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La fin des Canadiens dans la KHL?

Michael Garnett est l’un des joueurs canadiens préférés des partisans dans la KHL.
Photo d’archives Michael Garnett est l’un des joueurs canadiens préférés des partisans dans la KHL.

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Le gardien canadien Michael Garnett possède un excellent compte Instagram (@michaelgarnett34) dans lequel il documente assez bien sa vie dans la Ligue continentale russe (KHL).

Le gardien canadien Michael Garnett possède un excellent compte Instagram (@michaelgarnett34) dans lequel il documente assez bien sa vie dans la Ligue continentale russe (KHL).

Il y évoque les femmes suivant la mode féminine à la lettre, les voitures russes transportant des choses inimaginables comme un divan, des matériaux de construction et deux tonnes de pommes de terre, sans oublier le patin libre sur la place Rouge, les monuments de l’ère soviétique faisant l’éloge de l’équipement agraire et les étranges accidents d’autos; bref, tout est là!

Ainsi, il est facile de comprendre pourquoi Garnett, un ancien espoir des Thrashers d’Atlanta ayant passé les huit dernières saisons en Russie, incluant cinq avec le Traktor de Chelyabinsk, est un favori des amateurs de la KHL. Il écrit régulièrement en russe sur les médias sociaux, même s’il n’a pas encore été capable de maîtriser complètement la grammaire de cette langue. Il parle amicalement de la météo en Sibérie, tout en parlant aux gens du pays de restaurants de Calgary préparant des «dumplings». De plus, il a visité les orphelinats de Chelyabinsk, répond à ses messages sous les surnoms Misha et Mishenka (des diminutifs de Michael) et nourrit les ours au zoo. L’homme de 32 ans est devenu le fils adoptif de la ville, sans oublier qu’il est une étoile de la ligue et l’un des meilleurs gardiens des sept dernières années. Récemment, son chandail a été vendu à l’encan pour une somme record de 90 000 roubles.

C’est pourquoi son dernier message sur Instagram a fait les manchettes nationales et généré des larmes chez plusieurs partisans du Traktor. Garnett a écrit, peu avant de quitter l’aéroport de Moscou pour se diriger vers New York: «Au revoir, Russie! En espérant te revoir.»

Plus tôt en mars, la direction du Traktor avait annoncé qu’elle n’avait pas l’intention de réembaucher le gardien pour 2015-2016. Elle avait cité l’entraîneur-chef Andrei Nikolishin, qui avait admis ne pas être satisfait de l’approche du principal intéressé dans son processus d’entraînement. L’instructeur avait ajouté que Garnett n’était pas «un professionnel à l’extérieur de la patinoire», peu importe ce que cela représente. Venant d’un pilote ayant déjà dit que lui et les dirigeants allaient décider de son avenir après avoir bu «plus d’un litre de vodka», cette déclaration est curieuse.

Fardeau financier

Toutefois, si on laisse de côté les explications de Nikolishin et les espoirs de retour de Garnett, ce n’est un secret pour personne que les joueurs canadiens sont devenus un fardeau financier pour les organisations de la KHL qui sont sans le sou. D’autre part, la volonté de la Ligue de proposer un environnement modèle pour la formation nationale russe n’aide pas. Aussi les vedettes étrangères ne sont-elles plus les bienvenues. C’est encore plus vrai quand les gardiens exigeant des salaires élevés ne peuvent disputer plus des deux tiers de la campagne, tel que prévu par les règles du circuit.

Un autre homme masqué canadien, Kevin Lalande, du CSKA Moscou, domine les séries de la Coupe Gagarine de la KHL en matière de taux d’efficacité (,948) et de moyenne de buts alloués (1,24). Cependant, il a été cloué au banc durant cinq rencontres d’affilée avant de prendre la relève de son coéquipier russe pendant le quatrième match de la finale de l’Association de l’Ouest. Ses entraîneurs préférant clairement son collègue local, Lalande voit son futur de plus en plus incertain.

Verrons-nous tout le contingent canadien ou une grande partie de celui-ci faire ses adieux lors de la saison morte?

Plusieurs partiront, sans aucun doute, mais il ne faut pas s’attendre à ce que la pépinière de Canadiens soit totalement asséchée. Ce n’est pas l’effet du hasard si les meilleurs joueurs de l’unifolié évoluent pour des formations situées à l’extérieur de la Russie. Le Barys Astana (Kazakhstan) compte sur Kevin Dallman, Dustin Boyd et Nigel Dawes, alors que le Dinamo de Minsk (Bélarus) emploie les Jonathan Cheechoo, Matt Ellison, Paul Szczechura et Charles Linglet.

Ces clubs ne sont pas touchés par les contraintes «patriotiques» du hockey russe; ils sont donc libres d’accorder un contrat au nombre voulu de Canadiens.

Pour le reste, il est évident que les bons hockeyeurs insuffisamment talentueux pour jouer dans la Ligue nationale (LNH), comme Garnett, trouveront une place en Finlande ou en Suisse.

 


Wolski pas décidé

Le Torpedo de Nijni Novgorod est l’une des équipes qui aimeraient garder leur joueur de l’unifolié. Wojtek Wolski, qui possède les nationalités polonaise et canadienne, a totalisé 23 buts et 43 points en 54 matchs cette saison. Plusieurs informations indiquent que le club tentera tout pour ramener le hockeyeur de 29 ans dans ses rangs. Le principal intéressé a établi une marque en réussissant un tour du chapeau naturel en 1 min 46 s. Il mériterait certes un bon montant pour avoir aidé une formation décevante année après année.

Néanmoins, Wolski n’a pas caché son désir de revenir dans la LNH et a mentionné qu’il envisagera un retour en Russie s’il ne reçoit pas des offres de qualité en Amérique du Nord.

 


Le chiffre de la semaine : 0

Voilà combien de fois une formation du hockey russe a pu combler un retard de 3-0 dans une série éliminatoire. Ceci est donc une triste nouvelle pour le SKA de Saint-Pétersbourg, qui a échappé ses trois premières rencontres face au CSKA. Même s’il a gagné le quatrième duel et que son capitaine s’appelle Ilya Kovalchuk, le SKA, l’équipe la plus riche de la ligue, échouera dans sa quête d’un titre.