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Vite, un directeur parlementaire du budget !

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Le gouvernement a déposé son budget et une fois de plus il faut constater qu’il est grand temps que le Québec se dote d’un directeur parlementaire du budget.

Le dépôt d’un budget devrait être l’occasion de débattre des grands enjeux auxquels nous faisons face, plutôt que d’être une opération de relation publique.

Pour débattre des choix de société que fait un gouvernement, il faut connaître la véritable situation des finances publiques, avoir en mains les vrais chiffres afin de discuter des «vraies affaires».

Les contribuables doivent savoir à quelle hauteur se situent la dette brute et la dette nette par rapport au Produit intérieur brut (PIB) afin d’être en mesure de comparer leur situation à celles des contribuables des autres provinces et des autres pays. Les contribuables doivent également savoir si des mesures proposées ont déjà été essayées dans le passé et quels furent les résultats. Ainsi, la réduction du nombre de Commissions scolaires n’étant pas une nouvelle mesure, il serait intéressant de savoir si cela a réduit les dépenses de l’État.

Des rapports périodiques

Il est plus que probable que si les mesures d’austérité n’apportent pas les résultats escomptés l’an prochain, le gouvernement en attribuera les causes à des facteurs autres que sa décision de procéder à d’aussi importantes coupes ou encore à expliquer que les bienfaits ne seront connus que dans quelques années. On comprendra que par la suite, s’il y a échec, le gouvernement n’en reparlera plus et que les chances sont grandes que la population ait oublié.

C’est ainsi que le débat social se déplace de sujet en sujet sans jamais aller au fond des choses. C’est ainsi que les partis politiques et les groupes de pression ressortent leur cassette et entament les mêmes refrains d’année en année sans véritablement faire avancer le débat.

De là, l’importance d’un directeur parlementaire du budget (DPB) qui pourrait de façon indépendante tracer un portrait objectif de l’état des finances publiques.

Le DPB pourrait périodiquement produire des rapports, particulièrement avant le dépôt des budgets et avant le déclenchement des élections.

Manipuler les chiffres c’est augmenter le cynisme

Les ministres peuvent bien croire qu’ils «marquent des points» en utilisant les chiffres de façon créative tentant ainsi d’avoir le meilleur sur leurs adversaires, mais ils oublient alors l’essentiel, c’est-à-dire de gérer les finances publiques en toute transparence afin que les contribuables soient partie prenante des efforts nécessaires qu’on exige d’eux.

L’exemple de la Suède

La Suède, ainsi que d’autres pays, produit des rapports réguliers sur l’écart fiscal, c’est-à-dire l’écart entre les impôts à payer et ceux qui sont effectivement perçus. Cela permet une meilleure concertation entre les différents acteurs économiques et sociaux.

On voit, dans les pays scandinaves surtout, des groupes qui ont certes des intérêts différents, voire divergents, se donner des objectifs communs. Cela est possible parce que tous peuvent débattre à partir des mêmes données. Plutôt que de s’embourber dans des débats d’étiquette, il est alors possible de considérer les propositions à leur valeur propre, peu importe d’où elles proviennent.

 

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