/misc
Navigation

Nos auteurs

CA_Patrick-DésyMathieu Turbide

VIN-DREDI! TOUT GLOUGLOU!

VIN-DREDI! TOUT GLOUGLOU!
Patrick Désy

Coup d'oeil sur cet article

Vous souvenez de l’indice de picolabilité? C’est Pierre Jauffret du Château Terre Forte dans le Rhône qui, lors d’une soirée un peu arrosée, m’a appris l’expression : « ce n’est pas juste glouglou et d’étancher la soif, c’est l’impression de picoler sans jamais sans rendre compte tout en entrant en osmose avec le vin ».

Pour moi, plus l’indice est élevé, plus son degré de buvabilité ou de digestibilité est élevé. Autrement dit, c’est le vin qui se laisse boire plus que tout seul; un verre en appelle un autre et un autre, si bien qu’on siffle la bouteille sans même s’en rendre compte.

Au risque de généraliser, ce sont souvent des vins à basse teneur en alcool, mais pas obligatoirement. Je suis tombé sur certaines cuvées de Bruno Duchene, dans le Roussillon ou de Frank Cornellissen dans l’Etna, en Sicile, qui affichaient près de 15 degrés au compteur sans pour autant nuire à leur côté glouglou. C’est surtout l’éclat du fruité et l’équilibre avec l’acidité - afin de donner à l’ensemble de la fraîcheur - qui font la différence. Le vin n’a pas besoin d’être complexe, il faut simplement qu’il se laisse boire avec un plaisir déconcertant.

Je pense aux vins de Lemasson et du Domaine de L’Écu dans la Loire, de Bornard, Ganevat ou Overnoy dans le Jura, à ceux Gramenon ou de Pfifferling dans le Rhône pour ne nommer que ceux-là. Il n’en reste pas moins que la palme du glouglou revient incontestablement aux vins du Beaujolais. Lorsque bien maîtrisé, le gamay peut donner des petites merveilles.

Ça tombe bien puisque j’en ai reçu trois cette semaine à l’indice de picolabilité plutôt élevé. Des vins parfaits pour le printemps qui se cache toujours le bout du nez. Des vins, surtout, dont vous pouvez être certains qu’ils ne contiennent pas d’arsenic!

Buvez moins. Buvez mieux et bon vin-dredi!

 

Georges Descombes Brouilly 2013 (24,80$ - Code SAQ  12494028)

Un producteur phare du Beaujolais. Ses vins, notamment ses Morgon et Fleurie, se classent parmi les plus profonds de l’appellation. On est ici sur un Brouilly qui ne manque pas d’élégance, mais joue la carte de la facilité. C’est frais, croquant, avec un côté féminin, mais l’ensemble demeure souple et facile. Finale un peu dure sur des notes végétales tout en restant glouglou.

14,5/20

 

Château Cambon Beaujolais 2013 (23,45$ - Code SAQ 12454991)

Boum! Ça explose littéralement dans le verre. Beaucoup de fruits, la fraise fraîche, le bleuet, la groseille. C’est gouleyant, souple, énergique et enveloppant, pas compliqué et un peu court en bouche, mais c’est diablement efficace quand vient le temps d’étancher la soif. Servir frais (autour de 14 degrés) avec le saucisson et autre cochonnaille. Du bonheur en bouteille à acheter à la caisse!

15,5/20

 

Jean Foillard Cuvée Corcelette 2011 Morgon (37,50$ - Code SAQ 12201643)

C’est curieusement le 2011 qui vient remplacer l’excellent 2012 qui a fait des ravages sur l’indice de picolabilité l’an dernier (mes impressions ici). Possiblement moins éclatant au niveau du fruité, il reste tout de même impressionnant de pureté. On devine également un côté plus rond, moins aiguisé au niveau de l’acidité que le 2012. Ça reste un vin d’une étonnante envergure et à la personnalité affirmée. Faites des réserves!

16-16,5/20