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De toute beauté

<b>Pierre Flynn</b>
Photo d'archives Pierre Flynn

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Pierre Flynn occupe une place singulière, dans l’esprit et le cœur, des mélomanes d’ici, particulièrement parmi les plus éclairés, exigeants et pas nécessairement acquis à la scène musicale québécoise.

D’abord par le biais d’Octobre; mouture raffinée et originale de fusion progressive, évoquant pour plusieurs, à la fois des influences de Procol Harum à King Crimson, de Deep Purple à Genesis, très populaires au Québec d’alors, mais aussi du rock de garage psychédélique américain dont Iron Butterfly, Vanilla Fudge (Sirènes) et les Doors pour le caractère poétique, social et une double incarnation Morrison/Manzarek, endossée sans prétention aucune par Pierre Flynn. Exit le Bozo les culottes des années 60, pour l’homme nouveau de la génération lyrique.

Puis une carrière solo, où il peaufine encore son style, reconnaissable entre tous et récolte bien des honneurs dans les années 80-90. Sur La Terre nous convie à des retrouvailles; dès la première chanson intitulée Le Dernier Homme, on songe immédiatement à Octobre, pour marquer la fin de l’ordre ancien.

Le même ton poétique, philosophique, si proche de Rimbaud, dans l’exhortation à la jeunesse de Si Loin Si Proche, à l’élan vital, à la désobéissance, à l’invitation au voyage et à vivre intensément.

Une certaine nostalgie aussi, en évoquant un voyage au Maroc, à New York, Duparquet 1933, ville minière d’Abitibi ou le Parc Lahaie où il voit une jeune fille «qui lui sourit...et moi je rêve une seconde qu’elle enfanterait un nouveau monde». Musicalement, c’est du Flynn à 100 %, claviers et piano avec Mario Légaré à la basse qui marque le temps, à la manière d’antan (Sirènes), mais transcendé par les arrangements orchestraux magnifiques de Philippe Brault et la touche de Jean Louis Cormier qui se love à l’ineffable chez Flynn. Le tirant vers le minimalisme dans la sublime Tout Blanc, Tout Bleu. Le tout travaillé avec Eric Goulet (Capitaine, Ô Capitaine).

L’œuvre et la manière de Flynn n’ont pas pris une ride. Ses So long et Everybody Knows évoquent le Leonard Cohen nouveau. Comme lui et comme le bon vin, le temps les rend encore meilleurs.

Du grand Audiogram et la passion de Michel Bélanger d’y croire encore. D’un bout à l’autre, de toute beauté.

 

Pierre Flynn ★★★★★

<b>Pierre Flynn</b>
Photo courtoisie

Sur La Terre, Audiogram

 


Buena Vista Social Club ★★★★½

<b>Pierre Flynn</b>
Photo courtoisie

Lost and Found, World Circuit

Il y a 20 ans, Ry Cooder enregistrait en sept jours un cd, avec des musiciens cubains populaires dans les années 40 et 50, dans un Cuba pré-révolutionnaire, où la vie de nuit était celle des casinos et boîtes de nuit appartenant ou affiliées à la mafia américaine. Ces styles, dont le mambo, le cha cha cha, la rumba, la guajira, furent populaires à travers le monde et influencèrent en retour le jazz, la musique de films et les musiques urbaines d’Afrique. La sortie du cd déclencha une vague d’engouement international et pour le label la sortie de plusieurs cd de presque chacune des vedettes de l’ensemble. On compile ici 13 enregistrements de chansons ou de versions instrumentales volontairement écartées pour divers motifs expliqués dans le livret et qui rendent l’écoute passionnante. Une page d’histoire bientôt tournée pour de bon. Chaleureusement recommandé.

 


Le Vent du Nord ★★★★½

<b>Pierre Flynn</b>
Photo courtoisie

Têtu, Borealis Records

La musique dite traditionnelle a beaucoup évolué depuis une dizaine d’années. Sans s’éloigner de son authenticité et de ses origines, son son, le jeu, l’instrumentation et les arrangements ont pris du groove (Loup-garou) et du galon technique avec des réalisations impeccables, au mix HD, des contours sonores aussi cristallins que lumineux (Le rosier). LVDN est un des rares groupes québécois, un contingent restreint qui regroupe autant Arcade Fire, les Lost Fingers, Godspeed You Black Emperor, qui tourne surtout à l’international. Avec raison. Ce cd en expose une fois de plus les motifs de brillante manière. Musicalement, une direction et une exécution musicale irréprochables, une sonorité vocale riche et douce comme la soie. LVDN exprime aussi en mots le quotidien d’hier et les enjeux qui s’en sont suivis aujourd’hui. Sur toute la ligne, 53 minutes de pur bonheur. Excellent.

 


Jimi Hendrix ★★★½

<b>Pierre Flynn</b>
Photo courtoisie

You Can’t Use My Name (Curtis Knight And The Knights), Legacy

Le dernier en date des archives Hendrix, sous la supervision de la famille et d’Eddie Kramer, compilant et réactualisant ces enregistrements réalisés en 1965-1966, peu avant qu’il quitte New York pour Londres où sa carrière prendra le tournant du Jimi Hendrix Experience que l’on connaît. La valeur de ces enregistrements a toujours été contestée, d’abord par le premier intéressé. La qualité du mix original et du mastering a été au mieux historiquement médiocre. Eddie Kramer a revu le tout en utilisant les outils et plug-ins actuellement les plus performants. Le résultat ; intéressant pour les seuls inconditionnels, sinon maniaques, particulièrement les guitaristes de talent. Kramer réussit le tour de force de remettre la guitare d’Hendrix à l’avant-plan, son son et certains riffs/solos populaires à l’époque qu’il va transformer. Un cd pour pathologistes.

 

En magasin ou en ligne mardi

Pierre Flynn, Sur La Terre

Brian Wilson, No Peer Pressure

Collectif 13, Collectif 13

Yoan, Yoan

Blues Traveler, Blow Up The Moon

Todd Rundgren, Global

Waters, What’s Real

Royal Thunder, Crooked Doors

Toro Y Moi, What For ?

Lapalux, Lustmore

Marriages, Salome

Lisbonne Télégramme, Miroir D’Automne