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Dans la bonne humeur

Zachary, âgé de 11 ans, a pu faire un tour dans la Lamborghini d’Adonis Stevenson, hier. « L’un des plus beaux jours de ma vie », a dit le jeune homme en sortant de la voiture.
photo courtoisie Zachary, âgé de 11 ans, a pu faire un tour dans la Lamborghini d’Adonis Stevenson, hier. « L’un des plus beaux jours de ma vie », a dit le jeune homme en sortant de la voiture.

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Il y a trois semaines, Jean Pascal et Sergey Kovalev avaient failli se battre avant même la fin du face à face, lors de la conférence de presse au Centre Bell. La palette de la casquette de Kovalev avait frôlé le nez de Pascal, il avait eu un geste pour faire ­sauter la casquette et on avait assisté à une foire d’empoigne calmée par Jean Bédard et ­Kathy Duva.

Il y a un peu plus d’un an, au même Château Bonne-Entente, dans la même salle Garneau, Adonis Stevenson et Tony Bellew avaient failli en venir aux coups. Stevenson et son entourage s’étaient lancés à la poursuite de ­Bellew, qui avait été franchement ­baveux et arrogant au micro.

Aujourd'hui, tout le monde s’est fait des ­mamours. Artur Beterbiev a parlé en russe et Gabriel Campillo s’est exprimé en espagnol. On s’est rendu hommage et on s’est montré respectueux.

Sakio Bika et Adonis Stevenson n’ont pas cessé de sourire pendant leur face à face. Même qu’ils se sont donné une chaleureuse accolade. Toutes les entrevues se sont déroulées dans une bonne humeur du temps des Fêtes.

BIKA EST UN BANTOU

J’ai fait quatre longs séjours au ­Burkina Faso et dans sa capitale ­Ouagadougou. Je suis passionné par l’Afrique. Aujourd'hui, je suis donc allé retrouver Bika qui a quitté le Cameroun en 2000. Il parle encore très bien le français même s’il vit maintenant en Australie. Mais tout en lui rappelle l’Africain de l’Ouest. Le sourire, la dégaine relaxe, la bonne humeur. Je lui ai demandé s’il était Mossi, la nation guerrière de l’Afrique: «Je suis un Bantou», a-t-il répondu.

Les peuples bantous qu’on retrouve dans quelques pays d’Afrique comme le Cameroun jusqu’au nord de l’Afrique du Sud partagent une langue commune qui a donné naissance à des langues régionales. Comme le latin a donné le français, l’espagnol, le portugais, l’italien et le roumain. C’est pour ça qu’on peut lire les journaux roumains même si on ne parle pas la langue.

«Aujourd’hui, c’est la bonne humeur. Ce sont les mots. Samedi, ce sera professionnel, ce seront les poings. Je n’ai rien contre Adonis et il n’a rien contre moi. Nous faisons notre métier», a-t-il dit.

Bika est un boxeur dur et salaud. On le sait dans le camp Stevenson. La bonne humeur est trompeuse. Dans le fond, on aime mieux quand ça se bagarre presque pendant les conférences de presse.

Ça prépare l’esprit à la guerre...

PANNE D’ESSENCE POUR ADONIS

Adonis Stevenson aime les belles voitures. À Québec, il se promène en Lamborghini. La sienne est orange. Mais aujourd'hui, comme c’était le temps d’installer des pneus d’été, on lui a prêté une magnifique propulsion vert pomme. La voiture est immanquable dans le stationnement de ­l’hôtel.

Heureusement d’ailleurs. Quand il a quitté le garage, Stevenson n’a jamais vérifié la jauge à essence: «Je n’y ai jamais pensé. Je n’ai pas vérifié. J’ai eu la mauvaise surprise de tomber en panne après avoir roulé quelques kilomètres. Heureusement, le garage est venu me verser quelques litres dans le réservoir pour repartir», a raconté Stevenson.

Autre chose qu’Adonis n’avait pas vérifié. On avait oublié de lui installer une plaque d’immatriculation.

Aujourd'hui, tout était correct. Zachary, 11 ans, était fasciné par la magnifique voiture. Stevenson s’est aperçu de ­l’intérêt de l’enfant.

– Ça te tente de l’essayer?

Le jeune n’a pas osé répondre. ­Adonis a ouvert la portière et a fait monter Zach sur le siège du passager. Ils sont partis une dizaine de minutes.

Quand le garçon est revenu, les yeux brillants, il a juste dit que c’était un des plus beaux jours de sa vie.

Ça fait partie de la vie d’un ­champion...

PAS DE FOREMAN... SNIF !

Je suis vraiment déçu. Le communiqué de presse de CBS était déjà écrit, Big George Foreman s’en venait à Québec. Le communiqué m’avait été envoyé sous embargo. J’avais une cinquantaine de questions de lecteurs, j’étais prêt.

Aujourd'hui, à 10 heures, Yvon Michel a reçu l’appel. Foreman, qui devait être à Québec pour sa première expérience avec CBS, n’avait pu se libérer de deux autres engagements, dont un en Californie.

Foreman va participer à l’émission de samedi consacrée au combat de championnat du monde disputé à ­Québec, mais il va faire ses commentaires en duplex de quelque part aux États-Unis.

Parmi les questions suggérées par des lecteurs, il y en a une tellement simple que je me demande pourquoi on ne l’a jamais posée à Foreman:

«Pourquoi, George, n’a-t-on jamais parlé d’un combat revanche contre Muhammad Ali?»

La réponse en deux mots: Jimmy ­Ellis. Désabusé et déprimé, George ­Foreman avait perdu son combat suivant contre Jimmy Ellis. Il a préféré prendre sa retraite à 25 ans.

Ramsay ? POISSON D’AVRIL !

Aujourd'hui, j’ai commis une erreur. Ou plutôt un lapsus. J’aurais pu vous faire accroire aujourd’hui que c’était un poisson d’avril, que j’avais voulu jouer un tour, mais ça n’aurait pas été vrai.

J’ai écrit qu’Adonis Stevenson allait monter dans le ring avec son entraîneur Marc Ramsay. La plume m’a fourché. L’entraîneur de Stevenson est Sugar Hill, un ancien policier de Detroit.

Un homme sympathique, toujours souriant, qui a vu dans les rues et ruelles de Detroit des choses qui font passer 19-2 pour une série à l’eau de rose.

Mais Marc Ramsay est à Québec avec Artur Beterbiev. Il m’a donné des nouvelles de Jean Pascal, à qui il a parlé quelques fois depuis sa défaite contre Sergey Kovalev.

Selon lui, il est certain que Pascal est profondément déçu par la tournure des événements, mais il se remet du choc tant physique que psychologique.

Après sa défaite serrée contre ­Bernard Hopkins, Pascal avait passé quelques mois à dériver pas mal fort avant de retrouver le chemin de ­l’entraînement.

Cette fois, ça devrait se tasser plus vite: «C’est Jean le patron. Il y a des ­leçons à tirer de cette défaite contre ­Kovalev. C’est lui qui va décider comment on va s’y prendre pour apporter les correctifs qui s’imposent. Et décider quels correctifs il faut choisir», a noté Ramsay.