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«Ponytail» a été assassiné avec des somnifères au cyanure

Giuseppe De Vito - 40 ans
Photo d’archives Même s’il était incarcéré au pénitencier de Donnacona, le mafioso Giuseppe De Vito était vu comme une menace potentielle pour le défunt parrain Vito Rizzuto, qu’il blâmait notamment pour sa condamnation et pour la mort tragique de ses deux filles.

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Des somnifères contenant du cyanure auraient empoisonné le mafioso Giuseppe «Ponytail» De Vito, dont la mort digne d’un film d’espionnage est maintenant considérée comme un meurtre par les policiers.

Des somnifères contenant du cyanure auraient empoisonné le mafioso Giuseppe «Ponytail» De Vito, dont la mort digne d’un film d’espionnage est maintenant considérée comme un meurtre par les policiers.

C’est ce que notre Bureau d’enquête a pu apprendre de plusieurs sources au sujet de la fin inusitée du caïd montréalais, qui était alors détenu au pénitencier à sécurité maximum de Donnacona, le 8 juillet 2013.

Selon nos informations, Giuseppe De Vito aurait avalé des somnifères qu’un ou des codétenus lui ont refilés en contrebande.

Ces comprimés avaient été trafiqués à son insu et contenaient le poison mortel de prédilection de la romancière Agatha Christie.

Pas un suicide

Le Journal a aussi appris que cette thèse est sérieusement envisagée par la Sûreté du Québec, qui écarte désormais la possibilité d’un suicide.

«Avec les diverses informations qu’on a pu recueillir, notre service des enquêtes sur les crimes contre la personne considère maintenant qu’il s’agit d’un homicide», a déclaré la sergente Ann Mathieu, porte-parole de la SQ.

Ces informations concorderaient d’ailleurs avec les résultats de l’autopsie et des analyses toxicologiques effectuées sur le corps de l’homme de 46 ans.

Le coroner Luc Malouin avait déjà conclu qu’une intoxication au cyanure avait causé le décès de la victime, quelques semaines après que Le Journal eut révélé que des traces de ce poison silencieux avaient été détectées dans son organisme, en novembre 2013.

Une menace

Bien que la Cosa Nostra ait déjà eu recours au cyanure pour commettre des meurtres en Italie, il s’agirait d’une première au sein du crime organisé québécois, nous a déjà dit Pierre De Champlain, spécialiste de la mafia et ex-analyste en renseignement à la GRC.

Les policiers ont établi que «Ponytail» et ses associés avaient formé une alliance avec ceux du caïd Raynald Desjardins, dans le but de prendre le contrôle de la mafia montréalaise pendant que le parrain Vito Rizzuto était emprisonné aux États-Unis pour complot de meurtre, de 2006 à 2012.

La police l’avait d’ailleurs avisé que sa tête était mise à prix. Cinq de ses associés ont été abattus au cours des 18 mois précédant sa mort.

Selon nos sources, Giuseppe De Vito, même incarcéré, était vu comme une menace potentielle pour le parrain Rizzuto, après le retour de ce dernier au Québec en octobre 2012.

«Ponytail» s’était dissocié du clan Rizzuto, qu’il blâmait pour sa condamnation dans l’opération Colisée pour importation de cocaïne, en 2012, mais aussi pour la mort tragique de ses deux filles, assassinées par leur mère en 2009 pendant qu’il fuyait la police.

Deux mois avant son assassinat, il était toujours très affecté par la perte de ses enfants, d’après le témoignage qu’il a rendu au procès de son ex-conjointe, Adèle Sorella.

Vito Rizzuto est décédé d’un cancer, six mois après la mort de «Ponytail».

 

Brèves

Giuseppe «Ponytail» De Vito

Qui était-il?

♦ L’un des 73 mafieux visés par l’opération Colisée menée par la GRC aux dépens du clan Rizzuto en novembre 2006.
 
 ♦ Il est resté en cavale jusqu’à son arrestation à Laval, en octobre 2010.
 
 ♦ Il a écopé de 15 ans de pénitencier, en juin 2012, pour complot d’importation de 218 kg de cocaïne à l’aéroport Montréal-Trudeau
 
 ♦ Durant sa cavale, ses filles Amanda, 9 ans et Sabrina, 8 ans, ont été assassinées, le 31 mars 2009. Leur mère, Adèle Sorella, a été condamnée pour ces meurtres en juin 2013.
 
 ♦ Il se serait allié au caïd Raynald Desjardins afin de prendre le contrôle de la mafia montréalaise pendant l’incarcération du parrain Vito Rizzuto aux États-Unis, entre 2006 et 2012.