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Les Mohawks prêts à ériger des barricades contre TransCanada

grand chef serge simon
Photo Le Journal de Montréal, Marie-Ève Dumont Le grand chef de Kanesatake, Serge Simon, s’oppose catégoriquement au passage du pipeline de TransCanada sur son territoire. Le chef mohawk n’exclut pas le recours aux barricades pour bloquer le projet, 25 ans après la crise d’Oka.

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Vingt-cinq ans après la crise d’Oka, les Mohawks de Kanesatake n’excluent pas d’ériger des barricades pour empêcher le passage de l’oléoduc Énergie Est sur leur territoire.

«C’est possible parce que ça a été utile dans le passé. Pour le moment ce n’est pas notre stratégie, mais ça peut se produire», prévient le grand chef de Kanesatake, Serge Simon.

Selon le tracé prévu, l’oléoduc de TransCanada doit passer au nord du territoire Mohawk, près de Mirabel, après avoir traversé la rivière des Outaouais et le lac des Deux Montagnes.

«Cette année, on a quatre pieds de glace sur le lac. S’il arrive un accident, comment est-ce qu’ils vont faire pour aller nettoyer le pétrole là-dessous?» se questionne le chef.

«Le Projet Oléoduc Énergie Est représente une occasion pour toutes les collectivités situées le long du tracé, assure TransCanada, par courriel. Nous tenons à réitérer notre engagement à maintenir un dialogue ouvert, respectueux et productif avec tous.»

Pas achetable

Le chef Simon réplique qu’il n’est pas achetable: «Je ne peux pas prendre l’argent de TransCanada et bien dormir le soir».

Il explique qu’appuyer Énergie Est reviendrait à encourager le pétrole des sables bitumineux, dont l’exploitation pose un risque pour la santé des Premières Nations du nord de l’Alberta, près de Fort McMurray.

Dans cette région, de hauts taux de mercure et d’arsenic ont été détectés dans la chair des animaux sauvages et dans les œufs des oiseaux, selon des analyses d’Environnement Canada et de l’université du Manitoba. L’air est aussi hautement pollué au point de poser un risque de cancer, d’après un rapport de l’université de Toronto.

Changements climatiques

Inquiets, des autochtones de partout au pays participeront aujourd’hui à la Marche Action Climat à Québec, en vue de la rencontre des premiers ministres des provinces sur les changements climatiques, qui aura lieu le 14 avril.

Porté par les groupes écologistes, le mouvement appelle les premiers ministres à s’opposer au «pétrole extrême» albertain.

Après avoir compilé des données gouvernementales, Environnemental Defence et Greenpeace ont révélé cette semaine que l’industrie pétrolière albertaine a fait bondir les émissions de GES du Canada de 18 % depuis 1990, alors qu’elle ne présente que 2 % du PIB national.

«Ils ne peuvent plus nous servir l’excuse qu’on n’a pas le choix, c’est une illusion, plaide le chef Simon. Les technologies pour sortir des énergies fossiles existent.»

Il y a 25 ans, la crise d’Oka

  • Le 11 mars 1990, après des mois de dialogue de sourds et de manifestations pacifiques, les Mohawks de Kanasatake érigent des barricades. Ils protestent contre un projet d’agrandissement du golf municipal d’Oka sur un cimetière ancestral autochtone.
  • Le 11 juillet, une centaine d’agents de la SQ donne l’assaut. Le caporal Marcel Lemay est tué dans une fusillade. Le raid raté fait place à un véritable siège. En solidarité, les Warriors de Kahnawake menacent de faire sauter le pont Mercier et érigent à leur tour un blocus.
  • La crise se poursuivra jusqu’à la fin septembre 1990 et nécessitera un vaste déploiement militaire. De longues négociations s’amorcent ensuite. Elles aboutissent, le 21 décembre 2000, à la signature d’une entente entre Kanesatake et Ottawa qui permet aux Mohawks de gérer leur territoire.

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