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On achève bien Claude Poirier

Claude Poirier célèbre en ce mardi 50 ans de carrière.
© Agence QMI

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J’ai toujours pensé que Claude Poirier allait mourir en ondes, une cigarette à plumes à la bouche, allumée avec son « botch » de la précédente. Je ne croyais pas qu’on allait l’achever sur la place publique de cette façon. 

Claude Poirier est sur la scène judiciaire  depuis plus de 50 ans. Il est un incontournable et demeure l’un des derniers de sa génération. Il est devenu, avec les années, une caricature de lui-même, une espèce de grognon sympathique.

Il a toujours eu ses entrées des deux côtés de la clôture. Il a parlé aux policiers et aux bandits. Il pouvait rencontrer un enquêteur le matin et se rendre dans un local de motards l’après-midi. Et surtout, il donnait une voix au public, on l’a souvent vu dans ses émissions écouter ou parler avec monsieur ou madame chose.

Je me souviens de solides prises de bec avec Claude. Sur une scène de crime ou sur une Opération Filet, avec un gars est barricadé, tenant en otage son réfrigérateur. Claude, fort de sa réputation, voulait négocier directement. Ou encore à Laval en 2005, quand une policière avait perdu la vie, tuée par un déséquilibré. Les policiers de la Sûreté du Québec avaient mis en contact le forcené avec Claude Poirier par le biais d’un message enregistré.

Bref, Claude Poirier était partout, de tous les moments judiciaires et policiers depuis près d’un demi-siècle. Il a été de toutes les tribunes ou presque, commentant à sa façon les actualités. Il n’a jamais changé, il ne s’est pas adapté diront certains, il est disparu des ondes. Claude a vieilli, mais il refuse de devenir vieux. Il aura 77 ans l’automne prochain.

La période sombre

On entend parler de Claude depuis maintenant une semaine. Pas de celui qui cause des affaires policières. C’est plutôt le côté sombre de Claude qui a pris les devants. Il serait sans le sou et résiderait dans une chambre miteuse. De ses problèmes monétaires je l’entends sûrement dire « Ben voyons donc, y a rien là ! Ça va se régler ».

Et j’ai l’impression que l’on n’a pas fini d’en entendre parler. On a exposé ses déboires, on va bientôt en connaître les causes à ce qu’il paraît. La descente aux enfers, la chute du héros, le déboulonnement de la statue s’est amorcé sur la place publique. Ça risque de faire mal quand elle va tomber.

Mais pourquoi ?

La question se pose, c’est sûr. Mais est-ce qu’il faut absolument vraiment soumettre au tribunal populaire les malheurs d’un homme qui, même s’il a vécu à la télé et sur les ondes de la radio depuis des décennies, est à toute fin pratique déjà au sol.

Est-ce que je veux savoir que Claude Poirier est en difficultés financières ? Je ne suis pas sûr. C’est d’une grande tristesse ce qui se passe avec lui. La discussion au sujet de ce qui est d’intérêt public se tient depuis la révélation de la misère dans laquelle il se trouve actuellement.

Est-ce qu’il va rebondir ? Je ne sais pas, j’en doute même. Il est marqué au fer rouge par les récentes révélations. S’il était un jeune premier, peut être aurait-il avantage à considérer une pause de la vie publique. Mais maintenant, cette pause sera vraisemblablement permanente. Des collègues au Journal pensent que cette nouvelle est d'intérêt public. D'ici à ce qu'on en apprenne plus sur les causes de cette déchéance, je ne suis pas convaincu. On en jase ?

C’est triste et c’est peut être de sa faute, mais en bout de ligne, on n’achève pas que les chevaux après tout...
 


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