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Brutalité policière ou contrôle de foule?

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En plein affrontement, les policiers armés et casqués poussent les manifestants. Une jeune femme est projetée par un policier dans la foule. Elle se retourne. Un agent s’avance vers elle et lui tire une bourrée de poudre enflammée en plein visage avec son arme.

Cette arme, un Muzzle blast powder Dispersion de 37 mm, ne lance pas de projectiles, mais bien de la poudre irritante. Un porte-parole policier a confirmé que dans les procédures d’utilisation, c’est bien le corps et non la tête qui doit être visé, contrairement à ce qu’on voit sur les images.

Arme utilisée pour le contrôle de foule.
Photo Aurélie Girard, Agence QMI
Arme utilisée pour le contrôle de foule.

Mais ça ne s’arrête pas là. Alors que la jeune femme est blessée, qu’elle se couvre le visage avec ses mains, un autre policier s’avance et l’asperge de poivre de Cayenne.

Voilà ce qu’on voit sur les photos et vidéos de la manifestation étudiante qui a tourné à l’affrontement jeudi soir devant l’Assemblée nationale.

Brutalité policière ou tactique légitime de contrôle de foule? La mère de l’étudiante de 18 ans, Catherine Tremblay, a déjà son idée.

Le Journal a aussi posé la question au directeur des communications de la police de Québec, François Moisan.

Est-ce que les policiers semblent avoir bien agi? Il refuse de commenter les images. Est-ce normal que les policiers tirent sur elle une deuxième fois, avec du poivre? «Je ne peux pas entrer dans ce détail-là.»

François Moisan refuse de commenter les images qui restent à analyser, mais il assure déjà qu’«on a réagi avec les moyens qu’on a et qui sont prévus à cette fin».

Quant au policier qui tire au visage d’une jeune femme, «dans le feu de l’action, il peut y avoir des mouvements du côté des manifestants» qui font en sorte que ce n’est pas possible de viser le corps, souligne-t-il. Dans les images, on voit le policier s’avancer et viser directement le visage, à une distance très rapprochée.

Toutes ces questions seront discutées lors d’un «débriefing» et le policier impliqué sera rencontré, dit M. Moisan.

Il précise qu’il y a «plusieurs étapes dans le contrôle de foule» et qu’à ce moment précis, «on était rendu là». Ce qu’on ne voit pas dans les courts extraits et que M. Moisan explique, c’est que les manifestants «avaient chargé les policiers» et qu’ils étaient passés à un stade «plus agressif». Plusieurs avertissements ont été lancés.

L’utilisation des irritants chimiques est la dernière étape dans la gradation des moyens à la disposition des policiers. Elle suit «l’utilisation active du bâton». Les policiers tirent ainsi «pour éviter le corps à corps et pour disperser les manifestants».

En souricière

Plusieurs participants en déploré que les policiers, bien qu’ils les sommaient de quitter les lieux, avaient bloqué toutes les issues possibles, empêchant les manifestants de s’enfuir. Est-ce que tous les manifestants qui voulaient quitter les lieux ont pu le faire? a-t-on demandé. «Je n’ai pas ce détail-là, affirme M. Moisan, mais ce que je peux assurer, c’est que des avis ont été donnés pour inviter les gens à quitter.»


 

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