Un montant de 500 000 $ provenant de la fondation sera remis au Laboratoire de santé et de performance sportive de la Clinique de kinésiologie.

La brasserie versera 600 000 $ à l’Institut québécois pour les familles en affaires, qui sera sous la responsabilité des Hautes études commerciales.

L’Université de Montréal devient par le fait même la première université francophone à bénéficier des bienfaits de la famille Molson et de son entreprise.

Année de rêve

Inutile de dire que ses dirigeants et ses étudiants sont aux oiseaux.

«C’est une année Cendrillon pour nous! a lancé Manon Simard, directrice des programmes sportifs de l’établissement, à l’annonce de la nouvelle, hier.

«On a connu notre meilleure année de performances sportives. Toutes nos équipes ont atteint les niveaux que l’on visait. Il y a toujours une question de chance et d’engagement là-dedans, mais on en est là dans l’évolution de nos programmes.»

L’automne dernier, l’équipe de football est devenue la deuxième université francophone au Québec, après le Rouge et Or de l’Université Laval, à remporter la coupe Vanier. Elle aimerait bien répéter l’exploit cette année sur le terrain de ses grands rivaux de Québec.

En 2013, c’était l’équipe de hockey féminine qui méritait le championnat canadien, quelques années seulement après la mise en place du programme.

Les citoyens de demain

Évidemment, les succès des étudiants-athlètes de l’université ont de quoi réjouir. Mais ce n’est pas ce qui pousse les Molson, ainsi que des gens comme Robert Panet-Raymond (750 000 $) et Guy Fréchette (500 000 $) avant eux, à faire des dons appréciables.

«Ces gens contribuent à la société par leurs valeurs et ils ont endossé les nôtres, mentionne Manon Simard.

«Je pense qu’ils envoient un message à la communauté. Je me plais toujours à dire qu’il y a trois dimensions dans un étudiant. On le forme au niveau scolaire, on le forme au niveau du sport et on le forme au niveau humain. Le sport est un outil qui contribue au développement d’une personne. Notre travail consiste à développer nos citoyens de demain.»

Longue tradition

Geoff Molson, le président du Canadien, jouait lui-même au hockey et au tennis (en double) à l’Université Saint Lawrence, située à Canton, dans l’État de New York.

Défenseur, il a joué avec Éric et Martin Lacroix, fils de l’ancien président et directeur général de l’Avalanche du Colorado (Pierre), Daniel Laperrière, garçon de l’ancien défenseur et entraîneur adjoint du Canadien (Jacques), et Jamie Baker qui a porté les couleurs des Nordiques, des Sénateurs, des Sharks et des Maple Leafs dans la LNH.

Geoff et Andrew Molson ne sont pas les premiers membres de leur famille à apporter leur soutien à des institutions québécoises.

En 2011, leur oncle Stephen Molson a donné un million de dollars au programme de hockey masculin de l’Université McGill.

La famille finance également l’École de gestion John-Molson à l’Université Concordia. Tout récemment, elle a investi dans la construction d’un nouvel aréna et d’un centre sportif à l’Université Bishop’s.

«Nous investissons dans l’éducation et la santé, ça fait partie de notre philosophie, avance modestement Geoff, présent à la conférence de presse d’hier.

«C’est ainsi que l’on voit les choses. Notre ancêtre John Molson, fondateur de la brasserie (en 1786), a construit le premier hôpital Général de Montréal. Il y a toujours un membre de notre famille au sein du conseil d’administration de l’hôpital depuis ce temps.»

En 2019, ça fera 200 ans!


Du basketball bientôt ?

Manon Simard rit de bon coeur quand on lui demande ce qu’elle va faire des deux millions de dollars dont va profiter le programme de sport d’excellence de l’Université de Montréal.

«On a des projets depuis 20 ans et on en a pour les 20 prochaines années! répond-elle avec enthousiasme.

«Il me reste 17 années devant moi. Ensuite, quelqu’un prendra la relève. Mais quand je parle à mes entraîneurs, que je considère comme des PDG, ils n’en ont jamais assez. Ils en veulent toujours plus.»

Grâce à un don de Robert Panet-Raymond, qui a fait partie des équipes de football de la première heure dans les années 1960, les Carabins emménageront dans des locaux tout neufs cette année.

Nouveau vestiaire, nouvelle infirmerie, nouveaux bureaux pour les entraîneurs, nouveau gymnase. Les anciennes installations dataient de la construction du CEPSUM, en 1964.

Agir avec doigté

Mme Simard entend bien utiliser l’argent donné par la Fondation familiale Molson ainsi que les fonds qui proviendront de la brasserie.

«Il faudra user de stratégie pour ne pas mettre en péril les programmes en place», dit-elle.

Si l’université compte une équipe de hockey féminin, rien ne dit qu’elle mettra sur pied une version masculine.

Robert Panet-Raymond indique que la demande est forte pour le basketball, tant masculin que féminin.

«Notre clientèle reflète l’image de Montréal, indique l’entrepreneur à la retraite en faisant référence au visage cosmopolite de la ville.

«Le basketball est populaire chez les jeunes et il est bien possible qu’on suive cette tendance.»

Les patriotes en danger

Pour ce qui est du hockey, bon nombre de joueurs universitaires proviennent de la Ligue junior majeur du Québec. Ils sont donc plus âgés.

L’Université du Québec à Trois-Rivières est la seule université francophone au Québec à avoir un programme de hockey masculin et on le dit en danger.

C’est triste quand on pense aux efforts déployés par ses artisans au fil du temps. Clément Jodoin en a été le pionnier. Il a été suivi de Dany Dubé et d’autres noms connus tels Jacques Laporte et Marc-Étienne Hubert, qui maintient la tradition à bout de bras depuis deux ans.

Y a-t-il quelqu’un prêt à suivre les traces des Molson et des Tanguay pour venir en aide aux Patriotes?