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Le Québec saura tirer profit de ses hydrocarbures

pétrole gaspésie
Photo d’archives, René Baillargeon

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Dans le grand débat sur les formes d’énergie que nous devrons privilégier à l’avenir, un fait inéluctable demeure : nous allons continuer à consommer du pétrole pendant encore des décennies. La question que l’on doit se poser est simple : souhaitons-nous utiliser l’énergie des autres, ou ne souhaitons-nous pas plutôt tirer profit de la nôtre et nous enrichir?

Un collectif a lancé hier un mouvement déterminé à s’opposer au développement des projets liés à l’industrie des hydrocarbures au Québec.

L’accès à l’énergie, qui se répercute dans tous les aspects de nos vies, est pourtant incontournable. Adopter un mode de vie exempt d’hydrocarbures est actuellement impossible. Que ce soit en matière d’alimentation, de transports ou de production de biens de consommation, une réflexion objective amène à réaliser que de nombreux facteurs importants font partie des bénéfices collectifs apportés par les hydrocarbures.

Par exemple, la redevance pétrolière et gazière permet un partage de la richesse. À cet effet, le Parti Québécois avait évalué à 45 MM $ de redevances, seulement pour le projet Anticosti. De même, l’occupation du territoire Québécois serait impossible sans l’utilisation des hydrocarbures. Le transport des hydrocarbures profite par ailleurs à tous les travailleurs des raffineries québécoises.

Du côté de l’alimentation, une étude de l’ONU dévoile qu’il faut 2000 litres de pétrole pour chaque bouche à nourrir en Amérique du Nord. Qu’on le veuille ou non, même les paniers d’aliments biologiques sont livrés grâce à une camionnette fonctionnant aux hydrocarbures.

Avant d’exiger la fin des projets d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures en sol québécois, ne faut-il pas se demander si l’impact ne sera pas l’appauvrissement collectif des Québécois, en plus de priver des régions entières de projets porteurs?

Ce qu’il faut aussi également comprendre, quant à la transition écologique, c’est que les entreprises d’ici mettent tout en œuvre quotidiennement afin d’assurer à la population du Québec les meilleures pratiques de l’industrie, en tout respect de l’environnement et des citoyens.

Le déficit commercial du Québec se situe régulièrement autour de 25 milliards $; la moitié de cette somme est due au fait que nous importons notre pétrole notamment de l’Algérie et du Kazakhstan. Outre l’aspect financier, il faut savoir que ces endroits produisent dans des encadrements réglementaires beaucoup moins contraignants au plan environnemental que celui imposé par le Québec.

Aussi bien au plan environnemental qu’au plan économique, nous imaginons mal en quoi ce pétrole serait mieux pour nous que le pétrole qui pourrait être produit en Gaspésie ou sur Anticosti. C’est sans compter sur la production et le transport du gaz naturel, dans certains cas du gaz naturel liquéfié pour permettre la compétitivité de la grande industrie – ce qui est le meilleur soutien à donner au Plan Nord — et les occasions d’exportations dans des marchés extérieurs en forte demande en Europe et en Asie.

Nous pouvons prendre modèle sur la Norvège, qui produit énormément de pétrole tout en étant un leader en matière d’environnement et de technologies vertes, ou sur le Danemark qui a réduit de 25 % sa propre consommation de pétrole au cours de la dernière décennie, tout en augmentant sa production de plus de 400 %. Les deux choses ne sont pas incompatibles. Et bien sûr, il faut penser à la chaîne d’approvisionnement québécoise, des entrepreneurs surtout en régions qui créeront des emplois durables.

Le Québec n’a pas les moyens de se distinguer et devenir le seul dans le monde à ne pas tirer profit de sa richesse collective. Le Québec doit tirer profit de ses hydrocarbures.

Lettre cosignée par
Yves-Thomas Dorval, Président-directeur Général, Conseil du Patronat du Québec
Françoise Bertrand, Présidente-directrice Générale, Fédération des chambres de commerce du Québec
Éric Tétrault, Président, Manufacturiers et Exportateurs du Québec


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