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Forte réaction du milieu des affaires contre un manifeste réclamant la fin du pétrole québécois

pétrole gaspésie
Photo d’archives, René Baillargeon

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MONTRÉAL – Un manifeste contre «l’invasion pétrolière au Québec», signé par 200 personnalités québécoises des milieux culturels, intellectuels et politiques et publié mardi, a fait fortement réagir les représentants du Québec inc.

Les signataires du manifeste, dont Camil Bouchard, Dominic Champagne, Richard Desjardins, Gabriel Nadeau-Dubois et Jean Lemire, se déclarent des «objecteurs de conscience déterminés à s’opposer à l’invasion pétrolière de notre territoire et à la destruction du climat au bénéfice de quelques-uns».

«Pour éviter un dérèglement irréversible de notre climat, l’essentiel des réserves de combustibles fossiles doit demeurer enfoui dans le sol. Extraire le pétrole à notre tour devient carrément immoral dans ces circonstances», est-il écrit dans ce manifeste.

Les signataires «exigent» la fin des projets d’exploration et d’exploitation de pétrole au Québec, tout comme ils refusent tout passage pétrolier à des fins d’exportation sur le territoire québécois.

Ils réclament l’adoption d’un plan pour réduire la consommation de pétrole au Québec de 50 % d’ici 2030, tout comme le désinvestissement de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans le secteur des combustibles fossiles.

«Des poètes»
Réagissant au manifeste, la présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand, n’a pas mâché ses mots, qualifiant les signataires de «poètes qui ont une vue très romantique de la nature».

«Je ne comprends pas. Nous importons annuellement de 13 à 14 milliards $ de pétrole qui vient particulièrement du Niger et de la Libye. Est-ce que ce pétrole qui vient par l'Atlantique, dans les gros pétroliers, c'est mieux (que le pétrole de l’Ouest canadien ou du Québec)? [...] On a l'hydroélectricité, c'est vrai, mais avant qu'on abandonne complètement 14 milliards $ de pétrole, qu'on utilise ici comme Québécois, il faudrait être des Amish ou des Quakers.»

Du même souffle, Mme Bertrand a conseillé «aux poètes de peut-être considérer des déménagements en Pennsylvanie ou au Utah. Je pense qu'ils y seront plus heureux parce que là, c'est une vie avec calèches et chandelles.»

Éric Tétreault, président de Manufacturier et Exportateurs du Québec (MEQ), a dit ne pas comprendre non plus «les accusations qui reviennent contre l’industrie pétrolière, qui ne les mérite pas. Si on n’enrichit pas le Québec avec les hydrocarbures, avec quoi le fera-t-on?», se demande-t-il.

M. Tétreault a souligné que les compagnies qui veulent faire de l’exploration et de l’exploitation de pétrole au Québec «le font avec une extrême minutie», en réduisant au maximum les risques pour l’environnement et en travaillant pour obtenir l’acceptation sociale.

Pour sa part, l’ex-premier ministre Bernard Landry a souligné que l’«humanité entière rêve de tourner le dos aux combustibles fossiles. Sauf qu’on ne peut pas penser que ça va être demain. J’ai le plus grand respect pour ceux qui ont signé le manifeste et les écologistes en général, mais leur bataille doit être réaliste».
 

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