/news/society
Navigation

Pegida blâme «les fous d’Allah» pour sa manifestation annulée

Selon la police de Montréal, un homme aurait été arrêté «de manière préventive», car sa présence et son comportement suggéraient un risque de débordement au sein de la manifestation anti-Pegida. En dehors de ça, aucun incident n’a été à déplorer.
Photo Le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain Selon la police de Montréal, un homme aurait été arrêté «de manière préventive», car sa présence et son comportement suggéraient un risque de débordement au sein de la manifestation anti-Pegida. En dehors de ça, aucun incident n’a été à déplorer.

Coup d'oeil sur cet article

Le groupe Pegida accuse «les fous d’Allah» de l’avoir forcé à annuler hier sa manifestation contre l’islamisation du Québec, prévue dans le Petit Maghreb à Montréal.

«Pegida Québec a dû annuler sa marche pacifique sur le conseil des policiers. Trop de fous d’Allah présents sur place. Nous connaissons tous les fous d’Allah, comment ils peuvent être violents», a écrit le groupe sur sa page Facebook, moins de deux heures après l’annulation de l’événement.

Les sympathisants du «mouvement contre l’islamisation de l’Occident» devaient se réunir hier à 16 h, à l’angle de la rue Bélair et du boulevard Pie-IX.

Mais plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées une demi-heure plus tôt au même endroit pour dénoncer «l’islamophobie» et le «racisme» de ce groupe. «Pas de quartier pour les fachos», «Pegida raciste, fasciste, décâlisse», pouvait-on lire sur les banderoles.

La contre-manifestation a réuni des féministes, des militants d’extrême gauche, des étudiants ou encore des familles. «Il n’y a pas de place pour Pegida au Québec», ont scandé certains.

À peine trois sympathisants de Pegida se sont déplacés à 16 h et sont vite repartis. Le porte-parole de la police de Montréal, l’agent Manuel Couture, a indiqué qu’ils «ont quitté les lieux par eux-mêmes. Il n’y a eu aucune pression ni aucune demande des agents».

Victoire

Les contre-manifestants, eux, ont crié de joie quand un policier a annoncé au porte-voix que la manifestation de Pegida était annulée.

«C’est la preuve que la mobilisation populaire est nécessaire pour vaincre le fascisme», a lancé Ariane Bouchard, l’une des organisatrices du rassemblement.

Boualem Djebbar, un immigré de 55 ans venu d’Algérie avec sa famille il y a plus de 20 ans, a savouré cette victoire.

«Ils n’étaient pas nombreux et ils ont vu tout ce monde dressé contre le racisme», s’est-il réjoui. «Mes enfants sont nés ici, dans une société de respect et de tolérance. Et les gens de Pegida, ils sont là pour créer des problèmes. On dénonce ça, en tant que Québécois», ajoute-t-il.

Selon la police de Montréal, un homme aurait été arrêté «de manière préventive», car sa présence et son comportement suggéraient un risque de débordement au sein de la manifestation anti-Pegida. En dehors de ça, aucun incident n’a été à déplorer.
Photo courtoisie

Pas découragés

Pour fêter la nouvelle, les contre-manifestants ont marché sur la rue Jean-Talon jusqu’à la station de métro Saint-Michel, dans une ambiance festive. Ils ont été rejoints par le cortège étudiant qui avait défilé contre l’austérité un peu plus tôt.

Le porte-parole de Pegida Québec n’a pas répondu aux demandes d’entrevue du Journal.

Mais le groupe ne semble pas découragé puisqu’il a déjà annoncé un nouveau rassemblement pour le samedi 4 avril, au même endroit. «Dans le petit quartier islamiste du Québec, nous allons nous organiser à l’heure de leur prière», indique le groupe sur Facebook.

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.