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Chef-d’œuvre de la vague ska

bt london live 5 120812
Photo d'archives

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Réédition bonifiée des trois premiers albums des Specials ou de Special AKA, leur appellation originale. Avec le recul, ce sont trois chefs-d’œuvre de la vague ska de la fin des années 70.

Réédition bonifiée des trois premiers albums des Specials ou de Special AKA, leur appellation originale. Avec le recul, ce sont trois chefs-d’œuvre de la vague ska de la fin des années 70.

Avec le mouvement de décolonisation de l’Empire britannique et l’afflux d’immigrants jamaïcains au début des années 60, Londres s’est vu submerger par les musiques locales (mento et calypso), qui ont lentement et insidieusement influencé et encanaillé les nuits humides et enfumées du Swinging London, et ce, parallèlement à Carnaby Street, les Beatles et le rock qui allaient prendre d’assaut le monde. Quelques touristes, dont le Californien David Lindley (Kaleidoscope, Jackson Browne), allaient s’en imprégner à jamais; une scène avec Desmond Dekker & The Aces et The Skatalites. Les Mods en adoptant le ska et le rocksteady en permirent la reconnaissance, couplée à leur allégeance à Who, Small Faces et Yardbirds. Mais l’histoire en aura décidé autrement.

Secousse tellurique avec l’avènement de la vague punk. Trois CD de 1979 à 1984, un profil très médiatisé et un engagement social et politique aux côtés de Clash ont fait de ce groupe, sous la houlette éclairée de Jerry Dammers, leader, compositeur et claviériste, un groupe phare de la scène musicale britannique.

D’abord, les succès, dont A Message to You Rudy (1979), la chanson qui les définit par rapport à leurs pairs, Madness et The English Beat, puis Concrete Jungle et Too Hot; un second CD suit en 1980, aussi populaire, avec un petit bijou qui rafle tous les honneurs, Enjoy Yourself, et des titres nettement moins orthodoxes, dont Man at C & A (rappelant le thème rétrofuturiste de Man From U.NC.L.E), et des trésors de montage en studio exploitant la veine dub, dont Stereotypes. Puis, en 1984, In the Studio, nettement plus expérimental, avec deux tubes, Racist Friend et Nelson Mandela. Cette dernière allait déterminer la réorientation de la carrière de Dammers. Il travaillera désormais à la libération de Nelson Mandela. Hormis les CD originaux, ce sont les cd bonis qui se révèlent intéressants.

Beaucoup de versions instrumentales, avec des arrangements fabuleux qui fessent comme une tonne de briques ou des mises de côté comme The Boiler, qui raconte l’histoire d’un viol. Le tout accompagné chaque fois d’un livret bien documenté et de photos campant l’Angleterre de Margaret Thatcher. Un des rares groupes de l’époque à avoir réussi à passer le test du temps. Incontournable.

The Specials  ★★★★

 

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Photo Courtoisie
 
In the Studio with The Special AKA, Two Tone Records
 
 

The Staves ★★★★

 

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Photo Courtoisie

If I Was, Warner

Second cd pour ces trois sœurs, Emily, Jessica et Camilia Stavely-Taylor, réalisé par Justin Vernon (Bon Iver). Mélange de rock indie et de folk britannique, des mélodies toutes simples, baignées dans des atmosphères pastorales et minimalistes, doublées d’harmonies vocales d’une justesse et d’une beauté indicibles. Enregistrées au studio de Justin Vernon, des chansons telles que Don’t You Call Me Anymore évoqueront pour plusieurs la Joni Mitchell des années 90, mais l’essence de ces compositions se retrouve dans des chansons comme Blood I Bled ou The Shining. Les critiques britanniques ne sont rien de moins que dithyrambiques. Pour les fans des sœurs Boulay et des Hay Babies.

 

Ben Wilkins ★★★★

 

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Photo Courtoisie

All From HelloMidnight Train Records

Ce nouvel album du montréalais Ben Wilkins, compositeur, arrangeur, pianiste et chanteur, se présente comme la trame sonore d’une rencontre fortuite de deux amoureux, d’une idylle à mettre en scène en débutant à la Croissanterie Le Figaro dans le Mile End. Wilkins est amoureux d’un genre de pop rock descendant en droite ligne de Steely Dan ou de Joe Jackson (Night and Day) et renouvelé par Kate Nash, Katie Melua et Jamie Cullum. Il ne décevra pas les amateurs du genre. L’instrumentation est diversifiée, avec cordes, cuivres, sousaphone, percussions légères et banjo. Remarquable par son classicisme et son érudition certaine. Du travail d’orfèvre.

 

Philip Sayce ★★★★

 

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Photo Courtoisie

Influence, Warner

Ce nouvel album de celui que plusieurs considèrent comme le digne successeur de Stevie Ray Vaughn et de Jeff Healy est un choix qui ne s’est pas révélé difficile à faire. Originaire de Toronto, talent précoce qui s’est nourri d’Hendrix (Out of My Mind), de Clapton et de Stevie Ray, guitariste de tournée pour Jeff Healy et plus récemment pour Melissa Etheridge, il a amorcé une carrière solo depuis 2009. Influence est son quatrième CD. Du blues rock, heavy, bourré de riffs, de solos et d’enjolivures qui font le tour du genre, ainsi qu’une écriture sans faille, mise au service de la guitare. L’esthétique d’Hendrix et de Vaughn est omniprésente. D’une vitalité, d’une compétence et d’une humilité exemplaires, dans un genre qui va disparaître avec ce siècle.

 

En magasin ou en ligne mardi

Alabama Shakes

Sound & Colour

 

Built to Spill

Untethered Man

 

Passion Pit

Kindred

 

Yelawolf

Love Story

 

Tom De Longe

To the Stars

 

Waxahatchee

Ivy Tripp

 

Josh Rouse

The Embers of Time

 

Squarepusher

Damogen Furies

 

Gov’t Mule

Dub Side of the Mule

 

Dion

Live at the Bitter End 1971

 

David Sanborn

Time and the River

 

Dominique A

Vers les lueurs

 

Jeffrey Piton

La transition