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Fausses promesses

Cellulaire en classe
Photo d’archives

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Dans nos pages, la journaliste Daphnée Dion-Viens rapportait récemment qu’à l’Université Laval, 80 % des étudiants envoient des textos personnels ou naviguent sur Facebook pendant leurs cours.

Dans nos pages, la journaliste Daphnée Dion-Viens rapportait récemment qu’à l’Université Laval, 80 % des étudiants envoient des textos personnels ou naviguent sur Facebook pendant leurs cours.

Cela dérange la très grande majorité des enseignants interrogés, de même que les quelques étudiants qui voudraient se concentrer sur le cours.

C’est pareil dans toutes les autres institutions. Je le vis à HEC Montréal. Il n’y a pas de solution évidente.

Dehors

Interdire les ordinateurs portables? Impensable, puisqu’on oblige les étudiants à en acheter un et que toutes les informations sur les cours sont en ligne.

Surveiller pour que les étudiants n’en fassent, en classe, qu’un usage lié au cours? Strictement impossible.

Espérer qu’ils vont s’autodiscipliner? Irréaliste. Beaucoup ne se rendent plus compte qu’ils sont devenus accros.

Le pire, ce sont les sonneries intempestives des téléphones cellulaires. Voilà au moins un problème que j’ai réglé.

En début d’année, je leur dis que j’ai, dans ma poche de veston, un carton rouge comme ceux des arbitres de soccer. Je montre le carton pour qu’ils voient que je ne rigole pas.

À la première sonnerie, c’est l’expulsion immédiate. Pas de carton jaune pour donner un premier avertissement. Ça marche.

J’ai un collègue qui songe à recueillir les téléphones dans une boîte au début du cours et à les redonner à la fin, comme les objets personnels à l’entrée de Lietteville dans Unité 9.

Pour la navigation sur Facebook ou le magasinage en ligne, il n’y a rien à faire. Mais les problèmes liés à ces technologies vont beaucoup plus loin.

Ces outils changent aussi la façon de penser et, donc, de travailler. Ils reconfigurent carrément le fonctionnement du cerveau.

Ces outils changent aussi la façon de penser et, donc, de travailler. 
Ils reconfigurent carrément le fonctionnement du cerveau.

Distraits

À l’évidence, la capacité de concentration des étudiants s’est réduite. Ils lisent de manière cursive, butineuse, superficielle, en diagonale.

Quand vous les forcez à lire un vrai livre, il est toujours «trop long» et souvent ardu, puisque leur univers mental est reconfiguré par la brièveté des messages sur les réseaux sociaux.

Leur «solution»? Trouver un résumé sur internet. S’il n’y en a pas, frustration et désarroi. Dans les travaux de recherche, c’est Wikipédia qui est devenue la référence de base.

En classe, quand vous essayez de lancer une discussion, plusieurs n’ont pas suivi ce que vous venez de dire. Ils prient pour que vous ne les pointiez pas du doigt pour leur demander de parler.

Les étudiants exigent des diaporamas aussi détaillés que possible... pour se dispenser de prendre des notes. Le courriel a tué les rendez-vous au bureau.

Je ne nie pas que ces nouveaux outils ont aussi des aspects très positifs. Mais pour ce qui est du vécu en classe, la technologie est loin d’avoir tenu ses promesses.

 

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