/news/society
Navigation

Un ex-agent de la SQ doute de l’utilité de chiens policiers

Un manifestant a été mordu par un chien policier lors de la manifestation nocturne de mardi.
Photo d’archives, Jean-François Desgagnés Un manifestant a été mordu par un chien policier lors de la manifestation nocturne de mardi.

Coup d'oeil sur cet article

François Doré, policier à la retraite qui a œuvré à la Sûreté du Québec (SQ) et au sein d’Interpol, doute fortement que les chiens policiers aient leur place dans les manifestations.

«Ça me renverse un peu qu’on considère que l’utilisation de chiens policiers soit normale dans un contexte de contrôle de foule», affirme-t-il.

La question se pose depuis qu’un manifestant – l’homme qui incarnait la Banane rebelle au printemps 2012 – a été mordu à l’avant-bras par un chien policier du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) lors de la manifestation nocturne de mardi près de l’Assemblée nationale.

Selon le SPVQ, la bête a mordu «par mesure de protection» alors que l’homme «fonçait vers un policier» tout près, qui interpellait un autre manifestant. Une version qu’a démentie le principal intéressé, qui dit n’avoir jamais représenté une menace.

«J’ai un peu de difficulté qu’en 2015, on se serve de chiens dans le cadre de contrôle de foule. Je questionne la méthode», indique-t-il, disant ne pas se souvenir avoir déjà noté la présence de maîtres-chiens lors de ce type d’interventions.

«Je n’achète pas ça, on parle d’une bête, qui agit par instinct et par dressage, pas par intelligence. Il y a tellement de moyens alternatifs avant d’en arriver à un chien policier. Il me semble que c’est trop. Je me pose la question: pourquoi y avoir recours?»

Un « outil supplémentaire »

À la police de Québec, on soutient que la présence de maîtres-chiens fait partie «des outils supplémentaires» dont dispose le service, selon les circonstances et le type de manifestation qui s’annonce.

Alfredo Munoz, ancien policier à l’antiémeute du Service de police de la Ville de Montréal, explique que le chien policier a un grand pouvoir dissuasif.

«Il est quasiment comme un robot, il va tout le temps réagir de la même façon, indique-t-il. C’est soit le maître qui va mal le gérer ou le programmer, ou la personne qui s’approche trop. Dans une situation où tout le monde est stressé et crie, le chien n’a qu’une bouche pour agir, il n’a pas de bras ni de jambes. Tout ce qu’il peut faire [s’il y a une menace directe], c’est mordre», souligne M. Munoz, qui convient que les chiens policiers peuvent être difficiles à contrôler dans un tel contexte.