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Travailleurs le jour, lutteurs le soir

Leur passion leur fait mal et leur prend tout leur temps libre, mais ils ne peuvent pas s’en passer

Le Québécois Chris Cruze se consacre à la lutte depuis 10 ans . Il est parmi les espoirs de la WWE.
Photo courtoisie Le Québécois Chris Cruze se consacre à la lutte depuis 10 ans . Il est parmi les espoirs de la WWE.

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Salaberry-de-Valleyfield | Ils ont des déchirures ligamentaires, des maux de dos, des commotions cérébrales, leurs proches et leurs patrons sont mécontents de leur passe-temps, mais rien ne les empêche de pratiquer la lutte.

La Montérégie Wrestling Federation (MWF) permet à ces représentants, étudiants, directeurs des ressources humaines, installateurs de portes et de fenêtres ou journalistes de lutter après leur journée de travail.

Tortue Ninja

Le champion de cette fédération est Christopher Lavigueur, connu sous le nom de Nico Marshall, une sorte de tortue ninja.

Lors d’un combat, il s’est mis à crier «turtle» après une prise et la foule s’est mise de la partie. C’est de là que Nico Marshall, le «ninja turtle» est né.

D’ailleurs, lorsqu’il fait son entrée, on le présente comme un homme qui vit dans les égouts.

«C’est incroyable ce qu’un combat peut changer. La foule nous dicte ce qu’elle veut voir», soutient celui qui a subi six commotions cérébrales en six années de lutte.

Comme bien des lutteurs, Nico, qui travaille dans les portes et fenêtres, souffre régulièrement de douleurs, comme présentement au dos. Son patron n’apprécie guère lorsqu’il s’absente, mais sa passion pour la lutte est plus forte que tout.

«Ça ne paye pas les comptes, ma famille trouve ça ridicule, je manque de temps avec mon enfant et ma femme, mais j’adore lutter.»

Un Militant dans l’arène

Son acolyte, Louis Beaudoin, alias «Zack Black», n’est pas grand, mais il en a dedans! Son personnage se veut son extension de la vie de tous les jours.

Représentant dans un centre d’appels, «Zack Black», dans l’arène comme à l’extérieur, se bat pour plusieurs causes.

«Je suis un militant pour différents groupes sociaux. La lutte me permet de pousser mes conviction à l’extrême», soutient le lutteur de 26 ans, qui monte dans l’arène malgré une déchirure ligamentaire au genou gauche.

Depuis quelque temps, il joue le rôle d’un vilain.

«Il a fallu que mon père retienne ma mère lors d’un combat. Elle voulait s’en prendre au “manager” de mon adversaire, tellement elle croyait au scénario.»

Ses parents ne sont d’ailleurs pas ses plus grands partisans. «Mon père a déjà demandé à un adversaire de me frapper plus fort question de me décourager!»


Un Québécois rêve de la fameuse WWE

Salaberry-de-Valleyfield Depuis 10 ans, Chris Cruze consacre tout son temps à la lutte.

Tout ce qui l’entoure au quotidien concerne cette discipline y compris sa fiancée, l’Américaine Sassy Stephie, également lutteuse.

Tous deux ont récemment obtenu des essais avec la réputée WWE (World Wrestling Entertainement). Cruze est d’ailleurs dans la mire de l’organisation. C’est notamment pour cette raison qu’il donne tout son temps à sa passion.

«J’ai un pied dans la place. Ce n’est pas facile, mais ça me pousse à travailler plus fort. J’ai commencé à faire un peu d’argent grâce à ces essais», soutient celui qui a bien aimé le lutteur Dustin Rhodes, que les adeptes de lutte ont aussi connu sous le nom de «Goldust».

Contrairement aux autres lutteurs amateurs, Chris Cruze a un peu plus de soutien de ses proches. Il travaille actuellement sur son personnage «Angelakis», un gladiateur. «Je dors, je mange en pensant à la lutte. Tout me relie à elle. Je ne connais pas autre chose», affirme Cruze 25 ans.

Vedettes locales

Steve «Ace» Sauvé, un ancien lutteur et maintenant journaliste, demeure encore dans l’entourage de la MWF.

On le nomme d’ailleurs dans le livre de Pat Laprade et de Bertrand Hébert, À la semaine prochaine si Dieu le veut. On le compte parmi les lutteurs qui ont connu un certain succès à la fin des années 1980 sur la scène québécoise. Il se réjouit de voir ce qui se passe avec Cruze.

«Il excelle dans ce qu’il fait. Parmi les meilleurs, il est le meilleur. On est un gang de chums qui se rencontre toutes les deux semaines pour pratiquer ce qu’on aime le plus. On souhaite tous qu’il réussisse», a raconté Steve Ace, de Salaberry-de-Valleyfield, juste après l’animation du gala honorifique.

Ce dernier se souvient d’un temps où on l’arrêtait à l’épicerie pour signer des autographes.

«La lutte crée des vedettes locales comme Chris Cruze. C’est un bon divertissement. Les gens s’attachent.»