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Un groupe mythique

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Une mise en terre au Soldier Field Stadium les 3, 4 et 5 juillet prochain, plus de 210 000 billets vendus en quelques minutes, un prix moyen à la revente de 1425 $ le billet et sur StubHub, un billet en vente pour 116 000 $ (source: CNN, Money).

The Best OF The Grateful Dead | ★★★★

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The Grateful Dead, Rhino/Warner

Fondé à San Francisco, le groupe The Grateful Dead s’est rapidement bâti une réputation grâce à ses concerts-fleuves, la promotion d’un style de vie anti-autoritaire et autonome et enfin pour le charisme de son guitariste soliste, Jerry Garcia, devenu une figure emblématique de la contre-culture.

Ils ont passé 30 ans à sillonner les routes, enregistrant tous leurs concerts audio et vidéo, remplissant des salles de 1000 places et des stades de 50 000 places, pionniers comme Pink Floyd et Genesis de leur propre système de sonorisation. Le groupe possède le record absolu d’assistance à un festival, soit plus de 450 000 personnes à Watkins Glen. Pourtant, le genre de musique n’avait rien en commun avec ces lieux. Le groupe a d’abord créé un mélange de folk rock, de rock de garage (Cream Puff War) et de blues psychédélique (Viola Lee Blues), avec de longues improvisations (Dark Star) de musique concrète, puis a versé dans une forme de country rock au tournant des années 60 (Easy Wind). Puis, au fil des années 70 et 80, ils ont rajouté des accents de jazz, de bluegrass (Friend of the Devil), de country rock (la superbe Box of Rain et Sugar Magnolia), de musique concrète, des feedbacks et des collages sonores (That’s It for the Other One) et du rock plus conventionnel (Foolish Heart), au diapason des années 80. Ils ont plus de 200 albums et compilations sur le marché. Trois compilations, celle ayant la meilleure présentation avec leur logo emblématique (Skull and Roses), dans une pochette embossée, deux CD, 29 titres couvrant de 1965 à 1989, tous leurs albums en studio, en respectant cette fois-ci un ordre chronologique. Pour un profane, c’est une excellente introduction à un groupe qui a sauté dans le Furthur Bus du Kool Aid Acid Test pour finir dans celui qui a déposé Bill Clinton à la Maison-Blanche. Pour les plus curieux, la version rematricée et bonifiée d’Anthem of the Sun (1968), American Beauty (1970) et   à l’Olympia de Paris (1972) suffisent pour apprécier le phénomène musical, puis social ainsi que la réalisation du rêve de Garcia de voir reconnaître le rock comme une musique sérieuse. L’histoire lui aura donné raison.


Brian Wilson | ★★★★

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No Pier Pressure, Universal

Le parcours d’un talent exceptionnel comme celui de Brian Wilson est celui des petites tragédies ordinaires, celui-ci étant frappé par la maladie mentale, la dépression (I’m Feeling Sad). Rien de simulé, il est un rescapé toujours fragile, mais debout, capable, «with a little help from his friends» . Le titre de ce CD de 18 chansons est un jeu de mots, et plus de la moitié des pièces sont chantées par de jeunes artistes talentueux, dont Kacey Musgraves, Nate Ruess, de Fun, Zoey Deschanel, Sebu Simonian, de Capital Cities, etc. Autrement, ce sont les suspects habituels: Al Jardine, Jim Keltner, Dean Parks et Kenny Aronoff. Le ton rappelle Pet Sounds et cette rivalité amicale avec les Beatles (Love and Mercy). L’essence est dans les arrangements vocaux inimitables, qui transpirent à travers tout l’album. L’innocence et l’authenticité émeuvent à coup sûr (One Kind of Love, Somewhere Quiet). Les pièces a capella (This Beautiful Day) et l’instrumentale Half Moon Bay avec l’incomparable trompettiste Mark Isham ne trompent pas. L’expression de son talent est une victoire sur la maladie et la souffrance.


Ringo | ★★★½

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Postcards From Paradise, Roccabella

Il mène une carrière en parallèle, sur les petites routes secondaires du rock. Mais son flegme légendaire et son attitude «happy go lucky» lui ont sans doute permis d’améliorer l’opinion qu’on se fait de lui. Cet album est son 18e. Il est remarquablement concis et bien réalisé. Les textes sont bons, font sourire (Rory and the Hurricanes, Postcards From Paradise) avec ses allusions aux Fab Four. Nostalgique, certes, un brin amer (You Bring the Party Down, à propos de Lennon), n’ayant pas oublié d’où il vient. Musicalement, du mersey beat, quelques accents de sitar, du reggae, du blues et du rock des années 70, post-FAB. L’exécution est irréprochable, faisant appel à ceux qui gravitent autour de son All-Starr Band; Peter Frampton, Todd Rundgren, Steve Lukather, Benmont Tench, Van Dyke Parks, etc. Est-il toujours le meilleur batteur des Beatles, selon la blague communément répandue? Bamboula, avec ses accents cajuns, devrait suffire pour passer le test et être honorée au prochain gala du Rock’n’Roll Hall of Fame la semaine prochaine. En spectacle au Théâtre Saint-Denis le 21 octobre 2015.


Hommage à Jean Ferrat | ★★★★

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Des airs de liberté, Sony

Jean Ferrat fut considéré avec Brassens, Brel et Ferré comme un des grands de la chanson française. Son parcours est par contre semé d’embûches: son père déporté et assassiné lors de son transport à Auschwitz; sa mère et sa sœur inquiétées par la Gestapo; une période d’après-guerre entre boulot d’aide-chimiste, études le soir en génie et théâtre, puis décrochage et vie de bohème. Il débute en adaptant Louis Aragon, auquel il voue une admiration sans bornes. Puis le succès à compter de 1963. Il fait ses adieux à la scène en 1972. Il aura eu maille à partir avec la censure gaulliste pendant ces 10 courtes années. Pour son humanisme et un sens aigu de la justice et de l’égalité, 15 de ses chansons les plus connues se retrouvent chantées par le gratin de la variété française (dont Raphaël, Patrick Fiori et Patrick Bruel) et quelques représentants de la rive gauche (dont San Severino et Zebda). Ce sera selon, surtout pour la comparaison implacable avec son interprétation. Bruel est celui qui lui ressemble le plus. On laisse par contre à Ferrat l’interprétation de Ma France, qui a fait tant grincer des dents les gaullistes.


EN MAGASIN OU EN LIGNE MARDI

Passion Pitt, Kindred

Calexico, Edge of the Sun

Suuns & Jerusalem In My Heart, Jerusalem in My Heart

Selah Sue, Reason

Hank Williams III, Take as Needed for Pain

Reba McEntire, Love Somebody

Dwight Yoakam, Second Hand Heart

Eliane Elias, Made in Brazil