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Une première manif sans bavure

Naomie Tremblay-Trudeau ouvre la marche aux centaines de militants qui ont défilé dans le calme

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Naomie Tremblay-Trudeau, blessée jeudi par un policier, a mené la manifestation légale contre l’austérité et la brutalité policière, appuyée par des centaines de militants.

Familles, personnes âgées et étudiants se sont réunis devant l’Assemblée nationale pour manifester leur mécontentement face aux agissements des forces de l’ordre lors des récentes manifestations dans la capitale nationale. Au son des slogans et des fanfares, les participants avaient donné l’itinéraire de la manifestation aux policiers. Les autorités sont restées discrètes durant l’événement.

«Ça me touche, la réaction des gens. Une manifestation comme aujourd’hui, c’est la sécurité. Mais je tiens à mon point. Cette règle-là (manifestations illégales) ne devrait pas exister. Si donner l’itinéraire permet d’amener plus de personnes aux manifestations, c’est bien. C’est plaisant de voir l’aspect familial aujourd’hui», a mentionné celle qui a été l’élément déclencheur de cette marche, Naomie Tremblay-Trudeau, qui a reçu une grenade de poudre irritante en plein visage jeudi à Québec.

D’ailleurs, la jeune fille de 18 ans se trouvait en première ligne de la manifestation.

Elle s’est dite touchée par la présence d’autant de personnes devant le Parlement.

La manifestation s’est terminée sans débordement au même endroit où elle avait commencé, à l’Assemblée nationale. Les organisateurs se sont dits satisfaits de la réponse et croient que le message contre l’austérité commence à passer. De son côté, le SPVQ était heureux de la collaboration des manifestants.

Légalité importante

D’ailleurs, dans la foule, il y avait des dizaines de familles venues marcher avec leurs enfants et plusieurs bambins se trouvaient aussi à l’intérieur du groupe.

«Comme l’itinéraire est donné, ça nous permet de participer. Dans les autres manifestations, on est un peu bloqués», ont expliqué les parents de la petite Teïla de trois mois, Milène et Gwenn. «S’il y avait des risques pour elle, non, on ne serait pas là.» Cependant, disent-ils, sans le bébé, ils assisteraient aux manifestations illégales.

«Donner l’itinéraire, c’est un non-sens. La manifestation, c’est un droit», a indiqué la mère.

Avertissement

À la toute fin, plusieurs étudiants ont pris la parole et ils ont averti le gouvernement que des manifestations illégales pourraient avoir lieu dans un futur proche.

«Aujourd’hui, on est venu chercher l’appui populaire. Mais si le gouvernement continue avec son projet d’austérité, la pression va continuer de monter et du dérangement, il va y en avoir. Des manifs sans trajets, il va y en avoir, des occupations et des blocages, il va y en avoir», a crié Louis, chaleureusement applaudi par la foule.

Brèves

Réseaux sociaux

Une blessure ridiculisée sur Facebook

Une page Facebook intimidant la jeune Naomie Tremblay-Trudeau, qui avait fait 4 000 adeptes, a finalement été retirée. La page riait continuellement de la blessure de la jeune fille ayant reçu un projectile policier en plein visage. Toutefois, en après-midi hier, une nouvelle page portant de mauvaises intentions et souhaitant du malheur aux manifestants est apparue sur Facebook. Par ailleurs, la jeune étudiante rencontrera son avocat aujourd’hui afin de décider si elle poursuivra le policier qui lui a lancé une grenade à poudre irritante à bout portant en plein visage. Est-ce qu’une plainte sera concrètement déposée en déontologie policière? Le mystère plane toujours.

Politique

Catherine Dorion en réflexion

Présente à la manifestation avec sa petite famille, l’ancienne militante pour le parti Option national et qui avait séduit une bonne partie des réseaux sociaux en 2012 avec ses vidéos sur l’avenir du Québec a pris un recul politique. «Je ne sais pas pour qui je vais voter aux prochaines élections», a-t-elle avoué, s’étant complètement éloignées du parti. «Il y a beaucoup de choses qui changent. Dimanche, elle est descendue dans la rue, car l’austérité des politiques gouvernementales la préoccupe. «Il faut se battre contre des choix économiques qui ne fonctionnent pas. Demandez aux économistes du FMI, aux économistes de la banque mondiale et des prix Nobel d’économie qui disent que l’austérité, ça sert juste les élites et creuser le fossé. C’est scientifique et il ne faut pas perdre de vue ça».

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