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Comment rater votre «grève»

Comportez-vous comme des brutes, intimidez, harcelez...

Cegep
Photo TVA Nouvelles

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Vous êtes étudiant et vous voulez organiser une «grève» qui ne va nulle part et ne mène à rien?

Suivez ces conseils simples et directs.

Après quelques jours, vous verrez, votre mouvement ira droit dans le mur et vous perdrez toute crédibilité auprès de la population.

Cette méthode révolutionnaire, élaborée et testée par les pires leaders étudiants au monde, a fait ses preuves dans plusieurs établissements d’enseignement.

Les résultats sont garantis ou argent remis.

1) METTEZ-VOUS LES MÉDIAS À DOS

Au lieu d’utiliser les médias pour faire passer votre message, comme l’ont brillamment fait les trois Kids Kodak du printemps 2012 (allant jusqu’à mettre Radio-Canada et Le Devoir dans leurs poches), refusez de parler aux journalistes.

Mieux: agressez-les et brisez leur matériel.

Vous verrez, la population se retournera contre vous en moins de deux.

Oh, je sais: ce n’est pas facile de s’attirer la haine et le mépris des journalistes quand on est un militant progrève... La plupart ont étudié à l’UQAM en sciences molles et 99,9% d’entre eux sont de gauche.

Lorsqu’ils couvrent des conflits de travail, les journalistes ont toujours tendance à favoriser les syndiqués au profit des patrons.

C’est un vieux réflexe...

Mais si vous les considérez comme des ennemis (au lieu de flatter bassement leur image de «défenseurs de la veuve et de l’orphe­lin», qu’ils alimentent avec soin), les journalistes seront piqués au vif et se comporteront comme des amants trahis.

«Quoi? Vous refusez notre amitié? Vous nous combattez, nous, qui sommes pourtant toujours du côté des faibles, des sans voix, des déshérités? Incroyable! Inacceptable! Impardonnable!

«Vous allez nous le payer!»

2) RADICALISEZ-VOUS

Au lieu d’essayer de convaincre la population d’épouser votre cause, foutez-vous de Monsieur et Madame Tout-le-monde.

Ne faites même pas un effort pour les mettre de votre côté.

De toute façon, les contribuables sont des ploucs qui ne pensent qu’à leur confort petit-bourgeois, alors... À quoi ça sert de leur parler? Ils sont contaminés par l’idéologie que vous voulez combattre!

Alors tournez-leur le dos et radica­lisez-vous!

Masquez-vous, comportez-vous comme des brutes, intimidez, harcelez...

Brisez l’équipement que vos parents financent par leurs impôts, vandalisez les écoles que les contribuables subventionnent à la sueur de leur front...

Agissez comme de vulgaires voyous et crachez dans la face des gens qui se démènent corps et âme pour VOUS donner une éducation qu’ils n’ont même pas eu la chance d’avoir...

C’est la meilleure façon pour vous retrouver isolés, sans aucun appui.

Même les grandes centrales syndicales (qui, habituellement, vous courtisent à genoux) vont vous fuir!

3) FOUTEZ-VOUS DE LA DÉMOCRATIE

Finalement, ne respectez aucune règle élémentaire de démocratie.

Refusez la tenue de votes secrets, tenez des assemblées générales de 12 heures et organisez des votes à répétition jusqu’à ce que vous arriviez au résultat espéré.

Faites comme les islamistes: utilisez la démocratie pour lutter contre la démocratie et la liberté d’expression pour faire taire tous ceux qui ne pensent pas comme vous!

Luttez contre le sous-financement des universités en brisant leur matériel et en leur causant des milliers de dollars de dégâts.

Échec assuré!

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