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Il n’y aura pas de «choc démographique» au Québec, soutient l'IRIS

Bloc Aînés Vieux vieillard
Photo d'archives, Fotolia

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Contrairement aux scénarios catastrophes souvent évoqués dans les médias depuis plusieurs années, « il n’y aura pas de choc démographique » au Québec, soutient l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (INIS) dans une nouvelle étude. Le vieillissement de la population est plutôt un « phénomène graduel » qui nécessitera certains ajustements dans les dépenses publiques.

Contrairement aux scénarios catastrophes souvent évoqués dans les médias, « il n’y aura pas de choc démographique » au Québec, soutient l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) dans une nouvelle étude. Le vieillissement de la population est plutôt un « phénomène graduel » qui nécessitera certains ajustements dans les dépenses publiques.

Pour l’IRIS, le vieillissement de la population ne fera pas bondir les dépenses de l’État en santé. Francis Fortier et Guillaume Hébert, les auteurs de l’étude, considèrent que la posture alarmiste adoptée par certains intervenants vise à accroître la place du privé et l’abandon par l’état de certaines missions sociales.

« Une approche simpliste prédisant une catastrophe ne favorise pas la prise de décisions raisonnées et pourrait même contribuer au développement d’un sentiment d’animosité envers les personnes âgées », écrivent-ils.

Des prévisions révisées

Si le Québec assiste à une accélération du vieillissement de la population, les chercheurs prévoient un ralentissement dès 2030. Il n’y a donc pas lieu de parler de « tsunami gris ».

En 2014, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a d'ailleurs revu à la hausse ses prévisions démographiques. À cause de l’immigration et d’un taux de fécondité plus élevé, la population québécoise croît plus rapidement que prévu.

Même si le nombre de personnes âgées augmentera, « il y aura plus de personnes dans la population active que ne le prévoyait le scénario de référence de 2003. » La proportion de personnes âgées de plus de 65 ans sera donc moins importante que prévu.

« Ces nouvelles projections relativisent déjà ce que certains présentent comme un choc démographique menaçant le Québec », affirment les chercheurs. L’étude rappelle également que le vieillissement de la population n’est pas un phénomène strictement québécois. Il touche plutôt la majorité des pays occidentaux et il pourrait même s’étendre au pays du Sud. 

Soins de santé

Les chercheurs de l’IRIS contestent les études qui avancent que les coûts de santé doubleront d’ici 2030 à cause notamment des effets liés au vieillissement de la population. « Selon ces projections, les dépenses publiques de santé atteindront alors 13,5% du PIB (comparativement à 8,4% en 2013) en plus d’accaparer 70% du budget du Québec. »

D’après les calculs de l’IRIS, « le vieillissement de la population ne compte pas pour plus de 1,28% dans l’évolution des coûts de la santé. » Plutôt que d’atteindre 60 milliards de dollars comme le prédisent certains observateurs, les chercheurs soutiennent que les dépenses en santé pourraient tourner autour de 45 milliards $ en 2030.

« Ultimement, ces constats sont similaires à ceux qui ont été réalisés maintes fois durant les dernières années, à savoir que le vieillissement de la population à lui seul ne jouera pas un rôle déterminant dans l’évolution des dépenses de santé. Prise isolément, cette variable [...] n’empêcherait pas le maintien des services actuellement offerts », écrivent-ils. 

Les chercheurs prétendent que l’évolution technologique (la multiplication des médicaments, le développement de nouveaux instruments médicaux, etc.) a un effet plus important sur l’évolution des coûts en santé que le vieillissement de la population. Selon eux, les surdiagnostics « génèrent des dépenses inutiles pouvant atteindre au Québec jusqu’à cinq milliards de dollars par an. »

L’IRIS reconnait en outre que des ajustements sont nécessaires pour répondre adéquatement au vieillissement de la population. L’organiste considère toutefois que « le plus grand risque en matière de vieillissement concerne bien davantage l’idéologie néolibérale qui préside à la quasi-totalité des réformes étatiques et des changements dans les politiques publiques ».
 

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