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Un sale temps...

L'inoubliable trio

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Il y a quelque chose de profondément déplaisant dans le texte de Réjean Parent nous annonçant son départ pour l’Italie. Bien sûr, tout le monde a le droit de voyager, de prendre des vacances.

L’an dernier, M. Parent est allé en Afrique, cette année, il file en Europe; sa joie de vivre carbure aux Air Miles.

Mais il n’est pas le gars du coin qui, tout content de partir, ne peut s’empêcher de le dire à tout le monde. À sa place, j'aurais filé en douce, pas en triomphant comme Mme Bonheur, la marquise des congés de maladie...

Réjean Parent, il n’y a pas si longtemps, était le président de la Centrale des syndicats du Québec. Et certains diront qu’il est partiellement responsable de la triste situation dans laquelle se trouve le Québec. C’est l’un des récents architectes de ce que certains appellent le modèle québécois.

Un modèle qui décourage plus qu'il n'inspire: des infrastructures en perdititon, après 30 ans de négligence, un système d’éducation qui entretient la médiocrité et l’inculture, un système de santé encourageant l'apartheid professionnel, sans parler de notre légendaire et nombreuse bureaucratie, réputée pour sa passive et efficace résistance au changement.

«INEPTIES»

M.Parent invoque un «environnement politique exécrable» et dit comprendre ceux qui n’avalent pas les «inepties» du gouvernement dans sa lutte au déficit. On lui dit merci, quand même...

Assez impoliment, il signale la «face de pharisien» du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

C’est son droit, me direz-vous. Mais il n'est plus un étudiant qui n'a rien d'autre à la bouche que des insultes... 

C’est, à mon humble avis, indigne de ce Réjean Parent fut lui-même dans le grand cirque politico-syndical qui caractérise si malheureusement le Québec. Il quitte ça aussi, bien qu'il semble l'oublier...

Il déplore l'état actuel des choses? N'y a-t-il pas un peu contribué? N'y contribue-t-il pas encore, à coup de sophismes et de liens douteux avec Harper et le Tea Party...

Il s'épanche en passant sur l'avenir dont les étudiants voudraient parler. Mais encore faudrait-il qu'ils sachent ce qu'ils veulent...

LA MAIN SYNDICALE

On voit plutôt qu'on les a poussés à l'avant-scène, comme des mauvais acteurs qui ne possèdent pas leur texte...

- «Tiens, prends ta pancarte, et oublie pas de crier contre l'austérité»...

Les Québécois ne sont pas dupes. Ils savent bien que les étudiants n’ont pas de cause, qu’ils sont les mieux traités en Amérique. On devine la main invisible des syndicats derrière ces manifestations trop bien orchestrées.

Regardez bien : ils se mettent en rang et scandent pour marquer le pas : on avance, on recule pas, on avance, on recule pas. C’est tellement bien fait que l’apprentissage est manifeste. Qui donc donne ce genre de formation? La CSQ, la FTQ ou la CSN? Ou les soustraitants de la Ligue libertaire anarchiste?

Réjean Parent part en Italie en laissant ses anciens collègues de l’aristocratie syndicale disperser leurs effets de bouche sur les plateaux de télé. La population, mal informée, finira par les croire...

Applaudissent en coulisses, les péquistes et les solidaires, incapables de voir plus loin que le bout de leur petit nez partisan, à quel point toute cette pagaille heurte le Québec.

L’égalité,dites-vous? L'égalité n’existe pas. C’est contre nature. Nous ne venons pas au monde égaux, nous ne sommes pas égaux, et ne le serons jamais. Ce précepte rose bonbon, les étudiants l’ont avalé avec docilité; le pseudo partage de la richesse, c’est le Kool-Aid en vogue à l’UQÀM. Et ailleurs. Ça compense pour l'absence de véritable élan national. Le pays? La patrie? Une farce monumentale...

Plusieurs d’entre nous voudraient bien foutre le camp, comme Réjean Parent. Pour ne pas voir la chute définitive du Québec qui tombe.

Mais voilà, sauf devant la mort, nous ne sommes pas égaux, ni devant l’État ni devant le fisc; nous ne pouvons pas suivre Réjean Parent à travers le monde.

Mais l’inégalité devient tellement visible que ça ne finira pas comme l’avaient prévu Réjean Parent et ses semblables syndicaux.

Borduas, le poète, l’a prédit dans son Refus Global: à coups de conventions collectives, ils incarneront l'excès imposé à la majorité, leur corporatisme crasse trahit déjà leurs propres idéaux. Peu importe le sort de la nation...

Bon voyage anyway, M. Parent. Vous verrez, la lasagne est bonne là-bas... Ici, il fera un sale temps, ça, c'est sûr.


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