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Un combat en Haïti pour Adonis

Yvon Michel
Photo Le Journal de Montréal, Réjean Tremblay Jacques Jr Baril, ambassadeur itinérant d'Haïti, et Yvon Michel, du Groupe Gym, ont convenu hier de présenter un combat d’Adonis Stevenson à Port-au-Prince, en 2015.

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QUÉBEC | L’entente a été bâclée jeudi soir dans le restaurant du Château Bonne Entente. La poignée de main entre Yvon Michel et Sampson Lewkowicz a scellé le deal. Si c’est nécessaire, Adonis Stevenson affrontera Craig Baker à Port-au-Prince en Haïti, probablement le 27 juin.

Comme toujours dans la boxe, il y a des conditions.

Voyons d’abord les personnages. Vous connaissez Yvon Michel. Ce jeudi soir, il mangeait avec Sampson Lewkowicz qui est le promoteur de Gabriel Campillo, le dangereux adversaire d’Artur Beterbiev.

Lewkowicz est d’origine polonaise. Ses parents ont fui devant les hordes d’Hitler et sont partis en Uruguay. Il a dû fuir Montevideo dans les années 70 et s’est installé à Las Vegas. C’est là qu’il est devenu un important promoteur de boxe.

Après deux ou trois heures de discussion et deux bouteilles de vin à quatre ou cinq convives, Yvon Michel a raconté à son invité qu’il ne lui manquait plus qu’un adversaire pour présenter un combat en Haïti l’été prochain: «J’ai ton homme. J’ai un gars dont la fiche est de 17-0 qui vient de battre par K.-O. en deux rounds Umberto Savigne», lui a lancé Lewkowicz. Savigne est un jeune sur sa lancée qui possédait une fiche vierge dans la colonne des défaites avant d’affronter Baker.

Une première condition

Les deux promoteurs, sans le dire ouvertement, ont fait le tour de la question. Ça prenait un boxeur capable de forcer Stevenson à bien se préparer, mais qui ne mettrait pas en péril l’affrontement contre Sergey Kovalev. Après une dizaine de minutes d’échanges, Michel a tendu la main. Trois secondes plus tard, le deal était conclu. Les avocats régleraient les détails.

Encore bien plus fort, le représentant de PBC (Al Haymon) s’était installé au bout de la table. Avant même d’arriver au dessert, il était déjà décidé que le combat Stevenson-Baker, directement de Port-au-Prince, serait télévisé aux États-Unis et au Canada.

D’ailleurs, Yvon Michel sera à Port-au-Prince, le 18 ou le 19 avril, pour régler avec la présidence la préparation et l’organisation de ce combat.

Tout ça, évidemment, à la condition que Stevenson batte Sakio Bika, cet après-midi au vieux Colisée de Québec.

Une deuxième condition

Il y a d’autres conditions avant que le rêve d’Adonis Stevenson de boxer dans son pays natal se réalise. Yvon Michel l’explique: «Tout va dépendre de Sergey Kovalev. Il a une défense de titre IBF obligatoire contre Nadjib Mohammedi qu’il doit remplir avant la mi-juillet. Kovalev peut encore laisser tomber sa ceinture IBF et éviter ce combat pour affronter Stevenson en juin à Montréal au Centre Bell», a expliqué Michel.

Il faudrait évidemment que HBO, Interbox et Main Events s’entendent avec Al Haymon, le gérant de Stevenson et Yvon Michel son promoteur. C’est une autre histoire.

Si Kovalev décide d’agir logiquement, il va affronter Mohammedi quelque part en juin: «C’est pour cette raison que nous travaillons sur un combat pour Adonis en juin. On ne veut pas qu’il arrive au 26 septembre au nouveau Colisée avec six mois d’inactivité», a ajouté Yvon Michel.

Entre-temps, Yvon Michel et Al Haymon vont se rendre à Mexico le 17 avril pour tenter d’obtenir l’organisation du combat entre Kovalev et Stevenson.

Va falloir se tenir une petite valise prête à partir. On ne sait jamais où on va se ramasser.

 

Sont fous les Ammarricains !

On ne peut pas avoir la moindre petite idée! Sont complètement fous les Ammarricains. Y a d’abord leur drapeau qui flotte sur les camions de CBS dans le stationnement du Colisée.

Y a ensuite leurs gens. Ils sont 150 venus d’un peu partout pour préparer le gala télévisé. Mon vieux compère Claude Brière, président de Molstar, qui a tout vu et tout fait en télévision sportive, hausse les épaules et sourit quand il parle des conquérants.

«Sky is the limit», a-t-il murmuré. CBS et Showtime vont dépasser 1,4 million en frais de production. Molstar produit une soirée pour moins de 100 000 $.

Les dollars verts revolent tout partout: «On dirait que plus c’est cher, plus c’est correct. Faut que ça coûte cher», racontait un vétéran du métier.

En fait, là où deux techniciens québécois font normalement la job, CBS a fait voyager huit personnes, chambres d’hôtel et per diem ajoutés. C’est comme ça à tous les postes.

C’est débile. Faut le voir.

Et ça va se poursuivre ainsi à toutes les semaines, 52 semaines par année: «Nous prévoyons 50 galas au minimum dans l’année. Celui de Haïti est déjà au calendrier.

C’est une énorme machine, c’est révolutionnaire», a expliqué Bruce Binkow, un des gros bonnets chez PBC.

Il était au bout de la table.

Pleine page dans le USA Today

Vous dire que c’est fou, voilà que CBS et PBC ont payé une pleine page de publicité dans le USA Today. Quelque chose comme 125 000 $... minimum.

Et vérification faite, la même page apparaît dans le Washington Post et dans le Los Angeles Times. Avec les visages de Stevenson et de Bika.

C’est débile, je disais...