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La mère d’un enfant autiste menacée de poursuites

La mère d’un enfant autiste menacée de poursuites
Photo Le Journal de Montréal, Marie-Ève Dumont

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La jeune mère d’un enfant autiste très turbulent se sent prise en otage depuis qu’un voisin menace de la poursuivre à cause du bruit qu'il fait.

La jeune mère d’un enfant autiste très turbulent se sent prise en otage depuis qu’un voisin menace de la poursuivre à cause du bruit qu'il fait.

«Je suis stressée, je ne sais pas quoi faire. J’ose à peine marcher dans mon appartement, faire fonctionner la laveuse le soir. J’ai dormi quelques jours sur le sofa pour essayer de ne pas les déranger», raconte Marie-Ève Leroux, mère du petit Raphaël.

La jeune mère de 29 ans vit dans un immeuble à appartements à Laval avec son enfant autiste âgé de 3 ans.

Il aurait aussi un trouble de l’hyporéactivité, c’est-à-dire qu’il ressent très peu la douleur et la fatigue.

Le petit Raphaël est toujours très agité : il ne tient littéralement pas en place.

«Il ne reste jamais assis. Il saute, il grimpe, il court. Il ouvre les ronds de poële, il a déjà jeté ma télé par terre, il a brisé ma table de cuisine», cite-t-elle en exemple.

Incontrôlable

Raphaël n’a pas d’interaction sociale. Il ne parle pas, ne se retourne pas lorsqu’on appelle son nom et ne démontre aucune affection ou intérêt pour les autres.

Il est donc pratiquement impossible pour Mme Leroux de le contrôler.

Un de ses voisins qui aurait emménagé depuis quelque mois a averti à deux reprises Mme Leroux que le bruit les dérangeait.

Cette dernière aurait tenté de leur expliquer que son fils avait un handicap et qu’elle tentait du mieux qu’elle pouvait pour contrôler le bruit, mais rien n’y fait.

Mme Leroux a trouvé une lettre collée sur sa porte la semaine dernière lui indiquant que des procédures légales seraient entreprises contre elle, si elle ne faisait pas taire le vacarme.

«Vous nous dérangez énormément durant la nuit en faisant du bruit. [...] Nous vous demandons s’il-vous-plaît de ne plus le faire sinon nous entreprendrons des poursuites», est-il écrit dans la lettre rédigée en anglais.

Mme Leroux est consciente que son fils est bruyant. Elle a même fait changer les planchers pour les rendre plus insonorisés.

Exténuée

Il fait des crises régulièrement des crises de colère, où il se met à pleurer et à crier, en tapant du pied ou en se roulant par terre.

«Il arrive qu’en plein milieu de la nuit, il fasse des crises, ça peut durer, deux ou trois heures. Je ne peux pas lui mettre du tape sur la bouche ou l’attacher», s’indigne-t-elle.

«Je suis fatiguée, je ne dors plus. J’ai déjà assez de stress comme ça. Il y a des jours où je n’ai même pas le temps de prendre ma douche», mentionne-t-elle.

Mme Leroux jongle tous les jours entre son fils et son travail.

Elle ne peut pratiquement pas sortir de la maison avec lui.

«Je n’ai pas de vie sociale. Je ne peux pas aller au restaurant avec lui, il ne reste pas assis. Je ne peux pas le laisser à une petite gardienne, il ne se couche pas», mentionne-t-elle.

Elle espère qu’en vieillissant et avec l’intervention de spécialiste, il sera plus stable. Mais en attendant, elle espère ne pas être forcée de déménager.

«Je suis là depuis cinq ans, tout près mon travail et de sa garderie. Je ne veux pas le changer de sa routine, ce serait un gros stress pour lui et moi dont je n’ai pas besoin», se désole-t-elle.

Les voisins qui se sont plaints n’étaient pas présents lorsque le Journal est passé pour recueillir leur version des faits.

 


Ce que dit la loi

  • Aucune disposition à la Régie de logement n’est prévu pour les cas comme celui de Mme Leroux.

  • Le locataire a seulement «l’obligation de ne pas troublé la jouissance normale d’un autre locataire».

  • Le locataire est responsable de tous les bruits produits dans son logement peu importe la cause ou la source, que ce soit donc un enfant handicapé ou un souper entre amis, la règle est la même.

  • Le locataire «troublé» peut demander compensation à son propriétaire, et non à l’autre locataire, puisqu’ils ne sont pas liés par une entente contractuelle.

  • Il peut demander une diminution de loyer pour la perte de jouissance de son logement ou encore de demander de résilier le bail.

  • Si le propriétaire n’agit pas, le locataire peut lui envoyer une mise en demeure et ensuite s’adresser à la Régie du logement.

  • Le locataire qui se sent lésé peut aussi entreprendre des procédures au civil contre le locataire indépendamment de la Régie.

 

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