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Ovechkin: la passion des grands

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Photo AFP Alex Ovechkin garde constamment les défenseurs adverses sur les talons.

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Il n’y a qu’une façon pour ­décrire Alexander Ovechkin. «Ce gars-là est un bulldozer, lance Michael Bossy, l’un des plus prolifiques marqueurs de l’histoire du hockey. Il patine, il fonce, il lance, il frappe, bref, c’est un pur marqueur, mais ­surtout c’est un joueur ­dynamique.»

Bossy, auteur de neuf saisons consécutives de 50 buts et plus, était de passage à l’émission Destination Coupe Stanley sur les ondes de TVA sports, mercredi. Il a eu l’occasion de jaser pendant quelques minutes avec le capitaine des Capitals de Washington.

«Tu sais, me dit-il après l’entrevue, ces gars-là sont animés d’une passion qu’on ne peut décrire. Ils n’ont qu’une idée en tête: marquer des buts à ­chacune de leur présence sur la ­patinoire.»

Et la liste de l’ex-joueur des ­Islanders de New York ne se limite pas uniquement à Ovechkin.

«Quand tu observes Steven Stamkos, c’est la même chose. Il lance avec une telle force, il patine à toute vitesse et son objectif, c’est de tirer au but. Il y a un autre joueur qui m’impressionne et qui appartient à cette catégorie à

mon avis, c’est Max Pacioretty, du ­Canadien. Tu as vu sa fiche à égalité numérique? Ce gars-là est l’un des meilleurs de la ligue, il domine également pour les plus et les moins sans oublier qu’il est celui qui a le plus de tirs au but après Ovechkin.»

Le hockey a changé

Dans une ligue où l’attaque a été ­surpassée par la défense et par des gardiens au gabarit imposant, peut-on trouver un point de comparaison entre les 50 buts de Ovechkin dans un monde où marquer un but tire de l’exploit et l’époque de Bossy ou encore de Guy Lafleur, ou l’époque de Wayne Gretzky, de Mario Lemieux, de Brett Hull?

On ne visait pas 50 buts il y a 20 et 30 ans. On n’avait pas de limite. Je me souviens de la première saison de 50 buts de l’unique Guy Lafleur. La saison suivante, il m’avait dit comme ça, «cette année, mon objectif est de 60 buts».

Aujourd’hui, on ne tient plus un tel langage. On s’emballe quand un joueur franchit le plateau des 35 buts.

Le hockey a bien changé.

Mais peut-on faire des comparaisons? Combien de buts aurait marqués Ovechkin à l’époque de Bossy, à l’époque de Lafleur, à l’époque de ­Lemieux et de Gretzky?

«On ne le saura jamais, répond Bossy. De toute façon, on ne peut pas comparer des époques. On n’a pas à s’interroger à savoir si le grand Jean Béliveau aurait connu autant de ­succès dans le hockey d’aujourd’hui.»

Plus grande parité

Les 50 buts d’Ovechkin dans le hockey d’aujourd’hui pourraient-ils se traduire par 70 buts dans le hockey d’il y a 30 ans, comme le suggérait mon bon ami Jean-Charles Lajoie lors de son émission radiophonique mercredi après-midi.

Peut-être.

Mais je suis d’accord avec Bossy, on ne peut pas comparer les époques.

Des joueurs comme Jean Béliveau, Gordie Howe, Jacques Plante et le «Rocket» Maurice Richard ont écrit l’histoire du hockey. Gretzky, Lemieux, Lafleur, Bossy et compagnie ont ajouté des chapitres à l’histoire de ce sport alors qu’Ovechkin et son groupe s’attaquent maintenant à faire des mises à jour.

«Tu sais, poursuit Bossy, il n’y avait pas de parité dans mon temps. Il y avait un écart considérable entre les défenseurs nos 5 et 6 et les quatre premiers défenseurs des équipes de notre temps. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Et quand ces défenseurs étaient sur la patinoire, on nous demandait de sauter sur la surface de jeu et de ­profiter de la situation.

«On parle beaucoup des gardiens. Mais à la défense de ceux de notre époque, ils n’avaient pas une protection comme ceux d’aujourd’hui. ­Ovechkin est un athlète supérieur dans un hockey différent, voyons-le de cet angle.»

Juste.

Don particulier

Mais ils sont animés de cette même passion, celle de marquer des buts. Celle de tirer à bout portant vers le ­filet. Celle de défier les défenses adverses. Celle d’être les leaders de leur groupe.

«On doit l’admettre, nous avons un don particulier pour marquer des buts. Pour rechercher l’excellence, il faut savoir cultiver ce talent qu’on possède avec des entraînements intensifs. Il faut s’acharner à aller plus loin, tout en reconnaissant le talent de ceux qui participent à nos exploits», conclut Bossy.

Ovechkin n’est pas différent des ­autres marqueurs.

Comme ceux qui l’ont précédé, il parvient toujours à se donner l’espace requis pour dégainer. Il garde constamment les défenseurs adverses sur les talons.

Il est imprévisible. Il peut tirer de tous les angles. A-t-il une stratégie particulière? Connaît-il les forces et les faiblesses de chaque gardien?

«Il n’a qu’une idée et c’est la principale qualité du marqueur. Il vise juste. Connaît-il les forces et les faiblesses des gardiens? Il sait qu’il peut faire mouche à chaque fois qu’il tire à bout portant. Il a le compas dans l’œil...»

Comme l’avait Bossy. Comme l’avait Lafleur. Comme l’avait Brett Hull. Comme l’avait Gretzky. Comme l’avait Lemieux. Comme l’avait le «Rocket».

 

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