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L'État et la croissance

L'État et la croissance
Photo Simon Clark

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Il y a quelques jours, je suis tombé sur ce vidéo ridicule produit par la Centrale des Syndicats du Québec (CSQ). Pourquoi dis-je ridicule? Parce que dans cette vidéo, il est affirmé que lorsque l'État obtient des revenus qu'il dépense ou qu'il dépense tout simplement, il génère de l'activité économique. Soyons honnêtes, la CSQ a utilisé un item théorique de la science économique pour faire un argument théorique - celui du "multiplicateur" keynésien. Il s'agit d'un concept selon lequel les dépenses publiques génère davantage d'activité (un dollar de dépense se multiplie). Personellement, je suis très sceptique du multiplicateur et j'ai tendance à croire qu'il est à zéro (voir négatif). Cependant, le débat fait toujours rage parmi les économistes sur ce sujet. Toutefois, tous les économistes s'entendent pour dire qu'à long terme, le multiplicateur est de zéro voir négatif. L'ensemble du débat entre économistes consiste à savoir si le multiplicateur à court-terme est positif et important (c'est-à-dire que la politique fiscale peut "relancer" l'économie). La manière dont la CSQ a présenté la chose est malhonnête puisqu'elle le présente sur le long-terme et le Québec n'est plus en récession présentement (ce qui exclut clairement la possibilité qu'un massif programme de dépenses publiques peut relancer la croissance. 

Mais admettons, à des fins heuristiques que la CSQ avait simplement été victime d'une erreur de communication, il faut qu'elle croit dur comme fer à plusieurs conditions implausibles! La première condition qui doit être vraie pour ce point, c'est qu'il doit y avoir des faillites de marché importantes qui rendent impossible l'allocation efficace des richesses. La seconde condition veut que si la première est satisfaite, il faut que l'État soit capable de solutionner ces problèmes (les "market failures" existent, mais les "government failures" aussi). La troisième, c'est qu'il n y a aucun coût à la redistribution des richesses.  La quatrième veut que le gouvernement effectue des choix qui crée de la richesse (et de la valeur aux yeux des individus). Il s'agit de quatre conditions très fortes qui sont difficilement présentes et il faut se lever tôt pour les défendre sérieusement sans résoudre à des clichés. Afin de mieux comprendre pourquoi la CSQ échoue à cet égard, l'économiste Lawrence White de l'Université George Mason en Virginie est une référence utile. 

Robert Barro (2009) has put the point sharply, much in the spirit of the Austrianinfluenced William H. Hutt (1939). The Keynesian model that underlies positive “multiplier” estimates for government spending in a recession, he writes, “implicitly assumes that the government is better than the private market at marshaling idle resources to produce useful stuff. Unemployed labor and capital can be utilized at essentially zero social cost, but the private market is somehow unable to figure any of this out.” Thus a government that borrows money to directly employ workers and machines in public works projects does not do so at zero cost. It interrupts their search processes for the sake of temporary employment.What they produce in ad hoc publicworks projects is unlikely to be more valuable than the workers’ and machine-owners’ efforts at finding a good employment match, unless (implausibly) the government is better at entrepreneurship than agents whose individual fortunes depend on it. Even in a recession it is no less true that government use of labor and capital sacrifices private use. (...) To sum up: Because resources are not superabundant even in a subpar economy, restraining the government’s fiscal deficit even in a subpar economy is a good idea (...)  Restraint is especially important for a highly indebted government that faces a non-flat market demand curve for its additional debt. Sizable additional borrowing will appreciably drive up its default-risk premium and hence the government’s average borrowing cost per dollar of rolling over existing debt, so that the full marginal cost of additional borrowing is higher than just the pre-borrowing interest rate. It follows that the most beneficial policy response to a recession, as Gregory et al. (1932) wrote, is not borrowing to finance public works, but abolishing restrictions on trade, capital mobility, and labor mobility, and letting the entrepreneurial market process operate. Of course, this is beneficial policy at any time. 


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