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Le pouvoir des minorités

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À la grandeur de la planète, le pouvoir de groupes minoritaires s’impose désormais. Quelques individus reliés entre eux par les moyens technologiques, en particulier par les réseaux sociaux, perturbent, détruisent, sèment la terreur et tuent.

Les pays, les Casques bleus de l’ONU, les troupes de l’OTAN sont incapables d’arrêter avec un minimum d’efficacité les exactions diverses commises souvent au nom d’Allah ou d’idéologies extrémistes de gauche comme de droite.

Illuminés

Il a fallu quelques illuminés de Dieu appuyés par quelques centaines d’individus ailleurs dans le monde pour détruire les deux tours du World Trade Center, symbole de la puissance américaine. Au Nigeria, Boko Haram et ses sbires qui kidnappent, violent et torturent des jeunes filles et martyrisent leurs ennemis chrétiens tiennent toujours tête aux troupes nigérianes en se moquant du pouvoir en place devenu impuissant devant leurs attaques.

En Occident, aucun gouvernement ne peut vraiment empêcher des fous de Dieu de passer aux actes. Ni en France, ni au Canada, ni en Grande-Bretagne, ni en Australie, ni en Scandinavie. Cet état de fait distille dans nos esprits des poisons socialement mortels.

La « loi » des minorités

À une autre échelle, depuis quelques décennies, l’on assiste chez nous à un phénomène politique qui, pour être éclairant, n’en est pas moins inquiétant. C’est celui de la non-reconnaissance de la loi de la majorité. La multiplication des partis entraîne une fragmentation du vote avec comme conséquence dans notre système de favoriser les gouvernements minoritaires. Mais les mentalités se sont transformées au point où nombre de citoyens ne respectent plus la loi de la majorité. Comme si un gouvernement ne serait légitime qu’en ayant l’appui de 50 % plus un des électeurs. Situation irréaliste et impossible à notre époque dans les pays démocratiques.

Cette mise à mal du concept de majorité ouvre la porte à tous les abus. L’UQAM en est la preuve vivante et s’inscrit dans la continuité du printemps érable qui a été le laboratoire de l’action politique de l’avenir. En effet, le souhait de la rue en 2012 était le renversement du gouvernement Charest. Ce qui s’est produit. Mais l’échec du gouvernement Marois après un an et demi de pouvoir minoritaire a permis l’élection majoritaire du gouvernement libéral de Philippe Couillard. Une partie des Québécois demeure toujours en état de choc quant à ces résultats. Dès lors, une minorité de jeunes, dont ceux qui s’opposent au vote majoritaire de leurs confrères contre la grève à l’UQAM, rêve de faire sauter le recteur, le ministre de l’Éducation et, en fin de compte, le gouvernement qui a été élu démocratiquement.

Respect du bien commun

N’oublions pas qu’ils sont encouragés en cela par des professeurs progrève, eux-mêmes minoritaires et qui prêchent la «bonne parole» aux jeunes tout en étant délinquants en regard des injonctions. Mais eux sont protégés financièrement par leur convention collective.

Une société exige de ses dirigeants un sens du bien commun, du respect des lois et une capacité à exercer l’autorité sans laquelle la sécurité même des citoyens est menacée. Les minorités ont le droit de protester dans la rue, mais n’auront jamais le droit d’entraver la liberté de la majorité et les règles des institutions sans en subir les conséquences légales, pénales et sociales.

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