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Trudeau, ressuscité

Il faut avoir la mémoire d’un poisson rouge pour ne pas éclater de rire en entendant Justin Trudeau défendre Radio-Canada contre Harper

Trudeau, ressuscité
Photo Reuters

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Avec Pâques qui vient, parlons du messie canadien, celui qui prend nos péchés sur ses épaules, l’agneau sacrificiel: Justin Trudeau.

Comment se fâcher contre Justin? Il faut lui pardonner parce qu’il ne sait pas ce qu’il fait.

Il a beau avoir plus de 40 ans et plusieurs enfants, il a beau être le chef d’un parti politique fédéral qui a une longue histoire (pas toujours nette) derrière lui, Justin me fait toujours penser à un jeune chien fou qui ne sait pas où il va, mais qui déborde de candeur et d’énergie. Même quand il fait des bêtises, il est si mignon!

Normalement, la candeur est un défaut, surtout en politique; mais chez Justin, la candeur atteint un tel niveau qu’elle devient une force. Son «innocence» lui donne carte blanche. Quoi qu’il fasse ou dise, ce ne sera jamais vraiment sa faute.

Harper le responsable

Quel contraste avec Stephen Harper! Solide dans son cynisme, ce dernier a un sens aigu des réalités et une conscience des rapports de force. Il a l’étoffe d’un chef d’État. Même ceux qui le détestent reconnaissent que Harper sait exactement ce qu’il fait, et qu’il l’assume.

Trudeau, lui, ne sera jamais vraiment responsable de ses actes et de ses paroles.

Par exemple, il a le programme du multiculturalisme gravé dans la moelle épinière. Il débite par réflexe les sornettes joviales de cette idéologie. Oui au niqab. Non à l’intégration culturelle des immigrants. Oui aux accommodements les plus déraisonnables. Non à la loi 101. Etc.

Justin dit que ses prédécesseurs n’ont pas été «à l’écoute du Québec» en oubliant que, bien pires que cela, ils l’ont écouté et l’ont fait se taire en sabotant l’accord du lac Meech! Pire: Justin Trudeau était lui-même hostile à la reconnaissance du Québec comme nation. Pire: il a organisé à Montréal un grand rassemblement de ses libéraux fédéraux où tout se passait presque exclusivement en anglais. Pire: il a déjà émis le souhait que le système scolaire francophone acadien soit aboli au Nouveau-Brunswick.

Mais on ne peut pas en vouloir à Justin l’innocent...

Trudeau contre Radio-Canada

Il faut avoir la mémoire d’un poisson rouge ou celle du Québécois moyen pour ne pas éclater de rire en entendant Justin Trudeau défendre Radio-Canada contre le méchant Stephen Harper puisque le premier véritable ennemi de la télévision d’État, qui tempêtait contre elle et qui menaçait de mettre la clef dans la porte, c’était... le père de Justin Trudeau.

Et c’était à l’époque des grands concerts de l’OSM et du télé-théâtre de haut niveau (au lieu des soirées de commérage dominical ou de niaiseries musicales) que Trudeau père accusait la société d’État de «corrompre» le Canada.

Justin Trudeau est le chef du parti politique qui a commencé à taper sur Radio-Canada (ce repaire de méchants nationalistes comme René Lévesque) pour essayer de freiner l’avancement national du Québec, une tâche que Harper ne fait que continuer...

Mais bientôt, nous élirons Justin et, avec la légalisation de la marijuana, tous les péchés du passé disparaîtront. Sur ce, donc: joyeuses Pâques!

Êtes-vous en accord avec le discours actuel de Justin Trudeau ? 

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