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L’Inde : une entrée dans un autre monde

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Pour bien des gens d’ici, l’Inde est symbole de mysticisme et d’exotisme, le tout teinté d’un accent du tiers-monde... Tout ce qu’on en connaît vraiment, ce sont: Gandhi, le cari, le Taj Mahal, les vaches sacrées, les fakirs et autres maharadjahs que Tintin nous a fait découvrir dans notre enfance...

J’en étais pas mal à ce niveau de connaissances (ce qui n’est pas un péché!) avant d’entreprendre mes lectures préparatoires sur le Rajasthan, plus grande province de l’Inde qu’on décrit souvent comme le nord de l’Inde. Et malgré plusieurs lectures qui nous préparent très bien aux lieux physiques à proprement parler, rien ne peut nous préparer à carrément faire une entrée dans un autre monde, où nos habitudes de vie et nos acquis sont ébranlés dans leurs fondations les plus intimes.

L’Inde est une terre de contrastes, d’amalgames et de contradictions de tout acabit. La richesse y côtoie la pauvreté la plus extrême, le grandiose s’oppose au minable, l’extravagance à la simplicité. Tous nos sens sont continuellement sollicités. Débordés d’images fortes, de parfums intenses, bouleversés par des émotions changeantes et abrutis par des klaxons, des klaxons et encore des klaxons! Enlevez le klaxon à un conducteur indien et je suis persuadé que, du coup, il sombrera dans un état dépressif et considérera son corps comme ayant un bras de trop!

Des images fortes? Deux adultes et quatre enfants sur un scooter en pleine heure de pointe. Bien sûr, sécurité oblige, les deux parents ont des casques... pas les enfants! Une dame très bien mise et couverte de bijoux qui s’accroupit en pleine rue pour déposer son offrande (dans ce cas-ci, fleurs, raisins et encens) sur une bouse de vache (sacrée!) fraîchement déposée.

Assis tout peinard sur votre banc public, vous voyez une bande d’enfants qui s’amusent avec un ballon en riant aux éclats, le gros fun... Moins d’une minute après, en voilà quelques-uns en train de pleurer à chaudes larmes en quémandant de l’argent aux touristes qui se sont aventurés par là... Ils retournent jouer au ballon l’instant d’après puisque leur quête n’a pas eu le succès escompté. Du grand théâtre! L’école est gratuite en Inde: si les enfants ne la fréquentent pas, c’est que leurs parents préfèrent les envoyer mendier. Donc les visiteurs sont invités à ignorer les enfants mendiants, même s’ils sont tellement insistants que ça semble parfois mission impossible.

De surprise en surprise

Vous croisez un bus sur l’autoroute, à 80 km/h, sur le toit duquel s’entassent une douzaine de passagers! Vous visitez un temple religieux (Karni Mata) entièrement dédié aux rats et où vivent environ 5000 de ces rongeurs. Vous êtes suivi durant quatre heures, échelonnées sur deux jours, par un sourd-muet insistant à sa manière, qui tient absolument à réparer votre sac à dos percé... et à qui vous cédez finalement en mettant vos visites sur pause pendant un moment... Vous sortez d’un temple tout à fait merveilleux et vous êtes attendu par une cohorte de macaques qui vont et viennent.

Vous assistez aux célébrations du Diwali (semblable à Noël ici, étant fêté par presque la totalité des gens), où des feux d’artifice sont allumés sans relâche, toute la nuit, partout et par tout le monde...Vous aidez à la préparation du repas à la soupe populaire d’un temple sikh de Delhi où les plus démunis et les plus déshérités de la société viennent se nourrir et où on ne leur pose aucune question sur leur origine ou leur croyance. On n’essaie pas de les endoctriner. On partage et on les aide, sans jugement aucun et sans rien attendre en retour.

Sur l’autoroute, à quatre sur un scooter (on a vu pire!) , papa conduit, tenant son garçon de 4 ans sur les poignées, pendant que maman, voilée, donne le sein au poupon sur la place arrière du siège... Le tout à 70 km/h... Un lunch sur le pouce... Quelques instants plus tard, des centaines de bouses de vache, toutes bien cordées, en train de sécher au soleil, et vous apprenez que les gens s’en serviront comme combustible par temps plus frais, pour chauffer la maison et cuire les aliments.

Une expérience de vie

Oui , plein d’images fortes, comme le sourire de cette fillette qui remplissait des bouteilles de plastique à même le robinet pour ensuite tenter de les revendre aux touristes. Cette mignonne petite fille avec qui j’ai rigolé quand je l’ai surprise et que j’ai fait semblant d’être scandalisé et choqué...

Car honnêtement, malgré la quantité de choses incroyables qui nous sortent continuellement de notre zone de confort, ce que je retiens le plus de ce voyage, ce que je ne veux pas oublier, ce sont les gens.

Des gens accueillants, patients , souriants, respectueux des différences, heureux d’avoir un peu d’attention de la part de touristes comme nous; des gens qui, dès le premier contact, te font sentir qu’ils sont contents d’être là, avec toi, à ce moment précis, sans gêne aucune.

Des gens qui s’émerveillent, avec une charmante naïveté, de savoir que tu les as pris en photo, ou encore mieux que tu t’es photographié avec eux. Et que dire de leur réaction lorsqu’ils se voient sur l’écran digital de la caméra ou du caméscope. Un petit bonheur.

Et malgré le chaos perpétuel de leur quotidien et la multitude de gens qui nous entourent à chaque instant, je n’ai vu aucune dispute, ni même aucun signe d’impatience!

C’est sans doute ça, l’héritage du Mahatma Gandhi qui prônait la non-violence, la tolérance et le respect et qui passe bien l’épreuve du temps.

L’Inde n’est pas une destination comme les autres. Elle n’est pas faite pour tout le monde. On est aux antipodes du Strawberry Daiquiri de Punta Cana. Mais si l’Inde vous intéresse, vous a toujours intrigué et attiré... Foncez, elle vous charmera à coup sûr, car visiter l’Inde, c’est une expérience de vie... Une leçon de vie.