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Le sexe à l’école

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Jeudi dernier, je participais à l’excellente émission de débat Open Télé, animée par ma collègue Sophie Durocher, sur MAtv. Sujet du jour?

Jeudi dernier, je participais à l’excellente émission de débat Open Télé, animée par ma collègue Sophie Durocher, sur MAtv. Sujet du jour?

L’éducation sexuelle à l’école, qui continue de briller par son absence au Québec alors que l’Ontario, que l’on croit puritaine, offrira des cours très explicites dès septembre.

Certains parents ont protesté, surtout dans les cercles religieux, mais plus de la moitié des Ontariens appuient le projet de la première ministre Kathleen Wynne, alors qu’un tiers s’y opposent.

Une catastrophe sanitaire

On parle de sexualité dans les écoles du Québec, mais cela est intégré aux compétences transversales (alors que le sexe, c’est horizontal). Mieux vaut en rire, chers lecteurs. Mais voici ce qui est moins drôle: les cas d’infections transmises sexuellement (ITS) montent en flèche et touchent surtout les jeunes de de 15 à 24 ans.

La chlamydia, qui peut causer la stérilité, a augmenté de 30 % entre 2008 et 2012. La gonorrhée a fait un bond de 15 % en 2012 seulement, surtout chez les jeunes. La syphilis, pratiquement disparue, revient en force, avec 680 cas en 2012, principalement chez les jeunes hommes de 18 à 24 ans. Et le VIH est en hausse.

Le docteur Réjean Thomas parle de catastrophe.

Enseigner la sexualité en 2015 n’a rien à voir avec les cours d’antan. Les jeunes, alimentés par la porno sur internet et le récit des aventures de leurs pairs, croient tout savoir. Soixante pour cent des jeunes du secondaire sont actifs sexuellement. Près de la moitié ne se protège pas: la pensée magique et l’ignorance règnent.

Programme ontarien

En Ontario, l’enseignement commencera en 1re année du primaire quand on apprendra aux enfants à nommer les choses correctement. En 2e année, on parlera de développement humain. En 3e, les élèves se familiariseront avec les différences entre les personnes, y compris l’orientation sexuelle. En 4e, au tour de la puberté. En 5e, il sera question du système reproducteur. En 6e, des stéréotypes. En 7e, on parlera de consentement, de sexe anal et oral, et d’abstention.

Si certains parents peuvent être surpris, voire choqués, les enfants, eux, ne le seront pas.

Mais quand Sophie Durocher a présenté le programme de la 1re secondaire, j’ai eu un choc: la très contestée théorie des genres (selon moi, une abomination) qui postule qu’on ne vient pas au monde homme ou femme, mais que l’identité sexuelle est une construction sociale, apparaît au curriculum.

Les étudiants apprendront qu’il existe six genres humains sur terre, et non pas deux comme la plupart le pensent: mâle, femelle, transgenre, transsexuel, intersexuel et Deux-esprits (pour autochtones seulement). Et si vous êtes, malgré tout, heureux dans le corps que la nature vous a donné, vous êtes cisgenre.

Bah, ce n’est pas si pire, certains «experts» croient qu’il y a 56 genres humains.

Je comprends les parents ontariens de grimper aux rideaux à ce sujet. Il est scandaleux d’enseigner une idéologie sous le couvert de la science à des esprits malléables à une étape de leur vie dominée par la confusion.

Mais mieux vaut des cours d’éducation sexuelle imparfaits que zéro cours, n’est-ce pas monsieur le ministre Blais?

 

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