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Applebaum vend la maison du frère de Gérald Tremblay

Marcel Tremblay maison
Photo Le Journal de Montréal, Mélanie Colleu La maison de Marcel Tremblay est située au bout d’un chemin privé à Pointe-Fortune en Montérégie et borde la rivière des Outaouais.

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Une des maisons que vend l’ancien maire déchu Michael Applebaum, soupçonné d’être au cœur d’une gigantesque affaire de pots-de-vin, n’est autre que celle de l’ex-conseiller municipal Marcel Tremblay, lui aussi visé par l’enquête de l’UPAC.

Une des maisons que vend l’ancien maire déchu Michael Applebaum, soupçonné d’être au cœur d’une gigantesque affaire de pots-de-vin, n’est autre que celle de l’ex-conseiller municipal Marcel Tremblay, lui aussi visé par l’enquête de l’UPAC.

Marcel Tremblay, qui est également le frère de l’ex-maire de Montréal Gérald Tremblay, était jusqu’en 2009 conseiller municipal dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, à l’époque où Michael Applebaum dirigeait l’arrondissement.

Les frères Tremblay et M. Applebaum étaient de proches collaborateurs politiques, tous trois étiquetés au désormais défunt et controversé parti Union Montréal.

Marcel Tremblay, ex-conseiller municipal
Marcel Tremblay, ex-conseiller municipal
Michael Applebaum, ex-maire de
Montréal
Michael Applebaum, ex-maire de Montréal

La maison sur le bord de l’eau que possède Marcel Tremblay est aujourd’hui à vendre et c’est Michael Applebaum en personne, qui a récemment repris ses fonctions d’agent immobilier, qui s’occupe de la transaction.

Même enquête

Les deux hommes sont visés par la même enquête de l’UPAC portant sur le versement de dizaines de milliers de dollars en pots-de-vin qui auraient été perçus afin d’influencer des décisions d’obtention de permis ou de dézonage pour plusieurs projets immobiliers dans CDN-NDG.

Marcel Tremblay n’a pas été arrêté ni accusé, même si les enquêteurs se sont intéressés à lui. En revanche, Michael Applebaum fait face à 14 chefs d’accusation, dont complot, fraude envers le gouvernement, abus de confiance et acte de corruption dans les affaires municipales.

399 000 $ sur le bord de l’eau

 

Marcel Tremblay maison
Photo Le Journal de Montréal, Mélanie Colleu

La maison de Marcel Tremblay est enregistrée au nom de sa femme, Brunhilde Ramaut. Elle se situe à Pointe-Fortune en Montérégie, à environ une heure de Montréal, au bout d’un chemin privé qui s’enfonce dans les bois. Elle borde la rivière des Outaouais.

«Cette propriété très privée est un joyau caché avec 334 pieds sur le bord de l’eau», indique l’annonce immobilière.

Affichée à 399 000 $, elle comporte trois chambres, une salle de bain et une grande pièce de vie lumineuse.

Contacté par Le Journal, M. Applebaum a refusé d’expliquer les raisons pour lesquelles il était responsable de la vente de la demeure de Marcel Tremblay. «Je n’ai rien à discuter avec vous. M. Tremblay a décidé de vendre sa maison, c’est son droit. Ce n’est même pas à lui, c’est celle de sa femme. Je l’ai prise sur mon listing, j’ai ma licence, je n’ai pas besoin de me justifier», a-t-il répondu calmement.

Il n’a pas non plus voulu commenter la nature de sa relation avec M. Tremblay. «Laissez-moi faire mon travail, j’ai besoin de gagner ma vie», a-t-il ajouté avant de raccrocher. Le Journal n’est pas parvenu à parler avec la femme de Marcel Tremblay, jointe plus tôt dans la journée.

Michael Applebaum doit subir son enquête préliminaire en juin.

– Avec la collaboration de Jean-Louis Fortin du Journal et Jean-François Cloutier et Sarah Sanchez du Bureau d’enquête


La saga Applebaum

1994: Michael Applebaum fait ses premiers pas en tant que conseiller municipal de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG).

2002: Il devient maire de l’arrondissement de CND-NDG.

2011: Il est nommé président du comité exécutif de la Ville de Montréal par le maire Gérald Tremblay.

2012: Il devient maire de Montréal par intérim après la démission de Gérald Tremblay, dont l’administration est éclaboussée de toute part devant la commission Charbonneau. Michael Applebaum promet alors de rétablir la confiance du public et de s’attaquer à la corruption. «Je vais effacer cette tache sur notre ville», déclare-t-il.

Février 2013: Le maire par intérim est interrogé par l’UPAC, mais assure ne pas faire l’objet d’une enquête.

Juin 2013: Une vingtaine de policiers procèdent à l’arrestation de Michael Applebaum à son domicile. Le conseiller municipal Saul Zajdel et l'ex-fonctionnaire Jean-Yves Bisson se font également passer les menottes. Quatorze chefs d’accusation pèsent contre M. Applebaum. L’UPAC le soupçonne d’être lié à un important système de corruption entre 2002 et 2012. Au lendemain de son arrestation, il démissionne de la mairie de Montréal et clame son innocence.

Octobre 2013: Notre Bureau d’enquête révèle que les policiers s’intéressent à une dizaine de projets immobiliers dans le cadre de leur enquête concernant Michael Applebaum. «Michael Applebaum [...] aurait été impliqué dans un stratagème de corruption lors du processus d'autorisation de permis et de changement de zonage avec différents promoteurs, en échange de sommes d'argent», peut-on lire dans les documents de l’UPAC.

 

 

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